Un prêtre belge témoigne: j’étais traditionaliste

Présentation

Par l’Abbé Pierre N., prêtre belge

Prêtre diocésain depuis presque quinze ans, curé de plusieurs paroisses, j’ai toujours été intéressé par les questions liturgiques.  Très tôt, j’ai découvert ce que l’on appelle de façon abusive “la Tradition” et la “Messe traditionnelle”.  J’ai fréquenté les “fraternités sacerdotales” Saint-Pierre et Saint-Pie X…  A l’heure de l’entrée au séminaire, j’ai décidé de devenir prêtre diocésain.  Après une formation complète et dispensée par des professeurs consciencieux, j’ai été ordonné au début des années 2000.

J’ai appris à célébrer la “forme extraordinaire” du rite romain.  Nommé vicaire de sept paroisses, j’ai évidemment célébré tous les jours la Messe de Paul VI.  Néanmoins, je profitais de diverses occasions pour célébrer la “messe tridentine”.  Mon cœur tendait vers cette liturgie que je souhaitais faire connaître à mon entourage.  Avec le recul, je me rends compte que mes motivations étaient négatives. Je comparais sans cesse “l’ancien” et “le nouveau” rite en approfondissant le premier et en nourrissant une multitude de préjugés sur le second.

Des pains pitas à la place des hosties

Un prêtre célébrant la messe avec des chips

Un prêtre célébrant la messe avec des chips

Les nombreux exemples d’abus liturgiques me poussaient dans ce sens. Dans ce domaine, j’ai plus ou moins tout vu et tout entendu : pains “pitta” à la place des hosties, absences d’ornements, diktats grotesques d’équipes liturgiques, célébrations plus proche du carnaval que du renouvellement du Sacrifice de la Croix… Le tout au nom de la créativité pastorale.  En fait, je regardais la Messe de Paul VI uniquement sous l’angle des abus.  Je dois avouer que je l’ai rarement vu célébrée correctement et jamais dans sa forme normative.   Avec le recul, je me dis que si tel avait été le cas, je n’aurais sans doute pas eu autant de préjugés.

La découverte du monde “tradi”.

Désirant la célébration de la messe dite “traditionnelle”, j’ai fréquenté différentes fraternités : Saint-Pie X et Saint-Pierre. J’y connais beaucoup de fidèles et de prêtres.  Je ne juge donc pas les sentiments de foi et de piété qui les animent.  J’ai connu de saints prêtres et d’autres beaucoup moins…  Comme partout.  J’ai beaucoup lu, j’ai beaucoup questionné.  J’ai rencontré, hélas, beaucoup d’orgueil.  Que de prêtres et de fidèles de ces groupuscules ont la certitude d’être les dépositaires de la bonne manière de faire au milieu d’une Eglise “gangrénée” par le “modernisme” et le « progressisme”.

Le problème c’est plutôt la perte de la foi

Une messe de la Fraternité Saint-Pie-X, séparée de Rome

Une messe de la Fraternité Saint-Pie-X, séparée de Rome

Dans ce milieu aussi, j’ai plus ou moins tout vu et tout entendu, jusqu’à l’écœurement.  Sans juger des bonnes intentions de nombreux fidèles, mais en regardant attentivement la situation, je ne peux m’empêcher de constater que ces groupes constituent une Eglise dans l’Eglise.  Au fond – et cette appréciation n’engage évidement que moi – le discours de base de ces deux fraternités ne varient que très peu, à quelques détails près…  Ce qui se dit à voix haute d’un côté est murmuré à l’oreille de l’autre avec cette même assurance que seule ce qu’ils considèrent comme “la Tradition” est la solution à la crise que traverse l’Eglise.

En y réfléchissant bien, je me dis que si on avait une solution universelle et immédiate, on l’aurait déjà appliquée   Le problème de la perte de la foi est malheureusement plus profond qu’une simple question de rites.

Un prêtre lui a dit que la nouvelle messe était de la viande avariée

Je crois que le danger est d’éclater l’Eglise en une multitude de “chapelles” qui deviennent de véritables “ghetto”, seuls bastions de la “vraie foi” et de la “Tradition”.  Les dérives sont nombreuses et effrayantes. Je pourrais citer de nombreux exemples dont j’ai moi-même été le témoin direct. Je me souviens de cette demoiselle, fidèle de la fraternité Saint-Pierre.  Obligée de travailler occasionnellement le dimanche, et ne pouvant assister à la “vraie messe” le matin, elle faisait le soir plus de cent kilomètres pour assister sans scrupule à une messe basse célébrée dans une église de la fraternité Saint-Pie X, de peur de perdre la foi en allant près de chez elle à une “messe…  protestante”.  Quand on connaît le statut canonique de ces prêtres de la fraternité Saint-Pie X, on se demande où est le protestantisme…

Les abus liturgiques ont contribué à crisper les fidèles

Les abus liturgiques ont contribué à crisper les fidèles

Je me souviens d’une autre personne qui communiait de ma main quand je célébrais la messe dans la forme extraordinaire et qui refusait cette même communion quand je célébrais dans la forme ordinaire…   Je me souviens d’un jeune dérouté parce qu’un prêtre lui avait dit : “La nouvelle messe est de la viande avariée ou de l’eau croupie. On peut y assister si on n’a rien d’autre, mais si l’eau vive de la Tradition coule à proximité, il n’y a pas d’hésitation possible à avoir afin d’éviter à long terme l’empoisonnement. »  Si on suit logiquement ce raisonnement, c’est toute l’Eglise qui a sombré dans l’apostasie.

Ouvrir les yeux, c’est risque de perdre la foi et quitter un système sécurisant

Face à ces aberrations, le dialogue est quasiment impossible.  On est directement accusé d’être un menteur (“On n’a jamais dit ça ”, “Vous exagérez… ”) ou un moderniste.  J’ai personnellement attiré l’attention d’une connaissance sur le danger de l’intégrisme et de la radicalisation dans ces “saintes chapelles” : elle est partie…  refusant le dialogue et m’assurant que ce n’était pas vrai.  Comme si rectifier, aborder certains sujets, ouvrir les yeux, c’est risquer de perdre la foi, c’est quitter un système sécurisant et un certain milieu social.

Quand on regarde les chiffres des tradis, on est loin du miracle

Certaines motivations des traditionalistes sont plus politiques que religieuses

Certaines motivations des traditionalistes sont plus politiques que religieuses

La propagande interne de ces groupes assure que c’est au sein de la “Tradition” que se trouve la relève et qu’on y voit beaucoup de familles.  Mais si l’on regarde froidement les chiffres (à l’échelle mondiale et même nationale), on se rend vite compte qu’on est loin du miracle.  Lors de mes nombreux apostolats auprès des enfants et des jeunes gens, j’ai souvent constaté que ceux qui priaient le moins bien venaient précisément “du milieu” et que le vernis, si brillant soit-il, se craquelait assez vite chez ceux qui quittaient leur “milieu”.

De plus, j’ai pu constater que certains fidèles qui optaient pour ce “milieu” ne le faisaient pas uniquement pour une question liturgique, mais également pour “épouser” certaines idéologies qui s’éloignent fortement de la dimension religieuse.  Greffer des idéologies sur la foi est une véritable tragédie car cela compromet fortement la fidélité à l’enseignement du Christ et un apostolat auprès d’un public large et varié.  Ces idéologies sont généralement politiques et frôlent bien souvent l’extrémisme.

Redécouverte de la Tradition de l’Eglise.

Au fil de mes rencontres et de mes lectures, je découvre peu à peu une autre réalité.  J’entends un autre son de cloche…  J’aborde la question de la “Tradition” avec des confrères diocésains, j’accepte de lire autre chose.

Il n’y a pas de rupture entre l’ancienne et la nouvelle messe

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Messe d’ordination à Evron… célébrée selon le missel actuel de Vatican II

Un paroissien, qui est devenu un ami, me fait découvrir le site internet “Pro Liturgia” et me donne quelques bonnes lectures, entre autres les écrits de Benoît XVI et de Denis Crouan. C’est tout d’abord l’étonnement, puis l’émerveillement. Je redécouvre certains textes du dernier Concile et la véritable Tradition de l’Eglise.  Je m’aperçois que cette appellation a été indûment employée par des fraternités pour justifier une certaine pastorale et attirer les fidèles lassés par les abus liturgiques. Cette réflexion a pris du temps…  Peu à peu, je tire quelques conclusions de cet approfondissement.

Contrairement à ce que ces groupuscules traditionnalistes font croire, il n’y a pas de rupture entre le passé et le présent, entre le missel de 1962 et celui de 1969.  Les textes officiels (Concile, Présentation générale du Missel romain, les textes de S. Jean-Paul II et de Benoît XVI…) insistent précisément sur la continuité de la Tradition de l’Eglise.

La Messe restaurée.

La Messe restaurée par l’Eglise à la demande du dernier Concile et du Bx Paul VI n’est pas synonyme de pauvreté liturgique, très loin de là. Pour ceux qui le souhaitent, la célébration normative est aussi possible en latin et orientée. Tout prêtre peut célébrer de la sorte  Les derniers propos du Cardinal Sarah, Préfet pour le Culte divin, l’attestent à nouveau.

Tout prêtre peut célébrer en latin et vers l’Orient dans le nouveau rite

A l’analyse, on se rend vite compte que la structure entre les deux missels est évidemment identique et que si certaines prières ont été supprimées lors de la réforme conciliaire, c’est pour éviter les “doublets” et les accumulations parfois tardives de l’histoire. Il n’y a pas une “Messe de toujours” mais une “Eucharistie de toujours” célébrée par un rite qui a inévitablement changé au fil du temps. Le souhait du dernier Concile était de rendre à ce rite F le rite romain F sa beauté primitive, en mettant davantage en lumière les deux grandes parties de la Messe : la liturgie de la Parole et la
liturgie Eucharistique.

Si la messe était célébrée correctement, on ne ferait pas des kilomètres pour aller chez les tradis

Je pense que le mouvement traditionnel s’est développé en réaction aux abus liturgiques. Il est clair qu’il est plus facile de trouver une “messe tridentine” que d’assister à une messe célébrée dans la forme ordinaire en latin sur un autel orienté.  Bien plus, je suis persuadé que si cette dernière solution avait été proposée dès la réforme du Missel, il n’y aurait pas eu cet éclatement liturgique que nous connaissons aujourd’hui.

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Les abus liturgiques sont souvent justifiés par la « pastorale » ou pour que « les jeunes comprennent ».

Lors de mes nombreuses conversations avec des fidèles fréquentant des chapelles ou églises “traditionnelles”, j’ai souvent entendu la même réflexion : “Si la Messe était célébrée correctement dans notre paroisse, on ne ferait pas des kilomètres pour aller à tel endroit…”  Dans beaucoup de cas, le déplacement n’est pas motivé par le désir de la “messe tridentine” mais tout simplement par l’attrait d’une célébration où l’on retrouve un certain sens du sacré, malheureusement souvent confondu avec un décorum pompeux, désuet et généralement de mauvais goût.  Je me suis souvent
demandé si la plupart des fidèles seraient d’ailleurs capables de faire la différence entre la “messe tridentine” et une “messe de Paul VI” célébrée dans de bonnes conditions.  La majorité trouverait sans doute une telle célébration selon le Missel actuel très… “traditionnelle”.

Le Lectionnaire

A l’usage, il faut reconnaître que le Lectionnaire de 1962 est étriqué.  En ce qui concerne les messes quotidiennes, c’est quasiment tous les jours les mêmes lectures.  A croire que l’Ecriture Sainte se limite à la “Femme vaillante” du livre de la Sagesse (messe des Saintes Femmes non martyres) ou au “Sel de la terre” de l’Evangile (messe des Confesseurs).  Bien sûr, il est possible d’utiliser les messes votives et les messes pour certaines circonstances…  Mais on ne fait dès lors plus mention du saint du jour.  A l’usage, je comprends pourquoi l’Eglise a élaboré un Lectionnaire plus complet pour la célébration de la messe. Il me semble bon que le fidèle soit confronté à la Parole de Dieu (même les extraits déroutants ) pour ne pas sombrer dans une multitude de dévotions qui éloignent son cœur du sens même de la célébration.

Le danger d’idéaliser un passé qui n’a jamais existé

Les anciennes messes ressemblaient rarement à ça...

Les anciennes messes ressemblaient rarement à ça…

Quand on étudie l’histoire de la liturgie, on constate que la célébration présentée par certains comme “traditionnelle” n’est devenue la norme universelle qu’au courant du XIXe siècle.  Dans ses nombreux écrits, Denis Crouan, Docteur en théologie, démontre qu’il ne faut pas confondre la grande Tradition de l’Eglise avec des habitudes et un décor hérité du siècle passé.  Il semble acquis que la célébration a varié au cours des âges, étant sauves les parties essentielles de la Messe qui en constituent le fondement.  On ne peut pas mettre sur le même plan les prières au bas de l’autel et les prières de la Consécration…

La solution n’est pas de mettre la messe en conserve

Je pense que la forme “extraordinaire” de la Messe que l’on voit aujourd’hui est “exemplaire” (et n’a dès lors pas existée historiquement) dans le sens où elle n’est choisie que par les prêtres qui la célèbrent et les fidèles qui y assistent.  Dès lors, cette forme est conservée dans un bocal hermétique, ce qui est contraire à la vie même de l’Eglise au cours des siècles.

Affirmer que cette Messe est un rempart contre les abus liturgiques, c’est méconnaître l’histoire qui est remplie d’anecdotes savoureuses sur la façon dont certains prêtres la célébraient autrefois.

Vouloir utiliser une recette ancienne pour affronter les problèmes d’aujourd’hui, est-ce souhaitable et judicieux ? Bien sûr, l’Eglise doit puiser dans sa Tradition pour vivre le présent, mais elle n’a jamais absolutisé une situation ou une époque. Son génie a toujours été de s’adapter à chaque situation pour porter l’Evangile au plus grand nombre. La solution n’est donc pas dans la reproduction d’un passé aujourd’hui désuet : elle est dans une saine acceptation de la Tradition vivante de l’Eglise, comme l’a développé le dernier Concile.

Un chemin exigeant

Avec le temps, je pense que la vie de l’Eglise n’est ni dans le progressisme, ni dans le traditionalisme. L’attitude vraiment fidèle n’est-elle pas de vivre aujourd’hui dans l’Eglise en puisant dans la richesse de sa Tradition pour regarder l’avenir avec confiance ?  Dans ce sens, le passé n’est ni à rejeter, ni à absolutiser.  Qu’on le veuille ou non, les situations ne sont plus les mêmes qu’il y a cinquante ans   Le nier et faire “comme si”, c’est faire preuve d’un aveuglement spirituel. On ne peut pas faire comme s’il n’y avait pas eu de Concile, comme s’il n’y avait pas eu de réforme liturgique.

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Il faut soutenir les jeunes prêtres qui célèbrent correctement la messe

 

On ne peut pas figer la vie de l’Eglise dans les usages d’une époque aujourd’hui révolue.  Je connais des prêtres, religieux ou diocésains qui empruntent ce chemin : ils sont fiers de la Tradition de l’Eglise ; ils portent à l’occasion la soutane (qui n’est pas réservée aux prêtres des fraternités) et célèbrent la liturgie selon les véritables règles établies par l’Eglise.  Je pense que les fidèles soucieux de Tradition doivent soutenir ces initiatives afin d’éviter que celle-ci ne soit confisquée par certains groupes qui en travestissent le sens.  C’est un chemin exigeant car il ne satisfait ni les “progressistes” qui y voient une forme de “retour en arrière”, ni les “traditionnalistes” qui y voient du modernisme.  C’est pourtant, selon moi, la seule attitude vraiment ecclésiale.

La voie facile, c’est de tolérer
quelques chapelles tradis dans un diocèse et d’autoriser le bricolage liturgique partout ailleurs

La voie facile consiste à tolérer quelques “chapelles tradis” dans un diocèse… et de laisser plus ou moins tout faire ailleurs. “Chacun fait ce qu’il lui plaît”, comme le dit la chanson… Mais est-ce souhaitable et catholique à long terme ? Il me semble que l’avenir passe par une saine réappropriation de la Tradition par tout prêtre. Celle-ci n’est pas l’apanage ou “la marque de fabrique” de tel ou tel groupe mais elle est le trésor de toute l’Eglise.

En guise de conclusion, il me semble important que chaque prêtre catholique célèbre la Messe selon les règles actuelles du Missel romain, c’est-à-dire dans la forme ordinaire, en utilisant toutes les possibilités du rite restauré et en refusant le “bricolage liturgique”. C’est, à mon humble avis, la seule solution contre la radicalisation de certains fidèles. Fort heureusement, la réalité et la vitalité de l’Eglise dépassent largement les groupuscules traditionnalistes, même s’ils font beaucoup de bruits en France et même en Belgique par l’importation de prêtres… français.

Il importe donc de considérer l’Eglise dans sa dimension universelle qui, pour être crédible face à nos contemporains, doit affronter les problèmes de ce temps avec audace et fidélité à l’enseignement du Christ.

Chaque prêtre a le devoir d’œuvrer pour l’unité de l’Eglise.  Dans la crise de la foi et de l’autorité que nous vivons, le plus beau témoignage que le prêtre doit donner, c’est de vouloir ce que veut l’Eglise aujourd’hui, dans l’obéissance et la fidélité.

“Respecter la liturgie lorsqu’elle évolue dans le seul but de traduire la foi et la vie intime de l’Eglise, c’est manifester publiquement tant l’amour que nous portons au Christ que notre docilité à l’enseignement de son Eglise.  C’est aussi favoriser, cultiver et approfondir la vertu d’obéissance par laquelle on a toujours su reconnaître les véritables disciples du Christ.”  (Denis Crouan, Tradition et liturgie, Ed. Téqui., 2005)

Abbé Pierre N. , prêtre belge

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40 thoughts on “Un prêtre belge témoigne: j’étais traditionaliste

  1. Nous verrons dans 20 ans ou les choses en seront…
    En ce qui me concerne, vive le Darwinisme Ecclésial!
    Dieu fera le tri entre les églises qui méritent de crever en claquant du bec et celles qui se sont mérité de survivre et même de prospérer.

    Seuls les bons arbres portent des fruits. Les mauvais arbres ne méritent que la hache.
    À bon entendeur…

  2. Cher père

    Mille merci pour votre belle réflexion. Nous vous rejoignons à 100 % !! La Foi n’a absolument rien à voir avec tel ou tel rite, telle ou telle pratique ! D’ailleurs, au Ciel, ceux qui y parviendront, auront la Foi la plus Vive, la plus brûlante et pourtant… sans aucun rite, sas aucun rituel ! Ce n’est pas cela la Foi, la Foi est un Amour d’Amour que Dieu, gratuitement, met dans nos cœurs et nos âmes. La Foi Vive, n’est pas quantifiable, ni mesurable et ne peut donc être cantonnée à telle ou telle pratique. Il nous est arrivé de faire de grandes distances, pour se ressourcer dans de belles liturgies… mais cela n’a jamais été dans des liturgies se prétendant tradies. A chacun de voir au fond de son coeur comment la première messe, à la Sainte Cène a été pratiquée…. Des Judas, il y en a toujours eu, il y en aura toujours; nous sommes entourés de Judas. Et alors ? Qu’a cela à voir avec la Foi ????
    Ici, à Lourdes, nous avons un prêtre en soutane, fidèle à la messe de Paul VI… il attire du monde … Et beaucoup de personnes (surtout visible en semaine) qui participent ont une belle Foi ! (parmi d’autres plutôt dérangés du bocal). Nous en connaissons d’autres, aussi splendides, aussi fructifiants spirituellement.
    Nous sommes de tout Cœur avec vous cher père Pierre N.
    La messe avant Vatican II, je l’ai pratiquée avec mes parents… et il n’y a absolument aucune différence au niveau de la Foi. C’est une certitude. La perte de la Foi vient à 10.000 % des agissements de l’Ennemi acharné de Dieu de Satan en personne et non des hommes et de leurs us et coutumes. Ce serait prétentieux de croire le contraire !
    Le combat est contre Satan et non contre tel ou tel homme !
    Que Notre Dame de Lourdes en ce beau jour du 11 février vous garde en tout.

    Christian

  3. « Le problème de la perte de la foi est malheureusement plus profond qu’une simple question de rites. »

    L’auteur croit-il sérieusement pouvoir s’en sortir par une telle affirmation lapidaire ou fait-il juste mine d’y croire?

    « Avec le temps, je pense que la vie de l’Eglise n’est ni dans le progressisme, ni dans le traditionalisme. »

    Ben voyons: il est dans le fameux triangle des Bermudes sans doute.

    Quarante années de règne de progressisme ont produit une Eglise moribonde. La vie de l’Eglise dites-vous?

    • Le progressisme est un excès qui a largement montré ses limites, le traditionalisme en est certainement un autre. Pourquoi ne serait-il pas possible d’être fidèle au Christ, à son Eglise et à sa liturgie tout en regardant vers l’avenir et non vers le passé?

  4. Bonsoir,

    Je pourrais intituler ce billet : pourquoi ne suis-je pas inquiet?

    Mais alors, vraiment pas!

    D’abord, et surtout, nous ne jugeons pas des personnes. Nous jugeons les actes des personnes. Et c’est ce que nous invite à vivre le catéchisme dans notre vie quotidienne. Seul Dieu connaît les secrets de nos coeurs et peut porter un jugement vrai!

    Pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Le diable n’attend que ça…

    Le mal est un principe actif d’autodestruction permanent. Et c’est l’enfer. Le diable règne sur des sujets qui s’autodétruisent à longueur de temps et d’années et de siècles.

    Voyez ce qui se passe dans la secte luthérienne de Suède! Il n’y a plus que 3 % de pratiquants réguliers. Et dans 50 ans ? Une secte en moins sur la planète terre…

    Patience…

    Vous savez la différence entre le diable et le Bon Dieu? C’est que le diable est pressé, toujours pressé, car il sait son temps compté, arrêté de toute éternité, alors que le Bon Dieu, Lui, le Roi de nos coeurs et de nos intelligences et de nos âmes, le Bon Dieu, Lui, a tout son temps, l’éternité…

    Patience…

    Et je vous invite à aller à une messe dominicale traditionaliste ou traditionnelle et vous verrez avec émerveillement des églises pleines de personnes de toutes les générations. Et de nombreuses jeunes familles avec leurs enfants. Vous entendrez le silence et le recueillement de la prière. Vous entendrez la ferveur des chants de communion. Et vous verrez peut-être Notre Seigneur Jésus venir avec son corps, son âme et sa divinité sur l’autel de nos coeurs et entre les mains du prêtre. Vous ressentirez peut-être, au moment de la consécration, le poids de la Croix peser sur vos épaules.

    Je prie Notre Seigneur Jésus qu’Il vous accorde ces grâces.

    Et vous savez ce qu’est le contraire de l’autodestruction ? C’est la transmission paisible et joyeuse de la foi catholique à ses enfants et à ses petits-enfants. C’est une vie de foi catholique vivante et heureuse et paisible dans nos familles catholiques. C’est aussi simple la vie dans l’Esprit Saint. Et ces familles traditionnelles ou traditionalistes transmettent tellement bien la foi catholique à leurs enfants que ceux-ci iront pour les uns remplir les séminaires et/ou les communautés religieuses qui ont aidés leurs parents à leur transmettre la foi catholique, et pour les autres remplir leur petite famille de nombreux enfants à qui ils transmettront à leur tour et avec amour et vérité la foi catholique reçue des Apôtres.

    Et c’est pourquoi aujourd’hui les séminaires traditionels et traditionalistes, les communautés religieuses traditionalistes et traditionnelles se remplissent jour après jour de personnes dynamiques et missionnaires.

    Alléluia.

    Nous vous bénissons Seigneur Jésus pour ces familles heureuses et unies qui transmettent la foi catholique à leurs enfants et à leurs petits enfants!

    Nous vous bénissons Seigneur Jésus pour ces jeunes couples qui ont le courage et la confiance de mettre au monde de nombreux enfants et de les éduquer dans l’amour et la vérité de Votre Parole transmise par Votre sainte Mère Eglise!

    Nous vous bénissons, Sainte Marie et Saint Joseph, pour l’exemple lumineux de Votre Sainte Famille de Nazareth et de toujours!

    Deo Gratias

  5. Le parcours personnel de ce prêtre est touchant, et il faut toujours respecter les personnes, mais sur le plan du fond je citerai simplement une phrase: « Lorsqu’on me dit : « Ne touchez pas au concile, parlez des réformes post-conciliaires », je réponds que ceux qui ont fait les réformes – ce n’est pas moi qui ai fait ces réformes – disent eux-mêmes : « Nous les faisons au nom du concile, nous avons fait la réforme du catéchisme au nom du concile. » Ce sont eux les autorités de l’Église. Ce sont eux par conséquent qui interprètent légitimement le concile ».
    (Mots prononcés il y a 40 ans quasi jour pour jour: Mgr Lefebvre, sermon de la Lille, 29 août 1976)

  6. Bonjour à vous tous.
    Voici l’écho de Belgique, ou la situation de l’église catholique est grave si pas désespérée, sans que nos prélats en prennent conscience.
    On a remplacé les prêtres belges par des africains francophones qui continuent à desservir presque toutes les paroisses. Une solution de rechange, mais la barrières des cultures reste.
    Les églises se vident d’année en année à la vitesse VV’. Ils ne reste quasi plus que des personnes de plus de 60 ans, et chaque année suite au décès, le nombre de paroissiens pratiquants diminue.
    Si l’on extrapole dans 10 ou 20 ans la plupart des églises seront désacralisées, c’est un fait qu’on ne peut nier, même si la hiérarchie cléricale ne veut rien entendre.

    Presque tous les jeunes, ne veulent plus rien savoir de l’église, cela ne les concerne plus, ne les intéresse plus. Vous me répondrez que les JMJ sont un succès, oui mais relativisons par la statistique,
    Globalement ce n’est qu’une infime minorité des jeunes qui dans nos pays s’intéresse à la religion, à l’église.
    Et pendant ce temps le peu de pratiquants qui restent, se disputent en discutant du sexe des anges,comme je peut le constater dans votre forum.
    Comment faut il dire la messe, discussion sans fin ou tout l’éventail des possibilités est passé en revue.
    Discussion stérile qui ne mène à rien ….
    Et pendant ce temps dans notre pays, l’islam est en plein renouveau, la pratique des 5 piliers se fait de plus en plus au vu et au su de tout le monde.

    Les temps change à un vitesse folle…..Alors est que notre société en évolution extrêmement rapide doit s’adapter à l’église, ou est ce l’église qui doit s’adapter …
    La vrai question est « Pourquoi l’église reste assise sur des trésors immenses qu’on ne soupçonne même pas, et de l’autre coté nos pasteurs nous disent « Si vous voulez être mon disciple débarrassez vous de tous vos biens », elle donne en exemple la pauvre vieille qui au temple de Jérusalem donne deux piécettes prise sur son nécessaire, aux prêtres corrompus qui vivent dans la richesse.
    Ces discours ne sont plus crédibles puisque les donneurs de leçons ne l’appliquent pas à eux-mêmes.
    Pendant ce temps, l’islam vient en aide à toutes les misères du monde.
    Réfléchissez parce que dans 20 ans, la situation sera dramatique pour l’église.
    Vive VATICAN III

    • Comment vous dire ce qui ne peut être entendu, comme vous montrer ce qui ne peut-être vu?
      « Vous aurez des oreilles et vous n’entendrez pas, vous aurez des yeux mais vous ne verrez pas. »
      Saint Augustin dans ses confessions pose la question « Je ne sais si l’on doit nommer cette existence vie mortelle ou mort vivante. »
      Nous mourrons a La Conscience Une lorsque nous naissons sur cette planète et ainsi nous devenons mort-vivants a « Dieu » et en ce corps charnel devenons être mortel.
      Lorsque l’église aura compris cela elle ne cherchera plus la foi de ses paroissiens mais bien de les accompagner vers l’Experience de « Dieu ».
      Croire n’est qu’un cheminement vers cette expérience qui délivre du doute et donc de la foi nécessaire qui lui était nécessaire.
      Les religions ne sont pas le but mais le chemin et tout comme la piste de l’aéroport n’est pas le but du voyage mais bien le moyen de s’envoler vers sa destination.
      Une Petite Philocalie de la prière du cœur est un petit recueil qui concentre les témoignages de bien des anciens a ce sujet et il est alors clair que si la prière est une demande faite a Dieu, il est tout aussi important de faire silence en soi pour entendre la réponse.
      Que l’église remette au cœur de son enseignement la méditation qui a pour objet ce silence et bien des jeunes y trouverons alors une extraordinaire expérience.

  7. Bonsoir

    Je viens de découvrir votre article sur le site Tradinews. C’est une preuve d’ouverture d’esprit, me semble-t-il. J’ai lu ensuite les commentaires. Je termine aujourd’hui une neuvaine de discernement à Saint-Benoît. En effet, je dois choisir le monastère bénédictin où je peux devenir oblat séculier pour la gloire de Dieu et le salut du monde. J’ai d’abord rencontré Notre-Dame de Fongombaut. Ce fut l’émerveillement simple. J’ai aussi reçu lors de mon séjour dans cette abbaye la grâce d’être confirmé dans cet appel à être oblat séculier. Il se trouve qu’il y a à 30 minutes de mon domicile le monastère bénédictin Notre-Dame de Bellaigue, qui est une communauté liée à la FSSPX. Et j’ai été attiré par ce monastère, où je participe à la messe du dimanche et à quelques offices en semaine. Aujourd’hui, je termine cette neuvaine à Saint-Benoît et je lis un peu par hasard votre article : la décision que j’ai prise hier de poursuivre mon chemin avec Notre-Dame de Fontgombault se trouve ainsi confirmée providentiellement par cet article. En effet, je dois être prudent avec certaines dérives possibles dans ces milieux traditionalistes. Deo Gracias… Je poursuis ma petite histoire. J’ai découvert il y a deux ans la vie paroissiale à travers une petite ville de 30000 habitants où je vis et travaille actuellement. Et je dois dire que j’en ai entendu des hérésies au sujet des dogmes de notre foi sur les lèvres et dans la bouche de certains prêtres et de certains laïcs. Il se trouve que certaines de ces hérésies que j’ai entendues ces deux dernières années ont été relevées par les 45 théologiens qui ont mis en garde notre pape François contre les erreurs réelles et dommageables de l’encyclique Amoris Laetitia. Alors je m’interroge… Il me semble que la porte étroite dont parle Notre Seigneur dans le saint Evangile se situe quelque part entre le piège de ces hérésies entendues dans ma paroisse et relevées par ces théologiens et le piège des dérives sectaires que vous soulignez dans votre article. Autrement dit : le malin est malin. Mais notre Seigneur Jésus l’a vaincu une fois pour toutes et Il vient une fois encore de le mettre KO debout. Déo gratias… Pour les mises en garde fraternelles de ces 45 théologiens et votre article… Il lui reste plus aujourd’hui et demain qu’à achever de réduire à rien l’Eglise luthérienne de Suède qui n’est déjà plus grand chose, c’est-à-dire à appeler ces hommes et ces femmes à la repentance et à la conversion des moeurs avant qu’il ne soit trop tard, tout en réduisant au maximum leur pouvoir de nuisance, c’est-à-dire leur dangerosité pour les âmes,

    et nous chanterons ses miséricordes pour les siècles de siècles…

    Amen…

  8. Revenons sur le terme de « traditionaliste » : Un Catholique tire son enseignement de deux sources : les Saintes Ecritures et la Tradition. S’il se prive de la Tradition, traitant les autres de « traditionalistes » comme s’il s’agissait d’une insulte, il se prive d’une bonne partie des enseignement de l’Eglise et risque ainsi de dériver vers le protestantisme (exemple : le dogme de l’Immaculée Conception est tiré de la Tradition de l’Eglise et non de la Bible mais il y aurait des centaines d’autres exemples). On peut donc dire sans se tromper que tout Catholique est traditionaliste, les autres sont des protestants déguisés en Catholiques.
    Ensuite, je vois beaucoup de malhonnêteté dans vos propos concernant les fidèles et les prêtres « traditionalistes » lorsque vous dites que vous en connaissez beaucoup….Aucun d’entre eux ne vous aurait parlé des hérésies professées dans la « messe » Paul VI? Ils ne vous auraient parlé que d’apparence? J’ai beaucoup de peine à y croire car, voyez-vous, le Catéchisme qui nous est enseigné est bien plus poussé et bien plus complet que celui des écoles sous contrat enseigné par des prêtres qui de toute évidence ont perdu la Foi. Si réellement vous connaissiez des prêtres de la FSSPX et de la FSSP, ils vous auraient parlé du fond et pas seulement de la forme. Malheureusement, n’étant attachés qu’à la forme, les modernistes ne comprennent pas que les hérésies professées durant les « messes » modernistes nous ennuient légèrement.
    Il y aurait bien d’autres choses à dire sur cet article mais je pense vous avoir déjà donné à réfléchir un peu.

    • Ce que vous dite est juste mais il y a certains points communs entre les protestants et certains traditionalistes: les uns prétendent que la Tradition s’est arrêtée au deuxième siècle et les autres qu’elle s’est arrêtée au XIXè siècle.

      Ces attitudes présentent chacune le risque de pétrifier la tradition à un moment de son histoire et de la dévitaliser en la sortant de ce qu’elle est: le lien humain et vivant entre le Christ et l’humanité d’aujourd’hui. L’histoire de l’Eglise et de la liturgie n’a cessé d’évoluer. Ceux qui croient que la forme extraordinaire n’a pas changé depuis le concile de Trente et est immunisée contre tous les excès feraient bien d’étudier l’histoire des messes du XVIIè et du XVIIIè siècle qui tenaient plus du concert ou de l’opéra que du sacrement, et à cette époque le grégorien n’était plus chanté ou était complètement déformé.

      La forme extraordinaire actuelle et la restauration du chant grégorien doivent beaucoup aux travaux du P. Guéranger de Solesmes qui souhaitait restaurer la liturgie romaine et la rendre plus accessible… et le mouvement liturgique qu’il a lancé s’est poursuivi jusque Vatican II.

  9. En attendant, que font les personnes sincères qui ne se sentent pas prendre part à une liturgie aussi digne qu’elles seraient en droit de la vivre ? Eh bien elles se recueillent, en attendant le miracle d’une célébration vraie, elles se tendent vers Dieu au cœur du lieu et du temps présents.

    Est-ce trop que de demander une disposition à la prière malgré tout ? Malgré le manque de concentration autour de nous, quand l’orgue fait couac, que la sœur chante très mal, que le prêtre semble en goguette dans sa propre maison ? Parce que je suis aussi parfois surprise de voir sur les bancs des dimanches des personnes qui semblent bien « orthodoxes » céder à un misérable plaisir humain, n’hésitant pas à persifler ou à se moquer de ce qui ne va pas durant la messe, alors même qu’elles devraient se consacrer à la prière quoi qu’il arrive ! La messe est-elle un spectacle ?! Que font de leur intériorité les personnes qui ne savent que se cabrer ?

    J’espère que l’appel de l’Abbé Pierre N. sonne aussi comme un appel vers le peuple de la messe, pour que ce peuple n’attende pas que la dignité pleine et entière vienne de l’extérieur mais qu’elle émerge d’abord de lui-même. l’Esprit réside aussi dans cette humilité.

    Quel que soit l’état présent de la liturgie, recueillons-nous, cela ne peut passer inaperçu ; et n’oublions pas qu’un comportement bas et revendicatif, ou relâché et désinvolte fait souvent tâche d’huile, et l’inverse fera son œuvre également, avec toutes les personnes de bonne volonté.

  10. J’assiste régulièrement à des messes catholiques, et en général je les trouve de qualité. En revanche, lorsque je vais à la messe orthodoxe (messe traditionnelle se rapprochant du rite Tridentin), je rentre dans une autre dimension, où je fais l’expérience du mystère et de la présence du Christ. En terme de vécu, ça n’a rien à voir en ce qui me concerne. Je ne suis jamais allé à la messe Tradi catholique, donc je ne me prononce pas dessus mais ça a l’air bien.

  11. Cher Père,

    Lorsque vous écrivez : « Pour ceux qui le souhaitent, la célébration normative est aussi possible en latin et orientée. Tout prêtre peut célébrer de la sorte », on a envie de vous demander : « Sur quelle planète habitez-vous ? » En France, en dehors de quelques monastères bénédictins, c’est exactement IM-POS-SI-BLE. Je répète : il n’y a pas une seule paroisse, même à Paris, dont le curé l’oserait lui-même, ou le permettrait pour un autre prêtre. Il faut aller à Londres pour trouver une ou deux paroisses où la messe est célébrée en latin, versus orientem.

    Peut-on, d’autre part, vous inviter à poursuivre vos lectures des ouvrages du Cardinal Ratzinger ? Ce dernier parle bien de rupture lorsqu’il décrit la façon dont ont procédé les réformateurs post-conciliaires, des liturgistes en chambre qui ont montré beaucoup d’impiété. Si les choses étaient aussi simples que vous le décrivez, le Cardinal Ratzinger n’aurait pas parlé de la nécessité de procéder à une « réforme de la réforme ». Si les choses étaient aussi simples que vous le décrivez, le Cardinal Ratzinger n’aurait pas encouragé comme il l’a fait les communautés où l’on célèbre selon la forme extraordinaire (pensez à ses visites aux deux monastères du Barroux, à celui de Fontgombault). Une fois pape, le Cardinal a estimé que le moment n’en était pas encore venu, de cette « réforme de la réforme », et a dû « se contenter » du fameux motu proprio du 7/7/2007, pour qu’au moins les deux rites coexistent pacifiquement.

    Vous pointez du doigt certaines insuffisances du missel de saint Pie V (le lectionnaire). On pourrait en ajouter d’autres (les préfaces, le sanctoral). Mais pour être juste, ne devriez-vous pas aussi – avec le Cardinal Ratzinger – pointer celles du missel de Paul VI (prières de l’offertoire, place laissée à l’improvisation, déficit de silence et de recueillement, etc.) ?

    JRK

    • Chère Justine, permettez-moi de vous dire que je vous trouve un peu excessive dans ce propos. Il se trouve que notre évêque, pas « tradi » pour deux sous, vient de mettre en place « ad experimentem » une deuxième messe du dimanche matin sous la forme extraordinaire dans le diocèse, ce pour répondre à la demande de certains paroissiens, et nous sommes un petit diocèse de province… Je trouve vraiment bien que cela soit possible, même si ce n’est pas personnellement la forme qui me convient le mieux.
      Pour ce qui est de la messe Paul VI, je ne sais où vous habitez, mais en bretagne, même si je peux constater quelques dérives parfois, globalement non seulement les célébrants et animateurs essaient de se garder d’improviser, mais ils sont soucieux de garder des offices « priants » et de permettre le recueillement. Pour ce qui est des animateurs liturgiques, préparer une messe, une prière universelle et des chants en lien avec les textes du jour me semble une richesse avant tout. Lorsque je suis de l’équipe d’animation, les préparations de messe priantes nous portent et nous permettent de faire vivre à l’assemblée cette prière.

      • Cher JC, Comment pouvez-vous qualifier mes propos d’ « excessifs » alors que vous vous empressez de les confirmer ? La messe « en latin et versus orientem » à laquelle vous vous référez N’EST PAS la messe de Paul VI, mais la messe de saint Pie V. Et les messes de Paul VI que vous mentionnez, pour être « recueillies » ne sont célébrées NI EN LATIN, NI VERSUS ORIENTEM.

        Il faut donc le redire : il est incompréhensible que le Père N. ait pu écrire : « Pour ceux qui le souhaitent, la célébration NORMATIVE (= messe de Paul VI, forme ordinaire) est aussi possible en latin et orientée. Tout prêtre peut célébrer de la sorte ».

        Non, dans la pratique – sauf à célébrer tout seul, bien sûr -, AUCUN prêtre, vicaire, curé (évêque !) ne le peut.

  12. Merci pour toutes ces réflexions…
    La Liturgie a toujours été un point extrêmement sensible car elle est avant tout expression de notre foi et…enracinée dans les cultures locales!!!
    Le latin n’est pas une fin en soi (Dieu parle toutes les langues, n’en déplaise à ceux qui prétendent que le Ciel parle latin et chante en grégorien!!!!)
    Avec la messe tridentine, il y a une vision d’une Eglise monarchique, pyramidale. Le Concile Vatican II a apporté la notion d’Eglise « Peuple de Dieu » et rapporté tous les ministères au service de ce Peuple et issu de lui.
    Le fond du problème est plus que liturgique, il est ecclesiologique et par analogie, politique (monarchique et par défaut extrême-droite)
    La liturgie est l’arbre qui cache la forêt, on a raison de s’inquiéter d’une « cinquième colonne » : les tradis masqués en diocésains dans l’Eglise « officielle »: soutanes, flonflons 19ème siècle, parement désuets tels les phylacteres des pharisiens dénoncés par Jésus, des évêque en capa magna tels des princes évêques….
    SSP et FFSP ne sont plus un problème, ils sont identifiés, on connaît ce qu’ils pensent, ils connaissent ce que nous pensons, le dialogue est impossible, c’est regrettable mais c’est ainsi avec ceux et celles qui prétendent détenir la Vérité!
    Je ne suis pas progressiste, simplement chrétien (avec la grâce du Seigneur), et engagé dans un ministère oecuménique avec L’Eglise luthérienne de la Confession d’Augsbourg ainsi qu’avec L’Eglise anglicane… Leur liturgie nous transporte au Ciel… Et que dire des monastères qui ont réformé de fond en comble de très heureuse façon qui porte aujourd’hui des générations de chrétiens et chercheurs de Dieu….
    Amen, Alléluia « 

    • Je ne sais pas si les traditionnalistes constituent réellement le principal danger qui menace notre Eglise aujourd’hui, leur influence est assez insignifiante et quant à les qualifier de cinquième colonne, l’honnêteté intellectuelle ne peut certainement pas leur imputer la désertion des paroisses, des séminaires et des couvents de ces cinquante dernières années. Ce qui est nettement moins évident pour ceux qui appartenaient aux idéologies dominantes de ces dernières années qui sont plutôt d’inspiration protestante, humaniste voire marxiste (il suffit de lire Küng pour s’en rendre compte).

      Quant à l’inculturation, elle n’implique absolument pas de jouer du tam-tam en Afrique ou de l’accordéon en Belgique pendant la messe mais bien de transmettre le message du Christ, qui est universel et intangible, dans chaque culture et le latin était l’une des nombreuses façons d’exprimer ce caractère universel qui transcendait toutes les cultures et de manifester le sacré. La liturgie appartient donc avant tout à l’Eglise universelle et donc au Christ, sa tête, qui en est le seul grand-prêtre et non pas à chaque chrétien, elle est un don que nous avons reçu plutôt qu’un objet que nous pourrions nous approprier. Pour les catholiques, elle est la source et le sommet de la vie chrétienne et devrait être un sacrement d’unité et non une occasion d’exprimer un folklore local.

      La hiérarchie, contrairement à ce que prétendent en effet certains modernistes, n’a absolument pas été abolie avec Vatican II, il suffit de voir combien de fois ce mot apparaît dans Lumen Gentium et si effectivement chaque ministère doit se concevoir comme un service donné à tout le peuple de Dieu, il n’empêche que certains soient mis à part pour agir en la personne du Christ et qu’entre le sacerdoce commun des laïcs et celui des prêtres il existe non seulement une différence de degré mais également de nature. La croyance qui voudrait que le Christ soit surtout présent dans la messe à travers le rassemblement des fidèles appartient en effet au monde protestant. Pour les catholiques, le Christ est réellement présent dans l’hostie et le prêtre agit in persona Christi, ce n’est pas l’assemblée qui concélèbre.

      Quant à Jésus, la plupart des historiens considèrent qu’il faisait partie du mouvement des pharisiens (avec les vêtements à frange et autres), c’est sans doute pour cela qu’il les connaissait si bien et qu’il les critiquait autant. Par ailleurs, il leur reprochait surtout d’avoir détourné la loi de Moïse à leur profit. En réalité, l’enseignement du Christ était souvent plus exigeant que celui des pharisiens et des sadducéens, notamment en matière de morale de vie (cf. passages sur le divorce, adultère, respect du caractère sacré du temple, jeûne, etc.). Le Christ n’a jamais voulu abolir ni renier la tradition de son temps, bien au contraire, il y était particulièrement attaché.

      Concernant Luther, le schisme qu’il a provoqué (pour les raisons que vous trouverez dans l’article précédent sur ce site) n’est certainement pas un exemple à suivre mais une tragédie et une souffrance pour toute l’Eglise et nous devons prier pour que notre Pape et ceux qui lui succèderont puisse un jour panser cette blessure encore béante.

      • Bonjour ,
        profondément en accord avec l’article de l’Abbé Pierre N.
        Il m’a toujours semblé que le respect des normes liturgiques, de la beauté , simplicité , grandeur, mais aussi sans négliger l’affectivité et la Joie s’apprenaient doucement patiemment et que nous devons nous corriger fraternellement quand visiblement les bornes sont franchies dans le n’importe quoi.
        Aussi je verrai comme un grand progrès si on pouvait se référer à un site internet sur la liturgie où des exemples de messe de Paul VI certifiées parfaitement conformes à leur idéal liturgique seraient disponibles en enregistrements vidéo, afin aue les fidèles puissent discerner où est vraiment cet idéal , car je dois vous avouer ne pas avoir trouvé un tel site . Ce n’est pas pour absolutiser tel ou tel exemple de messe , mais simplement de se rendre compte comment se rapprocher de ce qui était voulu par le concile pour améliorer ou faire prendre conscience des améliorations nécéssaires en paroisse . Il semblerait que comme le « made in france  » le « made in rome  » ne soit pas politiquement correct. On craint peut être la contagion de la vérité par rapport à la liberté donnée de suivre soit la forme extraordinaire faussement absolutisée soit tolérer les innovations consternantes et désacralisées des autres . mais si la norme était visible quelque part
        et si on pouvait s’y référer , ça serait un soulagement …
        merci

        • Excellente idée. Mais où peut-on trouver la messe de Paul VI en latin et « dos au peuple », comme on dit? Une illustration de l’esprit de contradiction qui règne dans le haut clergé est que Benoît XVI a trouvé plus facile de autoriser à nouveau (si j’ose dire) la messe de Saint Pie V plutôt que de pousser les prêtres à célébrer le nouvel ordo de façon convenable. Je mets en fait que si, au lieu (ou à côté) des messes traditionalistes (SSPX, Saint-Pierre, Christ-Roi et autres Ecclesia Dei, ou dans des diocèses convenables) on avait la possibilité d’assister à des messes du Novus Ordo en latin, comme l’avait voulu Paul VI, ces messes seraient très fréquentées, et les fidèles, offensés d’être traités comme des imbéciles par les prêtres déformés par des années de manipulation mentale dans les séminaire, qui ont perdu tout sens du respect dû à Dieu et qui, en fait, dans leurs messes clownesques, font écran entre les assistants et Dieu (un écran tellement efficace que la plupart des fidèles se sont sauvés!) retrouveraient beaucoup plus vite qu’on ne le croit le chemin de l’église. Mais quand nos évêques sortiront-ils de cette crise d’adolescence qu’on appelle l’esprit du concile »? Franchement, la chose qui choque le plus dans notre clergé, et particulièrement dans le haut clergé, plus encore que leur aplatissement devant les idées mondaines, c’est la bêtise .

  13. Bonjour,
    Je pense que nombre de vos lecteurs seraient ravis si vous pouviez indiquer où assister à des “messes de Paul VI” célébrées dans de bonnes conditions.
    Pour ma part, je n’ai pas connaissance de leur existence à Paris. Je n’ai pu trouver de messes brillantes qu’au sein de la FSSPX, à Saint-Germain l’Auxerrois, ou encore dans des églises orthodoxes ou de tradition orientale.
    Merci d’avance.

    • Votre question est symptomatique du problème: les chrétiens en sont réduits à chercher des endroits où ils peuvent assister à une messe catholique célébrée fidèlement pour y rencontrer le Christ et non pas les inventions du comité liturgique local. Personnellement je trouve beaucoup de volonté chez les jeunes prêtres et, en Belgique, auprès de communautés comme l’Emmanuel qui ont une spiritualité tournée vers l’adoration eucharistique mais la situation est très différente d’un endroit à l’autre. Si vous avez des listes de paroisses à recommander où l’on peut assister à une messe en français de qualité, n’hésitez pas à en faire la publicité ici, Il ne serait pas juste de laisser aux seules fraternités traditionalistes le monopole du sacré et des belles liturgies.

      • Bonjour.

        Qu’est ce qu’un « comité liturgique local » ?

        J’ai lu votre article avec attention. Je ne suis pas d’accord sur tout (je suis fidèle des FSSPX et FSSP). Je comprends ce que vous dites même si j’ai peur qu’on soit dans le monde des bisounours. La messe à été codifiée pour éviter les abus et le aménagements perso. Aujourd’hui,si je veux assister à une messe digne, je vais à la messe tradi car je sais que PARTOUT elle sera dite de la même manière, contrairement à la messe Paul VI ou je n’ai que très peu de chance de ne pas être déçu tant les aménagements sont nombreux et toujours visant à désacraliser la messe (sauf à Paris ou ça se tient).

        • C’est bien ce que déplore l’auteur: les fidèles devraient pouvoir assister partout à une messe sans abus ni déformation quelle que soit la forme utilisée. Il n’y a aucune raison pour laquelle la messe de Paul VI ne pourrait pas être célébrée dignement. Il n’y a aucune raison pour laquelle des laïcs sans aucune formation liturgique puissent faire n’importe quoi au nom de la pastorale. Il n’y a aucune raison de tolérer n’importe quel bricolage sacrilège au nom de la créativité pastorale et de « l’amour universel qui nous unit tous ». Autrement dit, ce n’est pas tant une question de rite mais bien de sécularisation et de perte du sens sacrificiel (littéralement: « le fait de rendre sacré ») de la messe au nom d’idéologies parfois très éloignées de la foi catholique. De nombreuses personnes, quelles que soient leurs sensibilité, seraient très étonnées de lire véritablement Sacrosantum Concilium, la constitution sur la liturgie du Concile Vatican II que de nombreux tradis considèrent comme une rupture avec la tradition et d’y trouver par exemple:

          22. « Le droit de régler l’organisation de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église ; il appartient au Siège apostolique et, selon les règles du droit, à l’évêque (…) C’est pourquoi absolument personne d’autre, même prêtre, ne peut, de son propre chef, ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit dans la liturgie.  »

          28. « Dans les célébrations liturgiques, chacun, ministre ou fidèle, en s’acquittant de sa fonction, fera seulement et totalement ce qui lui revient en vertu de la nature de la chose et des normes liturgiques. »

          34. « Les rites manifesteront une noble simplicité, seront d’une brièveté remarquable et éviteront les répétitions inutiles ; ils seront adaptés à la capacité de compréhension des fidèles et, en général, il n’y aura pas besoin de nombreuses explications pour les comprendre.  »

          36. « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservé dans les rites latins  »

          116. « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine ; c’est donc lui qui, dans les actions liturgiques, toutes choses égales d’ailleurs, doit occuper la première place »

  14. Savkar, l’Espérance, en avez-vous déjà entendu parler ? C’est avec elle que les chrétiens sont tendus vers l’avenir, ne vous en déplaise, et elle est bien plus que l’espoir en un futur meilleur… Bonne voie à vous.
    Et mille merci à l’Abbé Pierre N. pour ses mots, sa réflexion.

  15. on ne peut nier « la crise de foi » et les églises qui se vident et pourtant, j’ai l’impression que les chrétiens d’aujourd’hui vivent une foi profonde et réelle et qu’ils ne sont pas là parce qu’il le faut, (ce n’est pas si vieux les carnets de présence des enfants à la messe du dimanche!) mais bien parce qu’ils veulent vivre la messe dans tout ce qu’elle a de nourrissante. Ainsi je suis portée à croire que c’est grâce en partie aux fidèles certes moins nombreux mais qui vivent l’Evangile au quotidien et en vérité que la Bonne Nouvelle du Dieu Amour et du Christ vivant se propagera… quand on est parent on appelle ça l’éducation par l’exemple et bien montrons l’exemple non pas parce que l’on va à la messe une heure chaque dimanche mais bien parce nous nous préoccupons chaque jour de la création et de notre prochain. Et oui la liturgie quelque fois est un peu bousculée mais quelle joie par exemple de vivre une eucharistie dans un champ au milieu de scouts et guides, dans le froid et le vent mais ou perce un magnifique rayon de soleil à chaque fois que s’élève un Alléluia…

    • Vous dites vrai, on entend en effet souvent que les chrétiens seraient certes moins nombreux aujourd’hui mais bien plus fervents. Autrement dit, la qualité des chrétiens serait inversement proportionnelle à leur nombre. Non seulement il faut bien avouer que la réalité paroissiale nous donne tort mais c’est en outre un jugement très dur sur les générations qui nous ont précédées et qui ont souvent gardé la foi dans des conditions de persécution bien plus difficiles que les nôtres tout en connaissant plus de saints et de saintes que nous.

      Quant à la liturgie, on l’accusait autrefois d’être un spectacle auquel il fallait assister sans rien comprendre et aujourd’hui bien des paroisses sont retournées dans les mêmes travers par des abus inverses: on explique tout mais on comprend de moins en moins… la partitiatio actuosa voulue par le Concile a souvent été comprise comme la nécessité d’ajouter des gesticulations extérieures plutôt que comme celle d’entrer véritablement dans le mystère de la célébration. Comme dit le Cardinal Sarah, peut-être serait-il temps de mettre réellement en route l’aggiornamento voulu par le Jean XXIII et le Concile Vatican II.

      Comme vous le soulignez justement, on est chrétien avant tout en famille. D’après mon expérience, les enfants qui suivent le catéchisme comme un cours à option sans rien en vivre chez eux ne pourront que très difficilement construire une foi profonde. Je connais d’ailleurs plusieurs enfants qui, au jour de leur Confirmation (le sacrement qui signe leur sortie définitive de l’Eglise) ne connaissent ni le Credo ni le « Je vous salue Marie » et ne balbutient qu’avec peine un « Notre père ». On nous dira que ce n’est pas ça l’important mais le jour où ils auront besoin de l’aide de Dieu dans la solitude et la souffrance, quels mots leur aura-t-on donné pour qu’ils puissent trouver aide et secours auprès du Seigneur? Heureusement il existe également des exemples plus réjouissants et des jeunes qui ont une vie de foi extraordinaire mais bien souvent ils ont la chance d’avoir des parents qui les soutiennent.

      Quant aux messes en plein air, si elles sont parfois très belles, il n’empêche que certaines finissent néanmoins par entretenir une certaine confusion et à ressembler à du bricolage new âge où on peut parfois se demander si on ne célèbre pas avant tout la beauté de la nature, de ses fruits et de ses enfants rassemblés dans une ambiance un peu sentimentale plutôt que la mort et la résurrection de Jésus.

      • J’apprécie beaucoup votre commentaire. On se disperse parfois dans les gestes et on oublie le sens du moment. L’intime et le sacré sont souvent oubliés. Au même titre que la pudeur disparait dans les publications des réseaux sociaux. Le silence s’oublie, l’écoute se fait de plus en plus rare… au profit de gesticulations qui donnent l’impression de participer!

      • Je ne juge en aucun cas la foi des anciens ni celle de mes contemporains je pense qu’il y a autant de réalité que de paroisse. Dans les régions rurales il y a parfois un seul prêtre pour de trop nombreux clochers, et les laïcs n’ont pas toujours les formations nécessaire à la liturgie, je passe sous silence ceux qui oublient que quand on est actif dans l’Eglise c’est avant tout pour le Christ et pas pour « remplir la salle » comme le ferait un chanteur! une fois de plus je parle de ce que je vis dans ma paroisse et ne généralise pas…

        il en est de même avec les enfants au caté, on leur propose sans cesse des activités parce que le monde va ainsi et qu’ils ont l’habitude de « zapper » rapidement, il y a bien un coin prière dans les salles mais certains n’ont jamais mis les pieds dans l’église avant la première messe des familles. Pourtant ils aiment les temps de silence devant la croix, j’entends une ferveur différente du ‘Je vous salue Marie’ quand ils sont face à notre Mère, je les vois qui peu à peu investissent l’église comme un refuge ou ils sont chez eux en sécurité, le Saint Sacrement qui apaise les plus turbulents!

        Enfin, il y a le charisme de chaque prêtre (une fois de plus je constate sans juger) certains auront beau être dans la plus belle église, nous aurons l’impression qu’ils sont pressés de finir parce qu’il y a une autre messe à célébrer ensuite et d’autres nous laisserons le temps du silence, de chaque geste, d’entendre et de savourer chaque mot… et d’entrer dans l’intime et le sacré de la mort et de la résurrection
        du Seigneur

  16. Bonsoir
    Comme vous le savez l’église catholique n’est plus la première religion au monde.
    Pretre en civile sans meme une petite croix???
    Un catéchisme qui ne satisfait pas les enfants car trop superficiel???
    Une catéchèse adulte invisible???
    Plus d’encens lors des messes ???
    Une église trop peu missionnaire??
    bref, à proportion il y a beaucoup plus de vocations chez les tradi!!!!!

  17. Cher frère, je consonne avec ton texte ! cela rejoint en bonne partie mon expérience.
    Un bémol toutefois : car je sais d’où je viens, et ta critique (en partie vraie, mais acerbe) du monde tradi me touche : je ne serais jamais ou j’en suis sans les FSSP et consorts, même si comme toi, j’ai fait le choix diocésain.
    Et c’est bien parce que je connais la forme extra que je peux célébrer le forme ordinaire : mon Ars Celebrandi n’est pas une invention livresque, mais elle est tirée de la pratique léguée et reçue à travers la forme extra.
    Voilà mon petit bémol, je te remercie encore de ton texte.
    in Xsto

  18. Dans le monde, il y a des guerres, des famines, des millions de personnes sans logement, sans eau potable, sans soins de santé,… et certains se préoccupent uniquement de la manière de dire la messe !!!! Quel luxe !!!!

    • La messe est la source et le sommet de la vie chrétienne. S’il fallait attendre la fin de la misère dans le monde pour parler de Dieu, autant abandonner tout de suite.

  19. Un peu pathétique de regarder vers le passé. Penser à reculons ne sert à rien. Il faut vivre les 2 pieds dans son époque et regarder vers l’avenir !

    • L’Eglise n’a pas été inventée à la Révolution Française et le Christ n’est pas né en 1968. Regarder vers l’avenir n’implique pas d’oublier qui nous sommes.

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