La multiplication des euros à la messe

Aujourd’hui je suis allé à la mes­se avec cinq euros en poche. Le restau­rant japo­nais de la veil­le m’a​vait rap­pe­lé une tra­di­tion de mon enfan­ce et des années 1980 en Italie lor​squ’il était d’u​sa​ge de rece­voir ses invi­tés avec une peti­te gout­te, bien avant que les mora­li­stes et autres bien-pensants hygié­ni­stes ne s’en mêlent. C’était l’â​ge d’or de la légen­dai­re liqueur Strega et je m’é​tais mis en tête d’en ache­ter une bou­teil­le au super­mar­ché du coin. Sauf qu’en décou­vrant qu’el​le était affi­chée au prix exor­bi­tant de 11,90 €, je me suis dit que j’al​lais plu­tôt ache­ter quel­que cho­se pour dîner et j’en ai pro­fi­té pour pren­dre un paquet de dix ciga­ret­tes au pas­sa­ge. Conclusion, je suis arri­vé à la mes­se avec à peu près 2,70 € en poche.

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Dialogue pascal

Au cours de la mes­se, j'ai lais­sé flot­ter mes pen­sées sous les voû­tes méri­dio­na­les du dix-huitième siè­cle sou­te­nant l’é​di​fi​ce. Je me suis mis à regar­der les gens autour de moi et aus­si à regar­der en moi. Voilà, me disais-je, la com­mu­nau­té chré­tien­ne s’e​st réu­nie pour célé­brer son plus grand mystè­re. Qui sait pour­quoi, elle n’en a pas l’air ! Mais de quel­le « com­mu­nau­té » parlons-nous ? Où est la com­mu­nau­té des chré­tiens, com­me on disait aux pre­miers temps de l’Eglise d’Antioche, où est-elle cet­te com­mu­nau­té des « sau­vés », des « res­su­sci­tés » ? D’ici, je con­sta­te que la rou­ti­ne s’e​st au fil du temps chan­gée en sur­di­té ; que l’as​sué​tu​de s’e​st muée en insen­si­bi­li­té ; que les yeux usés par l’ha​bi​tu​de sont deve­nus aveu­gles, qu’on a fini par tout pren­dre pour acquis jusqu’à tom­ber dans le scep­ti­ci­sme et la las­si­tu­de.

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Un dialogue intime avec Jésus (2)

Il y a dans notre cœur un mor­ceau de chair qui a été pré­ser­vé de la souil­lu­re du péché ori­gi­nel et qui a con­ser­vé tou­te sa pure­té. C'est à tra­vers elle que Jésus réson­ne en nous, du cœur à l'e​sprit. Notre con­scien­ce la plus pro­fon­de se résout à lui fai­re écho : c'e​st com­me cela qu'il nous répond. C'était pro­ba­ble­ment déjà ce qui se pas­sait pour Don Camillo. Il y en qui par­le­ront de schi­zo­ph­ré­nie. Ce sont des imbé­ci­les, en fait. J'arrive à l'é​gli​se et je m'as​sois. Je le con­tem­ple à tra­vers son effi­gie posée sur l'au​tel : la magni­fi­que icô­ne qui m'e​st deve­nue fami­liè­re. Derrière cet­te ima­ge se trou­ve le Dieu vivant sur sa "sain­te mon­ta­gne", le taber­na­cle.

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Un dialogue intime avec Jésus

C'est arri­vé il y a un peu plus d'un mois. Pour une fois, j'é​tais arri­vé à l'Eglise non seu­le­ment à temps mais même lar­ge­ment en avan­ce pour la mes­se, ce qui est excep­tion­nel pour moi qui suis un retar­da­tai­re chro­ni­que. J'en ai donc pro­fi­té pour discu­ter un peu avec Lui, devant cet­te icô­ne sur l'au​tel qui me fixait avec inten­si­té, devant le Saint-Sacrement. Oui, dans mon Eglise, le Saint-Sacrement se trou­ve au fond, der­riè­re… un para­vent sur l'au​tel. Je vous résu­me le mono­lo­gue façon Don Camillo que j'ai eu avec Lui car sa pré­sen­ce était si inten­se que je pou­vais clai­re­ment distin­guer ses répon­ses au tra­vers de cet­te peti­te voix inté­rieu­re que j'ap​pel​le ma con­scien­ce.

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Nous ne sommes pas les maîtres de la miséricorde. Elle n'ap​par​tient qu'à Dieu.

Nous tom­bons tous dans le pan­neau de cet­te nou­vel­le super­sti­tion qui con­si­ste à croi­re que la "misé­ri­cor­de" nous appar­tient, que nous pou­vons à notre gui­se la par­ta­ger aux autres avec lar­ges­se mais sur­tout en pro­fi­ter à nous-mêmes com­me si le catho­li­que jouis­sait de cet­te facul­té de s'au​to​-absou​dre. Il ne s'a​git pour­tant que d'u​ne super­sti­tion mon­dai­ne qui s'a​jou​te à cel­le qui con­si­dè­re la "misé­ri­cor­de" com­me une espè­ce de bien immo­bi­lier dont la suprê­me hié­rar­chie de l'Eglise dont serait l’u​ni​que pro­prié­tai­re et qu'à ce titre, elle serait libre de la don­ner géné­reu­se­ment à qui elle veut com­me bon lui sem­ble.

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Je confesse…

Je con­tem­ple les voû­tes de cet­te égli­se de quar­tier que je n’ai jamais aimée et que je n’a​vais jamais con­si­dé­rée com­me ma mai­son. Cette fois, oui, je me sens en famil­le, je fixe ces voû­tes et elles me sem­blent infi­ni­ment chè­res. On dirait la char­pen­te du ven­tre d’un grand bateau per­du en plei­ne tem­pê­te au beau milieu de l’o​céan. Et je me sens moi aus­si sur la bar­que de Pierre avec Jésus à bord qui fait sem­blant de dor­mir. Et ma pani­que se cal­me et se tran­sfor­me en rire lor­sque le Messie ouvre un œil, qu’il me fixe et qu’il dit à voix bas­se : « Ne crai­gnez pas : je suis là, ne le voyez-vous pas ? Allons, du cal­me… voyons ce que font les autres, et Pierre. Toi, fais sem­blant de rien. »

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La fornication vous fait rire ?

Les mili­tan­ts de la laï­ci­té n’hé​si​tent pas à poin­ter du doigt et à rail­ler tou­te dévian­ce, par­ti­cu­liè­re­ment lor​squ’il s’a​git de fai­ts d’ar​gent de mœurs. « Justement vous qui dites… ». Justement vous qui défen­dez le céli­bat, vous avez des aman­tes et des enfan­ts. Justement vous qui con­dam­nez la pra­ti­que de la sodo­mie vous êtes sodo­mi­tes ; vous qui par­lez de la pau­vre­té vous êtes atta­chés à l’ar​gent, vous qui fai­tes la mora­le à la socié­té vous être les pires car­rié­ri­stes qui soient ; vous qui par­lez de sécu­la­ri­sa­tion vous êtes sécu­la­ri­sés et en fait nous n’a​vez même aucun respect pour votre Dieu dont vous mépri­sez les pra­ti­ques de dévo­tion. Ils ont rai­son.

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