Amoris Laetitia: le cardinal Müller répond aux dubia

C’est à lui aussi que les quatre cardinaux avaient adressé leur cinq dubia sur l’interprétation d’Amoris Laetitia en lui demandant de « faire la clarté ». Ni lui, cardinal Gerhard L. Müller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, ni encore moins le pape n’avaient jusqu’à présent répondu à leurs questions. Mais à présent, le cardinal Müller fait toute la clarté, et comment ! Dans un entretien-fleuve publié aujourd’hui dans la revue « Il Timone », il en profite pour critiquer au passage ces évêques qui, par leurs « sophismes » interprétatifs, plutôt que de guider leurs fidèles préfèrent « courir le risque qu’un aveugle conduise un autre aveugle ».

La véritable histoire des moines en Occident

Tout le monde prétend que les moines auraient sauvé les livres classiques par amour de la culture. En réalité il n’avaient absolument aucun intérêt ni pour la culture ni pour les classiques de l’antiquité. C’étaient des gens qui c’étaient retirés derrière leurs murs pour attendre la fin du monde qu’ils croyaient imminente. S’ils ont bel et bien créé les scriptoriums dans lesquels les copistes ont effectivement réalisé un travail inestimable, c’était pour des raisons plutôt pratiques que culturelles. Un entretien-fleuve sans tabou avec le célèbre écrivain catholique Vittorio Messori sur ce que fut réellement le monachisme occidental au-delà des idées reçues.

Un prêtre belge témoigne: j’étais traditionaliste

Je suis curé de plusieurs paroisses belges depuis 15 ans. En paroisse, j’ai plus ou moins tout vu et tout entendu : pains “pitta” à la place des hosties, absences d’ornements, diktats grotesques d’équipes liturgiques, célébrations plus proche du carnaval que du renouvellement du Sacrifice de la Croix… Le tout au nom de la créativité pastorale. Très tôt, j’ai découvert ce que l’on appelle de façon abusive “la Tradition” et la “Messe traditionnelle ». J’ai fréquenté les “fraternités sacerdotales” Saint-Pierre et Saint-Pie X et j’ai rencontré, hélas, beaucoup d’orgueil. Avec le recul, je me rends compte que mes motivations étaient négatives.

Luther, un Machiavel de la foi

Si l’effet évident de la révolution de Luther sur le mariage lui a servi de prétexte pour jeter le froc aux orties ainsi que pour permettre aux princes de répudier leurs épouses légitimes et de vivre en polygamie, c’est surtout sur le plan de la doctrine que tout allait progressivement changer. Il faut toujours tenir compte d’un élément important: Luther considérait en permanence la noblesse germanique comme étant son interlocuteur privilégié parce qu’il en avait besoin pour triompher dans son combat contre Rome. Et la noblesse germanique, comme celle des autres pays, s’opposait à Rome non seulement sur des questions de politique et de pouvoir mais également sur la doctrine du mariage.

Ordonner des femmes diacres n’est pas la solution

Les femmes jouissaient autrefois d’une influence considérable dans l’Eglise catholique. La commission créée par le Pape ne pourra pas faire revivre cette époque. Ordonner des femmes diacres risque au contraire de nous ramener en arrière. L’Eglise ayant définitivement exclu l’accès des femmes la prêtrise, le risque est grand que ces dernières ne soient confinées dans des rôles subalternes et que la messe catholique ne se transforme en une pièce de théâtre dans laquelle tous les seconds rôles seraient joués par des femmes.

Rahner, le prophète de l’Eglise ouverte

Dans l’Eglise du futur, soutenait Rahner en 1972, une communauté de base devra pouvoir choisir en son sein un chef capable de la guider et la présenter à l’Evêque pour qu’il soit validement ordonné, même s’il est marié ou si c’est une femme. Cette Eglise devra être ouverte à toutes les doctrines pour se rapprocher de l’Eglise de l’Evangile dans laquelle on pouvait dire à peu près tout et où l’on pouvait publiquement exprimer ce qu’on voulait. Les décisions seront prises par la base de façon décentralisée, les divorcés-remariés pourront accéder aux sacrements, la messe du dimanche ne sera plus obligatoire et l’ordre, l’orthodoxie et la clarté devront être abandonnés.

Ne pas avoir peur, voilà notre foi!

Quelle est donc notre foi ? Croire à l’existence de Dieu ? Bien sûr, nous savons que Dieu existe mais Satan lui-même le sait et il y croit : ça ne change pas grand-chose pour lui, il reste ce qu’il est. Non, la foi c’est ces paroles de Jésus « n’ayez pas peur ». C’est cela la foi, ne pas avoir peur. La foi c’est la défaite de la peur, tout spécialement dans l’adversité parce que le Seigneur est avoir toi, sur la même barque et si lui est avec toi, qui peut se dresser contre toi ? Il ne lui a suffi que d’un seul geste ce jour-là pour calmer les flots déchaînés.

L’avenir de l’Eglise sera noir et métissé

C’est aujourd’hui certain: l’Occident européen est spirituellement mort, il a abandonné son âme aux ténèbres et nous vivons aujourd’hui comme des asticots dans sa carcasse en décomposition, respirant ses émanations délétères. Stop. Ici le diable n’est plus nécessaire: nous sommes désormais autosuffisants… et plus très dignes d’intérêt pour lui. En effet le démon n’aime pas les proies faciles et s’en désintéresse vite. Histoire terminée. Même notre passé a disparu, il ne nous reste plus rien.

Qu’elle est belle, la messe du matin !

Qu’elle est douce et belle, qu’elle est accueillante la maison du Père au matin, un peu comme celle d’un ami. Je suis un hôte inattendu parmi les quelques habitués de la liturgie du matin et j’ai bien senti la surprise de Jésus-lui-même qui n’a pas manqué de me surprendre à son tour : « je t’ai attendu chaque matin ». Comme il me semble doux et familier ce grand Crucifix à côté de moi, presque vivant comme, s’il allait d’un moment à l’autre se tourner vers moi pour me rendre mon regard.

Agonie

Je repense à toi, homme des douleurs, toi qui avais déjà parcouru 30 longues années d’un interminable chemin de croix, quittant cette vie peu à peu. Tu étais allongé dans la pénombre de ta chambre, les toxines hépatiques s’étaient réveillées de leur long sommeil : elles te gonflaient, te jaunissent et te tuaient. Et tout à coup, tu as demandé « mais est-ce que par hasard je ne serais pas en train de mourir ? ». Une question qui pouvait blesser à mort les personnes qui t’aimaient parce que ça tue de devoir mentir par amour. Mais ce n’était plus nécessaire.

L’argent est important mais l’Eglise n’en a pas besoin

Je n’arrive pas à comprendre cette obsession cléricale pour l’argent : l’église allemande est la deuxième plus grande entreprise du pays, elle est d’une efficacité bureaucratique redoutable et pourtant c’est l’Eglise la plus pauvre du monde en ce qui concerne la foi… C’est la raison pour laquelle je ne vois pas l’intérêt de payer le denier du culte. Je pourrais me convaincre de payer pour ne pas que mes sous aillent à l’Etat mais me dire « je suis catholique donc je donne à l’Eglise », non. Parce que ça ne sert à rien, à tout le moins tant qu’il y a la foi. L’argent n’est nécessaire que lorsque l’on a perdu la foi. J’ai vu des grands saints sanctifier des populations entières alors qu’eux-mêmes vivaient dans la misère.

La multiplication des euros à la messe

Aujourd’hui je suis allé à la messe avec cinq euros en poche. Le restaurant japonais de la veille m’avait rappelé une tradition de mon enfance et des années 1980 en Italie lorsqu’il était d’usage de recevoir ses invités avec une petite goutte, bien avant que les moralistes et autres bien-pensants hygiénistes ne s’en mêlent. C’était l’âge d’or de la légendaire liqueur Strega et je m’étais mis en tête d’en acheter une bouteille au supermarché du coin. Sauf qu’en découvrant qu’elle était affichée au prix exorbitant de 11,90 €, je me suis dit que j’allais plutôt acheter quelque chose pour dîner et j’en ai profité pour prendre un paquet de dix cigarettes au passage. Conclusion, je suis arrivé à la messe avec à peu près 2,70 € en poche.

Quand Staline voulait un métro aussi beau que nos cathédrales

Pouvez-vous imaginer le camarade Staline assister à la messe ? Ca m’est pourtant arrivé dans l’un de ces églises à « l’architecture » contemporaine (et j’emploie les guillemets à dessein, le nom de cet art étant abusif dans le cas présent) dans une débauche de béton armé apparent, d’aluminium, de verre, de tubes néon, de mobilier abstrait avec, sur le toit, une cloche juchée sur un pylône industriel en fer. Tout cela au nom d’un paupérisme démagogique, d’une « Eglise des pauvres » fleurant bon les années septante. Vous avez certainement en tête l’un ou l’autre exemple d’une de ces horreurs, ce qui vous permettra de mieux comprendre ce dont je parle.

Dialogue pascal

Au cours de la messe, j’ai laissé flotter mes pensées sous les voûtes méridionales du dix-huitième siècle soutenant l’édifice. Je me suis mis à regarder les gens autour de moi et aussi à regarder en moi. Voilà, me disais-je, la communauté chrétienne s’est réunie pour célébrer son plus grand mystère. Qui sait pourquoi, elle n’en a pas l’air ! Mais de quelle « communauté » parlons-nous ? Où est la communauté des chrétiens, comme on disait aux premiers temps de l’Eglise d’Antioche, où est-elle cette communauté des « sauvés », des « ressuscités » ? D’ici, je constate que la routine s’est au fil du temps changée en surdité ; que l’assuétude s’est muée en insensibilité ; que les yeux usés par l’habitude sont devenus aveugles, qu’on a fini par tout prendre pour acquis jusqu’à tomber dans le scepticisme et la lassitude.

Un dialogue intime avec Jésus (2)

Il y a dans notre cœur un morceau de chair qui a été préservé de la souillure du péché originel et qui a conservé toute sa pureté. C’est à travers elle que Jésus résonne en nous, du cœur à l’esprit. Notre conscience la plus profonde se résout à lui faire écho: c’est comme cela qu’il nous répond. C’était probablement déjà ce qui se passait pour Don Camillo. Il y en qui parleront de schizophrénie. Ce sont des imbéciles, en fait. J’arrive à l’église et je m’assois. Je le contemple à travers son effigie posée sur l’autel: la magnifique icône qui m’est devenue familière. Derrière cette image se trouve le Dieu vivant sur sa « sainte montagne », le tabernacle.

Un dialogue intime avec Jésus

C’est arrivé il y a un peu plus d’un mois. Pour une fois, j’étais arrivé à l’Eglise non seulement à temps mais même largement en avance pour la messe, ce qui est exceptionnel pour moi qui suis un retardataire chronique. J’en ai donc profité pour discuter un peu avec Lui, devant cette icône sur l’autel qui me fixait avec intensité, devant le Saint-Sacrement. Oui, dans mon Eglise, le Saint-Sacrement se trouve au fond, derrière… un paravent sur l’autel. Je vous résume le monologue façon Don Camillo que j’ai eu avec Lui car sa présence était si intense que je pouvais clairement distinguer ses réponses au travers de cette petite voix intérieure que j’appelle ma conscience.

L’interview censurée de Hans Urs von Balthasar

Une interview historique du plus grand théologien du XXè siècle retrouvée récemment par le journaliste italien qui l’avait réalisée. Cette interview avait été censurée à l’époque par les modernistes allemands parce que von Balthasar affirmait avec force que Hans Küng (dont Walter Kasper a été l’assistant) n’était plus chrétien. Le grand théologien qui avait appelé Vatican II de ses vœux en analyse les conséquences vingt ans après, en 1985. Une vision perçante, critique, lucide et ancrée dans la foi qui, trente ans plus tard, n’a pas pris une ride.

L’utopie ridicule du gender

D’après la théorie du gender, il n’y aurait ni hommes ni femmes, ni hétérosexuels ni homosexuels mais chacun serait libre de briser ses propres chaînes (imposées principalement par les religions et par le christianisme en premier lieu) pour suivre sa propre orientation sexuelle, quelle qu’elle soit. Parce qu’en réalité, nous serions tous totalement égaux et nos différences seraient en fait issues d’un complot qui remonterait à la préhistoire et qui, aujourd’hui, viendrait seulement d’avoir été percé à jour.
Une réflexion pleine de sagesse et de bon sens de l’écrivain et historien Vittorio Messori sur la dernière idéologie à la mode.