Dieu dans l’Église en crise: un remède contre la dictature des bons sentiments

« Dieu est Dieu, loin des représentations sentimentalistes et compassionnelles qui Le défigurent actuellement.  La sortie de crise pour l’Église passera par le retour à la transcendance et au mystère,  par le renoncement à la démagogie pour la théologie! »

C’est la grande idée du P. Augustin Pic, docteur en théologie, dominicain et professeur à l’université d’Angers dans cet ouvrage original, ardu mais stimulant, qui vient de sortir aux éditions du Cerf.

À l’occasion de la sortie de presse de son livre, l’auteur a accepté de répondre aux questions de notre rédaction.

 

Qui êtes-vous, mon Père ?

Je suis dominicain au couvent de Tours, j’enseigne la théologie, l’histoire de la philosophie et le latin à l’université catholique d’Angers.  Je suis également auxiliaire en paroisse à Laval.

Dans votre chapitre introductif, sur la crise de l’Eglise et sur la conception erronée de Dieu qui en est l’aspect le plus inquiétant et que vous soumettez à une critique radicale, vous dites que tout le monde n’est pas appelé au même degré de sensibilité à ce qui se joue.  Alors, à qui s’adresse en premier lieu cet ouvrage ?

Dieu, tout de même, appelle chacun à un degré minimal de jugement et de réactivité. On le voit chez nombre de nos contemporains sans culture élaborée, dans des formules comme c’est le monde à l’envers, on marche sur la tête ou on nous change la religion, qui font sourire à bon droit mais disent un ressenti qui n’est point sans justesse. Quoi qu’il en soit, je m’adresse à tous ceux, pasteurs, fidèles et gens de bonne volonté, qui aiment à réfléchir sur les ouvrages de fond, comme est celui-ci je l’espère. Plus ces ouvrages-là ont de lecteurs d’origines et de niveaux divers, mieux se porte la relation foi, raison et vie. Mais j’écris en premier lieu, on s’en apercevra dès le deuxième chapitre, pour les esprits un peu versés en théologie.

Pourquoi ce livre ?

Parce que j’ai cru nécessaire de remonter, pour la corriger, à l’idée même qu’on se fait, et qu’on veut donner, de Dieu, de Son amour et de Sa miséricorde, idée sur laquelle on appuie un relativisme confessionnel et une permissivité morale qui semblent aujourd’hui majoritaires en monde catholique, surtout depuis qu’on les voit tolérés, sinon promus, même en haut lieu.

Face, en effet, à une indifférence croissante envers l’Église, quand ce n’est point la franche hostilité, grande est la tentation de prêcher Dieu comme on pense que le monde actuel voudrait qu’il fût. Ce sont alors la révision laxiste de la morale, comme je viens de dire, non sans relativisation ou négation de la loi naturelle, et le primat de la conscience individuelle. Tout semble permis : de l’amour divin inconditionnel sans lequel rien n’existerait puisque c’est l’amour qui a tout créé sans y être obligé, on passe à on ne sait quel amour sans conditions, où la loi divine tend à n’être plus qu’indication et stimulant qui laissent libre, voire à disparaître comme loi.

C’est contre pareilles dérives que j’essaie de penser le Dieu de la foi. Un Dieu absolu, qui exige l’écoute et l’obéissance parce qu’Il ne transige pas avec son amour. Il y va de nous, prunelle de Ses yeux, tel qu’Il nous veut de toute éternité. Mais allez faire entendre au citoyen, et même au catholique, de la post-modernité qu’il ne sera vraiment lui-même, quoique en tout respect de l’originalité de chacun (les Saints en sont la preuve), qu’en se conformant à l’idée éternelle et souveraine que son Créateur Se fait de lui, idée que le Fils unique est venu vivre en notre chair, répandant l’Esprit sanctificateur pour la faire prendre en nous.

Cette vision ne s’oppose-t-elle pas à la miséricorde divine ?

Le propre de l’amour divin est de pouvoir être refusé par l’homme, créé libre mais à ses risques et périls. Sans cela, sans les notions de vérité, de péché, de justice, les notions d’amour et de miséricorde deviennent comme folles, présentant un Dieu qui accepte tout et son contraire, en vertu d’une sorte de respect inconditionnel pour Sa créature et pour les aspirations qu’elle porte en elle. Veut-on un exemple ? Voici les propos de Mgr Ribadeau-Dumas – un morceau d’anthologie – sur les relations homosexuelles : « … si Dieu est amour et … si deux personnes s’aiment vraiment, alors … je crois qu’il y a vraiment quelque chose qui se dit de l’amour de Dieu là-dedans. Que cela soit à parfaire, … toujours à purifier …, que les égoïsmes soient à laisser de côté, c’est toujours vrai. Mais un amour vrai c’est un amour qui se donne, un amour qui pardonne, qui va au-delà dans le don parfait, qui refuse d’enfermer l’autre dans ce qu’il a commis. Un amour qui va jusqu’à donner sa vie pour celui-celle qu’on aime … avec ce que cela veut dire de responsabilité, de conversion permanente, pour que Dieu pénètre, purifie toujours davantage cet amour … » Les personnes auxquelles le prélat s’adresse peuvent donc se rassurer: « Les choses progressent …, je comprends votre impatience, mais laissons le temps au temps ; c’est quand même rassurant les progrès qui ont été fait pour se dire qu’il y en a d’autres qui seront faits. Au cœur de l’Eglise, soyez l’amour, pour aimer et, de l’intérieur, faites-la avancer dans cette reconnaissance, dans cet amour » (allocution aux gens de Devenir Un en Christ. Foi et homosexualité, 7. X. 18. Extrait pris dans Riposte catholique, l’intervention ayant disparu du site du mouvement). On aura noté que, loin de demander aucune conversion des mœurs, le Dieu de l’ancien porte-parole de la CEF offre seulement une purification de la relation homosexuelle, comme Il le fait de toute relation légitime entre homme et femme. Le mariage de même sexe excepté, auquel (à moins que je ne fasse erreur) est opposé l’auteur (mais après une sortie pareille, on se demande ce qui le retient encore), voilà qui revient à égaliser, pratiquement au moins, les deux formes d’union. Quant à la reprise de la formule thérésienne Au coeur de l’Eglise je serai l’amour pour bénir ce qui eût proprement éberlué la sainte, je renonce à commenter pour éviter la colère …

S’il est vrai, pour rester avec la chère carmélite un instant, que l’amour ne se paie que par l’amour, une de ses dimensions nécessaires est l’obéissance, comme on le voit dans le fiat de l’Annonciation, Marie ne pouvant aimer qu’en obéissant de tout son être et ne pouvant obéir que par amour. Programme qui fut de bout en bout celui de sainte Thérèse.

Votre livre dénonce l’impasse qui consiste à privilégier la charité et l’unité à la vérité et au dogme, allant jusqu’à les opposer. Vous rappelez à juste titre que nous ne sommes pas maîtres de la miséricorde et qu’elle n’appartient qu’à Dieu.  La miséricorde est également un mantra du pontificat actuel.  Pensez-vous que la crise que nous connaissons soit également due une vision fausse, trop humaine, d’une miséricorde qui va jusqu’à se faire complice du péché ?

Oui.  La raison profonde est le sentiment rarement avoué des Catholiques d’avoir historiquement perdu la société comme globalité et, comme j’ai dit, l’angoisse de lui prêcher un Dieu et un salut compatibles avec ses propres aspirations et requêtes. Or, sans toujours être fausses ou perverses, celles-ci restent loin – c’est le moins qu’on puisse dire – de correspondre au dessein divin, allant même, et plus que souvent, directement contre.

Ce Dieu qu’on tend à prêcher, mélange de vrai et de faux, est un Dieu dépendant de notre bon vouloir, humble, presque vulnérable, ignorant de nos futurs choix pour ou contre Lui, qui croit en nous, espère en nous, est fou de nous, nous supplie, pleure, etc. Je n’invente rien, on trouve cela partout, explicite ou implicite, totalement ou en partie, de la feuille diocésaine de tel diocèse à l’énième volume de telle collection théologique prestigieuse …

Qu’entendez-vous, plus précisément, au sujet du discours ambiant sur Dieu, par « mélange de vrai et de faux » ?

Précisons, oui : d’une part certains théologiens maintiennent (parfois du bout des lèvres dans les discours ou des doigts sur le clavier) que Dieu, en tant que Dieu, ne dépend de rien ni de personne et demeure à tout jamais impassible, mais soutiennent d’autre part et en même temps que, étant amour, Il ne peut pas ne pas souffrir (une dimension de l’amour étant la souffrance pour l’être aimé) et qu’Il est ou Se rend dépendant de nous (une autre dimension de l’amour étant le respect d’autrui libre, et donc l’humble attente d’une réciprocité). Or Celui qui est et Dieu et amour est un seul et le même. On ne saurait donc Le présenter, sous aucun rapport, comme à la fois impassible et passible, indépendant et dépendant. Autrement, on en vient à professer, purement et simplement ou en une certaine mesure, qu’Il ne sera jamais vraiment Dieu sans nous. De là à penser qu’Il est prêt pour nous avoir avec Lui, et pour être Lui-même plus pleinement, à consentir de notre part à tout et son contraire, il n’est qu’un pas, allègrement franchi par plusieurs, clercs ou laïcs, qu’ils soient formés un peu ou beaucoup, ou ne le soient pas du tout, ne l’être pas ou l’être trop peu n’empêchant nullement certains de parler ou d’écrire …

En fait, l’idée d’un Dieu vulnérable et dépendant est irrecevable, sinon en un sens figuré qui a son importance (celle de la métaphore en mystique et en théologie, ce qui n’est pas rien) mais sans plus, et dont il faut se garder d’abuser. L’amour paternel et sauveur est tout autre chose que ce pathos. Je rappelle, au risque de passer pour abrupt, que la perdition de qui meurt impénitent ne fait rien perdre à Dieu.

Cela, toutefois, sans nier la consistance du libre arbitre humain, central dans l’histoire du salut, et du consentement et de la collaboration que Dieu demande à chacun et à tous. De là les discours de la théologie ou de la simple piété, et leurs dérives possibles ou fréquentes, sur une dépendance de Dieu par rapport à nous. Pour ne pas rallonger notre entretien, je renvoie aux pages du livre qui en traitent.

Vous dites « impassible »,  comment ne pas comprendre « indifférent » ?

Impassible appliqué à Dieu ne signifie pas indifférent, bien au contraire, mais incapable par nature de subir ou souffrir. S’il est vrai que l’indifférence en l’homme s’explique par la crainte d’endurer les inconvénients de la solidarité, il est vrai par contre-coup que l’impassibilité par nature est précisément ce qui permet à Dieu de s’engager à fond pour nous sans rien perdre de Son parfait bonheur, autre nom de l’impassibilité.

Soit. Mais que dire, alors, de la Passion du Christ ? Quand il souffre comme homme c’est Dieu aussi qui souffre puisqu’il est un seul et le même et que souffrance implique nécessairement passibilité.

Votre question fait toucher comme du doigt au moins deux logiques de l’Incarnation, et de la Passion qu’elle implique. En effet, que montre l’assomption de notre chair par la deuxième Personne de la Trinité, tout bien considéré ? Elle montre tant le suprême intérêt que Dieu prend à nous que, plus stupéfiant encore en un sens, l’impossibilité de la souffrance en Lui.

Cela n’est-il pas contradictoire ?

Le Fr. Augustin Pic

Non, car c’est très précisément pour pouvoir souffrir que, par un amour capable pour nous de tout, Lui le tout-autre deviendra l’un de nous, l’impassible Se fera passible. Expliquons davantage (sans traiter la question en toutes ses composantes, bien sûr), parce que l’on est ici au cœur du Mystère et parce que les lecteurs n’ont pas tous, tant s’en faut, cinq heures par jour à consacrer à la théologie. Selon saint Thomas, la miséricorde pleine et entière a toujours deux mouvements complémentaires, à savoir arracher le misérable à la misère, c’est la miséricorde en tant que puissance qui sauve, et faire sienne la misère du misérable, ou souffrir avec lui, c’est la miséricorde en tant que compassion (pati cum signifiant souffrir avec).  Comment en effet supprimer la misère d’autrui sans l’expérimenter d’une manière ou d’une autre ? Jusque-là, je pense, tout le monde admettra ; c’est lorsqu’on cherche à dire ce qu’est la miséricorde en Dieu que surgit la difficulté. Car forcés que nous sommes de Le confesser comme à la fois puissant et impassible, il nous est impossible de ne pas conclure en simple logique qu’Il n’est miséricorde qu’à demi. Or la Révélation, la Tradition et l’expérience de tous les Saints sont là pour faire confesser que Dieu ne saurait être que miséricorde à plein. Donc pour ôter avec Sa puissance la misère que nous méritons, Il Se fait compassion pour l’éprouver avec nous et par là, soit dit en passant, pour augmenter notre amour en retour.
Ce concept théologique d’impassibilité fait donc ressortir à merveille l’assomption de la chair comme le sommet de la non-indifférence à notre égard. Et par là donne à l’Incarnation toute sa grandeur : elle n’est pas la simple manifestation temporelle d’une souffrance éternelle en Dieu mais l’acte libre par lequel Il vient partager jusqu’à l’extrême une condition d’homme qui n’est pas la Sienne. S’il fallait dire le mystérieux rapport des deux Testaments, on pourrait résumer l’Ancien par Je suis Dieu et non pas homme et le Nouveau par Pour vous je me fais homme parce que Je suis votre Dieu …

Il y aurait, certes, un autre livre à faire pour montrer, autant qu’il serait possible, que Dieu restait libre et capable de sauver autrement que par l’Incarnation et la compassion qui va avec. Pour deux raisons : la première est qu’Il peut tout et son contraire pour faire réussir Ses desseins, la seconde est qu’Il n’est tenu à rien, pas plus à une manière de faire qu’à une autre. Bref, le Sauveur eût sauvé tout aussi puissamment sans prendre chair qu’en S’étant fait homme. Autrement la logique du Salut obéirait à une nécessité qui s’imposerait à Lui, ce qui est inadmissible. Il reste que sauver en prenant chair est plus beau que tout…

L’idée d’un Dieu souffrant de toute éternité au cœur de Sa béatitude, n’est jamais, si vous voulez le fond de ma pensée, que le dernier argument d’une apologétique prête à tout (et qui parfois s’ignore) pour redonner crédibilité au Christianisme. Mon livre rappelle d’ailleurs que la chose ne date pas tout à fait d’aujourd’hui.

Dans toute l’Église, la tendance semble souvent privilégier, voire opposer l’unité par rapport à la vérité, surtout dans un contexte culturel général où la notion de relation l’emporte de loin, jusqu’à erreur et dictature intellectuelle, sur celles de substance, de doctrine, de norme, d’exigence, d’impératif et autres.   Au nom de la pastorale et de l’unité, on justifie parfois la pratique des remariages, de l’euthanasie, de l’avortement et des abus en tous genres.  À l’heure où toute référence à la tradition, à la norme ou à la raison, qu’elle soit liturgique ou dogmatique, est souvent considérée comme une rigidité de cœur et comme le symptôme d’un esprit faible et fermé.  À votre avis, sommes-nous au bord d’une dictature de la bien-pensance?

Pour commencer par la bien-pensance, je dirai que nous ne sommes pas au bord mais tout à fait dedans, d’où les constats de mon premier chapitre. Il est vrai que la bien-pensance étant de tous les siècles, le nôtre n’a pas moins la sienne que les précédents. L’ennui est que toutes ne sont pas totalement comparables. Celle de l’ancienne Chrétienté devait peser – une Jeanne d’Arc, un Jean de la Croix pour ne citer qu’eux auraient eu long à dire en la matière – mais, sans excuser les conformismes d’alors si bien relevés par les historiens sérieux, la Chrétienté restait (pardon pour le pléonasme) chrétienne ; la bien-pensance d’aujourd’hui pèse autant – ai-je besoin de le dire ? – mais à ceci près que son fond … inutile d’achever.

Et unité-vérité, donc, comment se garder de les opposer ?

Comment ? En admettant une bonne fois que l’unité procède de la vérité et non l’inverse. Ou que, si la logique unité donc vérité est juste, elle ne l’est que de façon seconde, le processus le plus important, à la fois structurant et englobant, le processus premier, si vous voulez, étant et restant vérité donc unité. Le congrès de Nuremberg fit indubitablement l’unité du peuple allemand : osera-t-on appeler vérité les hurlements du criminel qui s’agitait au micro ? Qu’on m’entende bien : je n’assimile pas ici la crise et les gens d’aujourd’hui au nazisme d’hier, je relativise seulement – mais, croyez-le, sans scrupule aucun – un schéma logique qui ne l’est guère : non, toute unité ne fait pas la vérité de ce qu’elle énonce et promeut, et cela dans l’Eglise aussi bien qu’ailleurs. « Ce qui me frappe quand je considère le monde catholique », disait Paul VI cité dans mon dernier chapitre, « c’est qu’à l’intérieur du catholicisme une pensée de type non catholique semble parfois avoir le dessus, et il se peut que cette pensée non catholique à l’intérieur du catholicisme devienne demain la plus forte. Mais elle ne représentera jamais la pensée de l’Eglise (selon Jean Guitton dans Paul VI secret, p. 168). L’équation est facile à faire : pensée non catholique, c’est l’erreur ; demain la plus forte c’est l’unité massive qu’une erreur peut fort bien créer. On a bien noté que le propos ne vient ni de l’ancien Saint-Office ni de quelque membre de la minorité conciliaire mais bien de Paul VI, le pape du Concile

Belle occasion de rappeler quelle tension se révèle entre Que tous soient un et Je ne suis pas venu apporter la paix sur terre mais la division. Car ces contrariétés de formules sont dans l’Écriture aussi importantes que les harmonies et souvent plus, car il n’est rien de meilleur pour arracher le vieil homme à ses conforts ou, si vous préférez, ses bien-pensances. Comme lorsqu’un glaive à deux tranchants vient diviser l’âme d’avec elle-même, pour reprendre le mot sublime de l’épître aux Hébreux.

Autrement dit, peut-on faire de la bonne pastorale avec des bons sentiments? 

Non.

Vous citez des formules souvent invoquées pour relativiser la crise, telle que celle de Mgr Rouet qui se demande si l’Église n’aurait pas enfin retrouvé la chance d’un christianisme fragile ou d’autres qui prétendent que les croyants sont moins nombreux mais plus fervents et moins hypocrites que par le passé, (à croire que le jour où il n’y en aura plus, ils seront parfaits).  Est-ce le cas pour vous ?  Ou bien s’agit-il d’une façon de se voiler la face devant l’ampleur du désastre et de ne pas remettre en question les pratiques pastorales de ces dernières années ?

Sans ignorer, je l’espère, les complexités d’un réel réfractaire aux conclusions définitives, j’incline au second terme de cette alternative. Au sujet des croyants, une chose reste toutefois patente : l’incessante diminution numérique, sur laquelle le fameux effet François n’a eu … aucun effet. Quant à les juger moins hypocrites et plus fervents, voilà qui relève du fantasme, du narcissisme ou de l’idéologie. Ils ne le sont ni plus ni moins puisque l’hypocrisie, hélas, et la ferveur, grâce à Dieu, ne cesseront jamais dans l’Eglise. Des pécheurs, vous en aurez toujours, des saints aussi …

Vous suggérez dans votre conclusion de répondre aux distorsions actuelles par le radicalisme évangélique.  Quelles pistes concrètes vous semblent possibles pour favoriser un tel retour, dans le contexte actuel où le seul péché mortel dans l’Église c’est justement le fondamentalisme ?

Je n’ai pas grand chose à répondre à cela, qui, le début du livre le dit bien, n’entre pas comme tel dans le propos. Je pense avant tout à un enracinement personnel et intime – et communautaire – dans la divine vérité (par vie spirituelle intensifiée et par formation continue) – mais nos gens dans le vent appelleront cela fondamentalisme – et à une action qui, si elle doit passer par la parole et l’écrit parfois ou souvent, doit s’exprimer toujours par le comportement et l’exemple. Cela par la grâce de la Confirmation (qui fait du Chrétien, comme le nom l’indique, un confirmé dans la foi, c’est à dire un combattant) et soutenu par d’autres Chrétiens pareillement soucieux d’honorer Dieu en tout et de collaborer au salut d’autrui. Chacun n’est-il pas le fils ou la fille d’une Eglise à tout jamais sainte en dépit des crises ?

Merci, mon Père.

Merci de m’avoir entendu et bonne lecture à tous ceux qui liront.

 

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