La grand-mère et le théologien

Cher ami belge, pense à ta grand-mère!

Voilà quelques mois que j’étais sans nouvelles de notre ami Antonio Margheriti .  Entièrement absorbé dans la rédaction d’une compilation de ses conversations avec un ancien président de la république italienne et toujours sur la route entre Rome et son Sud natal, il a cependant, non sans insistance de ma part, accepté de rédiger un article pour ce blog.  Je lui avais demandé un article de théologie avec des références fiables, un article sérieux qui traite du Salut et la Vie éternelle. 

Mal m’en a pris.

En lieu et place d’une apologie, j’ai reçu une critique.  Au lieu d’un texte scientifique, j’ai reçu un texte inspiré.  En guise de références, j’ai reçu une histoire.  Après l’avoir lu, j’avoue que je ne savais pas trop quoi faire.  Et puis j’ai réalisé que le problème, ce n’était pas son texte, c’était ma demande.  Alors j’ai décidé de le publier tel quel.

Olivier.

L’enfer est pavé de « sources sûres »

L’écrivain Antonio Margheriti

Avant tout, il voulait quelque chose de « sérieux » mais qui puisse parler à un public de « non-théologiens ».  Il est de notoriété publique que l’Europe du Nord regorge de ces petits théologiens de chapelle qui ont élevé leur propres « selon moi » anachroniques et apodictiques au rang de théologie alors qu’en revanche, les croyants se font de plus en plus rares, qu’ils soient simples fidèles ou même théologiens.   Aucune crainte à avoir donc, je suis bien loin d’être moi-même un théologien et je me moque éperdument, comme d’ailleurs beaucoup d’autres devraient le faire, de la théologie de ces présumés théologiens .  On a les a pris bien trop au sérieux, à l’instar du monde laïc et de ses soi-disant « intellectuels à la page » que l’on reconnaît facilement au fait qu’ils sont, les uns comme les autres, en permanence à côté de la plaque.  D’autant que parmi tous ces « théologiens » autoproclamés, à peine dix pour cent seraient en droit de revendiquer ce titre qu’ils usurpent plus ou moins abusivement alors qu’autrefois, il y a bien longtemps, il désignait le « sommet de la connaissance » spéculative.

Jésus-Christ lui-même n’a pas fait de spéculations, il a pris des exemples vivants, des personnes, des choses de la vie, la vie elle-même, pour montrer – et non pas pour démontrer – ce que veut dire être chrétien et comment déjà gagner le ciel sur la terre.

Dans sa commande circonstanciée, mon ami belge m’a également demandé un article basé sur des « sources sûres ».  Et je me suis dit en moi-même que l’enfer était justement pavé de ces sources « sûres ».  En effet, c’est ce même ami qui m’avoue à contrecœur qu’en Belgique, c’est justement en se basant sur ce fatras de sources fiables, au mépris de la Source par excellence qu’est le Christ, qu’on en est aujourd’hui réduit à se baser sur deux sources incontournables et tout aussi contaminées l’une que l’autre: un agnostique comme Bultmann et un gnostique comme Rahner, deux post-chrétiens…  et derrière eux, les églises se sont inexorablement vidées au fur et à mesure que l’on déchristianisait intentionnellement la Belgique.  C’est ainsi qu’ils ont  lentement mais sûrement détruit l’édifice chrétien au lieu de le renforcer.

Des « sources sûres« , dit-il!  Me demander une chose pareille à moi!  C’est contre mes principes. Ce syndrome fait partie du mal dont souffre le christianisme d’aujourd’hui, et plus particulièrement ce christianisme « professionnalisé » du Nord: en Allemagne, on est parvenu à transformer l’Eglise en une véritable industrie, la plus grande du pays, une industrie laïque – voire même militante – et le salut des âmes a fait place à la logique du profit, le Décalogue à la loi des affaires, de sorte que l’industrie cléricale est devenue un secteur économique comme les autres.

Le christianisme doit rester simple

J’ai toujours tout fait pour éviter cela, comme s’il fallait chercher les sources du christianisme chez ces « professeurs ».  Au contraire, le christianisme trouve sa source dans le Christ.  Le christianisme est et doit rester une chose simple.  Il doit d’abord consister en un témoignage personnel dans lequel on se met en jeu, on prend des risques… alors que le « professionnalisme » sert justement à éviter les risques.  Quant à ces « sources sûres » – qui ne le sont souvent pas tant que ça – quelles sont-elles à l’exception des Docteurs et des Pères de l’Eglise qui ont tout dit au moment où il fallait le dire et qui en ont souvent dit bien plus qu’il n’en fallait pour le simple chrétien?  C’est le retour du fantasme de ces puits de science dont parlait Saint Paul: « A cause de ta connaissance, ton frère qui est faible périra, ton frère pour lequel le Christ est mort… »  Comment oublier en outre ces autres paroles de Jésus quand il manifeste son intention de « confondre les sages » pour révéler toute chose aux « petits »?

L’auteur et journaliste catholique Vittorio Messori

Vittorio Messori m’a un jour confié au cours d’un échange de mails  que le problème actuel du christianisme c’était l’ennui.  L’ennui devant ces nouveautés trop souvent éditées, devant la répétition des choses déjà connues, les bâillements devant le « déjà entendu » qui finit par provoquer l’indifférence.  A l’époque, je n’en étais pas vraiment convaincu: sommes-nous vraiment certains que nous parlons encore de Jésus aux gens et aux petits enfants?  En Occident, ne s’agit-il pas davantage d’un vague souvenir, s’il est vrai qu’en Belgique, comme partout ailleurs, on envoie les enfants à une espèce de catéchisme  dont ils ressortent sans même savoir comment faire un signe de croix ni ce qu’il signifie?  Et ce n’est pas un problème propre à la Belgique: mon frère aîné, qui vit depuis longtemps dans le Nord de l’Europe, ne sait lui-même plus comment faire ce signe.  J’avais été davantage convaincu par ce qu’Antonio Socci m’avait dit à une autre occasion: « Je suis allé à l’université pour parler de la vie de Jésus et ces auditoires bondés de jeunes baptisés qui avaient tout oublié m’écoutaient les yeux écarquillés, comme si je leur racontais pour la première fois une histoire inconnue qui les laissait bouche bée.  Rien à voir avec l’ennui! »  Bouche bée, disait-il.  Et pourtant c’est une histoire qui dure depuis deux mille ans mais soit!

Le problème du christianisme, c’est la disparition des grand-mères

Le catéchisme me suffit, un peu comme ces bonbons que ma grand-mère m’offrait de temps en temps: des petites dragées savoureuses, artisanales, préparées selon une recette ancestrale dont je n’ai jamais oublié la saveur.  Je ne l’ai jamais oubliée parce que j’ai vu, et si j’ai cru, c’est parce que j’ai vu la foi de ma grand-mère, une foi rudimentaire mais qui contenait l’essentiel de ce qui sert au croyant.  J’ai surtout vu la cohérence entre ces dragées de doctrine qu’elle m’offrait et sa propre vie: j’ai vu la sérénité et la force qui s’en dégageait.  Cette femme ironique et tragique à la fois, comme le sont les matrones du Sud profond de l’Italie, grandes jusque dans le malheur, je l’ai vue s’enfoncer dans des déconvenues sans fin mais à chaque fois, elle retombait sur ses pieds, indestructible, sans larmes.  Ma grand-mère Rosa est la seule femme que j’aie jamais vu prier la tête droite, haute et victorieuse.  Elle savait! Née en 1908, presque analphabète, elle savait tout ce qu’il y avait à savoir: l’essentiel lui avait été transmis par des gens qui n’étaient pas plus instruits qu’elle.

Il y a une chose que ma grand-mère n’a jamais su: elle n’a jamais su qu’il y avait des « théologiens ».  Si elle l’avait su et qu’elles les avait écoutés, elle les aurait envoyés d’un petit sourire se chercher un travail, si elle ne leur avait pas elle-même mis dans les mains cette bêche, ora et labora, qu’elle maniait si souvent.  A moins d’être au minimum Ratzinger, on ne s’autoproclame pas théologien.  Mais il se fait que certains se sont improvisés « théologiens » du jour au lendemain, qu’ils ont formé des petites paroisses, des diocèses, des provinces, des régions, chacun avec sa propre théologie qui, à y regarder de plus près, n’est pas sans rappeler le genre de chose que l’on peut lire sous la plume des commentateurs dans les éditoriaux des journaux libéraux à la mode ou carrément dans les traités d’hydraulique.

Quand la médiocrité se fait théologie, elle provoque l’ennui.  L’ex-président italien Cossiga a un jour dit ceci: « si l’excès de doctrine ne fait pas le saint, le manque de doctrine fait l’hérétique et l’hérétique est toujours une personne sans fantaisie et ennuyeuse car l’ennui est la mère de toutes les hérésies. »  Le problème d’une certaine Europe du Nord, qui fut  autrefois chrétienne, c’est moins le manque de doctrine que le manque de fantaisie, l’absence de cette sainte levitas qui caractérise à elle seule les géants de la foi, par conséquent le problème de l’Europe du nord c’est l’ennui, la mère de l’hérésie.  Il faut en revenir aux grand-mères.

Le problème de la foi, c’est la disparition des grand-mères

Voici ce que disait le cardinal Wetter qui succéda à Ratzinger à Munich: « le problème de la foi d’aujourd’hui, ce n’est pas seulement la mauvaise théologie » qui, malgré qu’elle forme de mauvais prêtres, demeure un phénomène élitiste, « le problème de la foi d’aujourd’hui, c’est la disparition des grand-mères », leur disparition comme pédagogues, comme catéchistes, leur disparition de la vie de leur petits-enfants à cause de cette fracture de communication qui s’est creusée entre les générations.  Pendant des siècles, l’Eglise n’avait pas beaucoup d’efforts à fournir pour former les jeunes générations: le plus gros, c’est-à-dire l’essentiel, « c’étaient les grand-mères qui s’en chargeaient » avec tout l’amour dont elles étaient capables.  Aujourd’hui, avec le retour de ce néopaganisme et de ce néognosticisme qui méprise le corps tout en l’idolâtrant, il devient difficile de trouver des femmes qui acceptent encore de vieillir et d’être appelées « grand-mères »…  Au contraire, on trouve de plus en plus de soixantenaires qui aspirent à devenir mamans « pour la première fois » et qui trouvent même parfois une issue médicale à leur délire égoïste.  Là aussi, ce tedium vitae qui découle du nihilisme ambiant, à l’instar de ces perversions décrites dans les pages du Marquis de Sade, trouve son origine dans ce culte du rien qui ennuie, qui se transforme en culte de ce qui est bizarre, bas, corporel, sordide, fécal, mortifère, autrement dit de tout ce qui est dégradant pour l’homme.

Maintenant, tu vas devenir un chrétien accompli

Quand, après des années de catéchisme dans une bonne paroisse du Sud, avec un bon curé et une bonne catéchiste – sincèrement catholiques, ce qui est déjà bienarriva le jour de la dernière étape sacramentelle – la confirmation -ma tragique et autoritaire grand-mère, qui n’était pas femme à montrer volontiers ses sentiments, m’arrêta en chemin avec un sourire empreint de sagesse et d’émotion bourrue, ce qui me gêna un peu.  Elle tint à m’expliquer en quelques mots lapidaires ce que je m’apprêtais à faire: « Maintenant, tu vas devenir un chrétien accompli ».  Stop.  La confirmation!  Et pendant toutes ces années de catéchèse dont je me souviens à peine, je ne l’avais pas compris: avec ce sacrement, on devient un « chrétien accompli » et de fait, ma grand-mère m‘a précisé: « Un quart le baptême, un quart la confession, un quart la communion et le dernier quart la confirmation ».  Et sur sa lancée: « Avec le baptême nous offrons notre âme à Dieu, avec la confession notre conscience, avec la communion notre cœur et avec la confirmation notre volonté ».  Ces quelques mots tout simples, ces petites dragées ultra-concentrées de sainte doctrine, je ne les ai jamais oubliées, au contraire de tout le reste.  Mais je ne suis pas devenu comme ma grand-mère car, par après, j’ai en partie accepté la corruption.  Mais si j’ai pu en partie m’en sortir par la suite, ce fut grâce à ses paroles qui, même si je n’en étais à l’époque pas conscient, m’avaient fait catholique pour toujours en gravant en moi la marque des générations chrétiennes des aïeux qui m’avaient précédés dans la foi et avec lesquels je suis aujourd’hui toujours lié dans la communion des saints.

Ma grand-mère vivait chaque jour dans le concret et pas dans les abstractions, elle n’avait pas le temps de s’ennuyer et c’était pareil pour les curés de campagne et pour les fidèles qui allaient à l’église.  Elle vivait la foi, elle ne la pensait pas.  C’est pour cela qu’elle en témoignait de façon extraordinaire.  Et crédible.

L’imitatio Christi est un fait et non un théorème

Ce n’est pas un schéma parfait dépourvu de réalité qui rend crédible une idée: c’est la mise en pratique de cette idée dans la réalité qui la rend crédible.  Ce n’est qu’ainsi que l’on devient crédible et que l’on est cru.  Du reste, comme se plaisait à le dire Don Giussani, le christianisme n’est pas une culture, une philosophie, une religion, une spiritualité ni un psychologisme ou un sentimentalisme, qui ne sont que des abstractions: c’est un Fait.  Et ce fait, c’est la vie d’un homme qui vit, qui meurt et qui ressuscite le troisième jour selon les écritures.  En rencontrant cet homme, on confronte notre vie à la sienne; il ne s’agit pas d’un échange de vues au sujet de l’univers mais d’une Imitatio Christi.  Il n’y a pas d’autre école, il n’y a pas d’autre professionnel qui tienne.  Parce qu’il est écrit que « vous n’avez qu’un seul maître » et « maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme », à tout le moins ceux qui prétendent enseigner sans montrer l’exemple, c’est-à-dire sans vivre comme Il l’a enseigné.  Gardons à l’esprit que l’imiter Lui, c’est déplaire au monde et que le monde – à commencer par le clergé mondanisé et par les chrétiens ni chauds ni froids – te le feront payer chèrement.  Ils te persécuteront, te couvriront de ridicule, t’intimideront et chercherons à te mettre de côté.  Alors même ceux qui au début sont pleins de bonne volonté finissent par renoncer face au calvaire qui s’annonce à l’horizon et ce monde le sait bien mais, en baissant les bras, ils oublient ces paroles du Maître: « Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. »  Même au sein de la communauté chrétienne, il est courant de trouver des ennemis farouches de l’imitation du Christ.

Quelques autres, en revanche, résistent et bravent ce calvaire en acceptant de le vivre.  Et ceux-là, le monde les craint parce qu’ils déstabilisent les tièdes.  Or les tièdes remplissent les chaires, même dans les églises.  Ceux qui suivent le Christ sont source de scandale parce que leur vie devient un avertissement et un acte d’accusation pour leurs consciences moribondes et engourdies par les plaisirs mondains; ils sont craints et haïs parce qu’ils sont porteurs d’une « maladie » contagieuse: l’exemple de la cohérence.  Mais surtout, en restant fermes dans leur foi qui s’incarne dans leur vie et non pas dans des théorèmes, ceux qui suivent le Christ suscitent l’étonnement, à l’instar de ce soldat romain qui, devant la croix du consummatum est, alors que même le ciel s’obscurcit et que la terre se met à trembler, s’exclame « Mais alors, cet homme était vraiment le fils de Dieu! ».

Rien ne sert de démontrer: il faut montrer

Et voilà que le bon ami qui m’a commandé cet article me demande qu’il soit « destiné à ouvrir les yeux de ceux qui ont appris que le salut était essentiellement immanent, terrestre, social, psychologique ou politique.  Ceux qui croient que la chute, l’enfer, le paradis et le péché originel sont des mythes inventés par l’Eglise ».

Je comprends bien ce qu’il voudrait mais que voulez-vous dire à des âmes pareilles?  Nous en sommes arrivés à un point où il n’y a plus rien à dire.  Les mots nous manquent et, d’ailleurs, ils ne suffisent pas, ils n’ont plus d’utilité et ceux qui pouvaient les prononcer, les grand-mères, les chrétiens et les prêtres ne l’ont pas fait à temps.  Mon cher ami belge, il n’y a plus rien à expliquer, il n’y a plus rien à dire.  Il faut à présent montrer.  C’est pour cela que l’on persécutait les saints et que l’on voulait lapider les prostituées qui avaient croisé le regard du Messie: parce qu’ils montraient, parce qu’en eux toute chose devenait nouvelle et qu’ils étaient le témoignage éclatant, physique et visible de l’action de la Grâce à laquelle ils s’étaient abandonnés.  Ils étaient devenus un Fait vivant.  Ils étaient des torches vivantes au beau milieu des fumerolles de la tiédeur qui ne produit plus de lumière; leur clarté était insupportable pour les cœurs qui se complaisent dans le brouillard et pour les cervelles qui se nourrissent de calculs.  Ils sont devenus la « honte » des docteurs à la nuque raide, gonflés comme des cobras qui crachent dans le temple le venin de la médisance sur le pauvre publicain à genoux, touché par la Grâce, qui se frappe la poitrine et qui, à présent qu’il voit la lumière, réalisant enfin l’obscurité dans laquelle il se trouvait, demande au Maître de se rappeler de son nom, de ne pas oublier sa pauvreté, d’être son ami.

Ces hommes et ces femmes perdus et retrouvés comme les brebis égarées sont devenues des faits, c’est-à-dire des saints et c’est la raison pour laquelle ils ont toujours été scandale pour les juifs et folie pour les païens.  Ce sont eux qui vivent le christianisme parce que la seule façon de professer le christianisme c’est de le vivre en laissant ce Verbe s’incarner à l’infini dans le corps obéissant des hommes.  Encore une fois, une parfaite Imitatio Christi.  Mais dans cette Eglise décadente remplie de théologiens de salon, on a finir par désincarner à nouveau le Verbe, la chair est redevenue parole, parole vaine, opinion misérable.  Le remède, ce sont les Faits.  La ré-incarnation du Verbe.

Ainsi soit le néant

Que te dire d’autre, mon cher ami belge?  Dans le christianisme, l’essentiel c’est d’Être.  Et pour commencer à Être, il faut renoncer aux œuvres et aux tentations alanguissantes qui souvent présentées sous couvert de « raison », d' »humanité » par le Malin dont le chef d’œuvre consiste justement à faire croire raisonnablement aux clercs qu’il n’existe pas.

Il faut mourir au monde pour ensuite découvrir qu’il est tout à fait possible de se passer de ces choses que l’on croyait essentielles parce que, comme disait Benoît XVI, « Dieu n’enlève rien mais il donne tout: n’ayez pas peur! ».  C’est le monde qui te fait croire qu’il te donne tout, comme le Démon le prétendait au Christ sur la montagne, mais au lieu de cela il t’enchaîne à la tyrannie de tes propres désirs qui ne sont qu’illusions et tristesse.

Dieu n’enlève rien mais il donne tout

Cette tristesse mortifère qui ne s’intéresse qu’à la mort, qui insinue la confusion et distille son venin dans les parlements, les écoles, les maisons et jusque dans les paroisses désolées d’une grande partie de cette Europe du Nord qui se fait aujourd’hui le chantre de l’euthanasie des vieillards et des enfants, des avortements routiniers et tardifs, des « mariages » homosexuels qui glorifient la stérilité et transfigurent ainsi le sens latent de la volonté d’anéantissement d’une civilisation toute entière: la mort pour les enfants, la mort pour les malades, la mort pour les vieux, la mort pour ceux qui sont inutiles, la mort pour ceux qui sont seuls, la mort pour ceux qui ne connaissent plus l’amour, la mort pour les perdants, la mort aussi pour les gagnants des breloques inutiles du monde, la mort comme unique désir pour tous.  La mort comme seule issue.  Le droit à la mort.  La civilisation de la mort.

Même le droit positif qui avait été créé pour protéger la vie de l’homme est devenu l’instigateur et le protecteur de la mort dans cette Europe du Nord qui marche à reculons où l’on a désincarné le Verbe dans le but de diviniser la chair mortelle de l’humanité et où l’on a réduit l’incarnation à une théorie, une fable, à une superstition.

Le néant qui, après l’ennui, mène à la tristesse et se mue en désert.  Et le désert c’est le lieu des démons, là où finalement il n’y a rien d’autre que la mort.  Ainsi soit le néant.  Le néant, c’est l’état naturel de Lucifer qui tient dans sa main la poussière à laquelle sont retombés les royaumes dominant mers, montagnes, villes et hommes qu’il avait promis en échange d’un acte de soumission.

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