Sic transeunt desideria mundi

Avec en prime une interview de Vittorio Messori

J’ouvre le journal et voici la première nouvelle qui me tombe sous les yeux: « Oui au référendum sur le mariage gay en Irlande » ainsi que cet autre article : « Un enfant tué et enterré par jeu ».   Je tourne la page, encore des morts « par jeu », des innocents.  Signe des temps ?  Tout ne serait donc qu’un jeu avant que la récréation ne finisse, que la cloche ne sonne…  Et qu’il faille rendre des comptes.

Mon ami et collaborateur Nicola Peirce me raconte ce qui suit :

« Il m’est arrivé quelque chose d’écœurant : j’assistais à la messe pour Sainte Rita dans l’église Sant’Agostino dont l’entrée se trouve sous les arcades qui abritent aussi le lycée Piccolomini lorsque soudain, aux environs de 12h30, un jeune garçon âgé de peut-être 16 ans qui sortait de l’école fit irruption dans la nef et se mit à hurler un chapelet d’insanités contre Dieu… nous sommes tous (en fait deux pelés et trois tondus) restés pétrifiés sur place et, avant que nous ayons eu le temps de réagir, il prit la poudre d’escampette en riant avec un groupe de condisciples. Nous avons semé le vent pendant de trop nombreuses années et voici qu’arrive aujourd’hui l’ouragan. »

Nous commençons à le sentir planer sur nos têtes et hérisser les poils de notre peau. Celui qui connait l’histoire et sait lire les signes de temps avec les yeux de la théologie de l’histoire, celui qui connait les détails des prophéties récentes dans lesquelles toutes ces descriptions convergent, celui qui connait tout cela sait très bien ce qui est sur le point d’arriver : le châtiment divin qui va s’abattra sur la terre « comme la fumée et le feu du ciel, pendant trois jours de grandes ténèbres ». Celui-là sait ou au moins le pressent car tout coïncide. Nous devons espérer que Marie puisse tempérer le châtiment et qu’elle sauve au moins ceux qui, même s’ils sont pécheurs, n’ont pas adhéré à la folie du monde à la renverse qui, comme pour toutes les « fins du monde » ou autres « chutes de l’Empire romain » de l’histoire humaine, connaît actuellement un retour carnavalesque aux anciennes divinités païennes, aux fastes et aux bacchanales orgiaques, aux cultes idolâtres et pervers où la féminisation des coutumes et l’homosexualité prennent le dessus dans un climat festif et macabre, un climat de « crépuscule des dieux » à la Visconti. Et lorsque la fête battra son plein, tout s’écroulera d’un coup et les fêtards resteront prisonniers des décombres.

Le mieux de la fin

On remarquera que l’émergence endémique de l’homosexualité qui s’accompagne toujours d’un rôle dominant de la femme sur l’homme a de tout temps, dans toute l’histoire humaine, été le signe annonciateur d’une chose : qu’on est arrivé au terminus, qu’une civilisation est sur le point de s’effondrer et que, juste au moment où la folie carnavalesque et le renversement de la nature arrive à son comble, un monde est sur le point de s’éteindre.  Non pas le monde de ceux qui ont été piétinés par la foule des noceurs non, celui des fêtards.  Ce climat euphorique et pervers n’est que cette illusion cruelle que l’on appelle, dans le processus de l’agonie, le « mieux de la fin » : l’état du malade semble s’améliorer de façon surprenante, il récupère une vivacité physique et morale, il retrouve la parole, il est euphorique, il voudrait même se lever… mais à l’improviste…   couic !  Il passe l’arme à gauche.  C’est le mieux de la fin.

Je déjeunais l’autre  jour devant la télévision avec des amis catholiques.  Le journal télévisé annonçait comme d’habitude que des « centaines de chrétiens avaient été massacrés » par des musulmans.  J’ai alors porté la main à la bouche et fait le geste de baiser le sol.  « Que la Madone soit remerciée ».  Mais qu’est-ce que tu racontes, me demandèrent-ils. Voici ce que je leur répondit:

« Ce sang innocent et saint que ces chrétiens versent par la volonté de Dieu retombe sur nos têtes malades et marquées par la condamnation comme l’étaient les portes des hébreux d’Egypte : ils lave nos fautes, adoucit le terrible châtiment qui est sur le point de s’abattre sur le monde et duquel aucun de nous ne réchappera.  Mais si beaucoup parmi nous seront sauvés et verront la terre promise, nous le devons à ces chrétiens d’Orient qui meurent sous la faux de Mahomet à la grande satisfaction à peine dissimulée des gouvernement occidentaux.  Si eux ne mouraient pas, c’est nous qui serions tous morts. »

Tremblez, les sorcières sont de retour !

Hillary Clinton

Hillary Clinton

Il s’agit d’un véritable de cas de lapsus freudien : on fait parfois tellement d’efforts pour cacher la vérité que tout à coup, elle nous échappe contre notre gré.  Ou tout au moins j’espère, parce qu’il m’a semblé s’agir de l’impudence typique de celui qui se croit tellement puissant et intouchable qu’il finit par en perdre toute retenue.  Je veux parler de cette sorcière d’Hillary Clinton qui est une sorte d’Obama en version plus cruelle.  Oui, c’est bien elle, cette Cruella d’Enfer qui veut devenir présidente, qui a lâché le morceau en trahissant ainsi les intentions que nous prêtions déjà aux seigneurs de ce monde qui ont écrit l’agenda radical libéral.  Et ça donne la chair de poule :

« Les codes culturels profondément enracinés, les croyances religieuses et les phobies structurelles doivent être modifiées.  Les gouvernements doivent utiliser leurs moyens et leurs ressources coercitives pour redéfinir les dogmes religieux traditionnels ».

Avez-vous compris où elle veut en venir ?  Mais après qui en a-t-elle ?  Les musulmans ?  Pas du tout, elle ne mettrait jamais les mains dans un tel guêpier.  Elle parle de l’Eglise de Rome qui, en Amérique, avec l’Eglise Pentecôtiste, est désormais la seule à résister à la dérive et à la prédominance totale de la Pensée Unique.

La guerre contre les mots

La révolution c’est la destruction d’un ordre existant et la déconstruction des fondements historiques et culturels sur lesquels un monde tout entier était bâti afin de construire un ordre « nouveau » basé sur la haine de quelque chose.  Cette haine est dans un premier temps appelée « amour » pour les égarés puis elle se fait désir de « bonheur » pour tous, un bonheur imposé par la loi et malheur à celui qui se sent triste et enfin, elle est finalement nommée « terreur ».

Kafka avait raison : chaque révolution s’évapore rapidement en laissant seulement derrière elle la vase d’une nouvelle bureaucratie.  Mais il était trop optimiste : il n’a pas eu la chance de subir de plein fouet le communisme soviétique.

Au début, les révolutions se présentent invariablement comme un devoir de « changer les mots », une guerre contre ces mots qui selon « l’esprit des temps » et la nouvelle « sensibilité » qu’elle inspire sont considérés « incorrects » : ceux-ci sont tout d’abord bannis puis abolis et enfin interdits – même s’il s’agit du véritable nom des choses – et on leur substitue des nouveaux mots « politiquement corrects ».

Lorsque certaines choses commencent à arriver, et notamment cette peur des mots, il s’agit d’un signal d’alarme qui devrait tout de suite nous faire réagir : un monde est sur le point d’être détruit pour laisser la place à un nouvel ordre révolutionnaire avec une violence implicite qui se fera bientôt explicite pour se mettre en place, lequel ordre sera ensuite remplacé par un régime qui, une fois l’esprit révolutionnaire évaporé, se transformera en une bureaucratie brutale de laquelle même les révolutionnaires de la première heure ne réchapperont pas.  Avant le grand effondrement général qui précipitera tout le monde dans une dernière danse avec la mort.

La révolution finit par dévorer ses propres enfants

demonMême si les scories radioactives de l’époque révolutionnaire restent latentes comme ces bactéries capables de défier en sommeil des siècles de glaciation dans l’attente de la chaleur qui les réveillera un jour, la nouvelle époque qui suivra la brève parenthèse révolutionnaire sera seulement une récupération du passé, une restauration partielle de ce qui était auparavant, avec tout au plus quelques adaptations.

Le cas de la Russie est particulièrement emblématique, par exemple.  Nous assistons aujourd’hui au tsarisme républicain de Poutine, le nouveau tsar élu de toutes les Russies, dans une paix des braves entre l’épée et la croix établie par la fureur du peuple et le plébiscite.  Tout cela se passe dans l’ex-Union Soviétique, c’est-à-dire dans ce pays qui était légalement athée et dans lequel la mort de Dieu et du Christianisme furent officiellement proclamées.

La Russie est le pays de l’avenir.  L’Occident est à l’agonie, l’ordre ancien est sur le point de rendre son dernier souffle ; certes, nous en sommes encore aux utopiques rêves de gloire où passent des « réformes raisonnables » mais aléatoires sur des sujets sans aucun lien apparent entre eux et inoffensifs en apparence alors qu’ils forment déjà la mèche qui fera sauter les feux d’artifices les uns derrière les autres jusqu’au bouquet final ; c’est la révolution qui n’ose pas encore dire son nom, qui se fait passer pour « une réforme pleine de compassion » et « constitutionnelle »,  c’est la phase du « Serment du Jeu de paume », la phase 1 de la révolution.  Mais la phase 2 de la révolution se profile déjà et elle déchaînera sa violence dissimulée par un légalisme autoritaire et des apparences démocratiques jusqu’à ce que, une fois tombé le masque du légalisme, elle ne donnera libre cours à une violence physique envers les non-alignés, non plus au nom de la « loi » mais en son nom à elle, unique source de loi.  Ensuite, commencera la phase 3, la mort et la transformation de la révolution en une nouvelle bureaucratie totalitaire dont la violence démente n’épargnera même pas les révolutionnaires de la première heure, également appelée « terreur » et enfin, la phase 4… jusqu’à la « restauration » partielle de l’ordre précédant la révolution sous les coups duquel périront les « terroristes » révolutionnaires.

Les gays ne sont que le pied-de-biche de la révolution

gayQue les gays ne se fassent pas d’illusions : ils ne sont que le pied-de-biche dont les révolutionnaires libéraux radicaux se servent pour défoncer la porte de toutes les églises et de toutes les nations parce que cette révolution, comme toutes les autres, se veut internationale et même davantage cette fois-ci : mondiale.  J’entends ici par « monde » l’Occident ainsi que l’appendice psychologiquement fragile des bastions occidentaux : l’Amérique Latine.

Une fois la porte enfoncée, a quoi le pied-de-biche pourrait-il encore servir ?  Les gays deviendront encombrants, ils devront s’aligner également et la Révolution, qui n’a ni mémoire ni reconnaissance, est cependant pleinement consciente de la charge subversive que le « sexe libre » charrie avec lui : le couperet de l’interdiction s’abattra sur eux et ils perdront non seulement le « mariage » et leurs « nouveaux droits » mais également leurs anciens droits et avec eux toute la licence sexuelle.  Toute révolution naît éthique, sentimentaliste et libérale radicale et meurt moraliste, implacable et réactionnaire.

N’est-ce pas ainsi que les choses se sont passées en URSS ? N’est-ce pas Lénine qui a inauguré la nouvelle direction « radicale » avec l’approbation de la sodomie, du divorce et du « sexe libre » ?  Et comment cette histoire s’est-elle terminée ?  Par le moralisme le plus tordu rendu encore plus menaçant par l’espionnage organisé et par la délation qui avait un central téléphonique dans chaque immeuble.  La révolution russe est née homophile et obsédée sexuelle et est morte homophobe et bigote… bien souvent en Sibérie où elle accompagnait volontiers ceux qui étaient affligés du « vice bourgeois », autrement dit la sodomie, pour autant toutefois qu’ils ne comptent pas parmi les puissants (on dit que même Brejnev la pratiquait) ; ou bien dans l’anonymat des cellules des prisons « du peuple », c’est-à-dire du KGB, dans un silence assourdissant, sanguinaire et mortel.  Si transeunt desideria mundi.

Mais interrompons pour le moment cette réflexion par un intermède consacré à l’actualité.  Nous la reprendrons ensuite par un échange de vues que j’ai eu récemment avec Vittorio Messori.

Zeitgest

Le sociologue Massimo Introvigne a déjà bien expliqué en quoi ce référendum n’a en fait servi qu’à décider du nom à donner à ces unions homosexuelles déjà approuvés par le parlement.  Il s’agit d’un coup de bluff qui a fait tomber les masques sur le parlement après l’avoir fait tomber sur la démocratie élective, désormais vidée de toute fièvre souverainiste, sur ces bureaucraties grises et autoréférentielles qui trouvent en elle-même la propre source de leur pouvoir de leur légitimité sine populo, autrement dit sur cette souveraineté populaire qui, partout en Occident, n’est désormais plus qu’une coquille vide puisqu’aussi bien les majorités que les oppositions gouvernent ensemble et partagent les mêmes points de vue.  Voici donc ce qu’écrit le sociologue turinois :

« Cependant, le message qui était en train de se répandre en Irlande, comme d’ailleurs il devrait se répandre en Italie confrontée à la loi Cirinnà, c’était que si le « oui » l’emportait, ce serait la porte ouverte aux adoptions et à la gestation pour autrui.  Et comme la majorité des électeurs irlandais était opposée à ces adoptions, toute personne convaincue de la vérité de cette thèse était un votant potentiel pour le « non ».  Le gouvernement irlandais – et les deux principaux partis politiques du pays – étaient favorables au « mariage » homosexuel au point d’exclure de leurs rangs ceux qui y étaient opposés.  Ils ont donc trouvé une méthode très simple pour être certains de remporter le référendum : faire passer en force au parlement l’adoption pour les couples homosexuels avant le référendum.  En un temps record, le gouvernement introduisit en janvier 2015 une loi autorisant aux couples homosexuels – mariés ou non – le plein droit à tout type d’adoption et la fit voter par la Chambre en février et par le Sénat en mars.  Ce texte de loi fut ensuite promulgué 6 avril 2015.  Voilà comment ils ont désamorcé le principal argument contre le « oui » au « mariage » homosexuel : « vous voulez voter non parce que vous n’êtes pas d’accord avec les adoptions ?  Mais ces adoptions existent déjà et continueront à exister quoi que vous votiez au référendum ». »

Voilà le premier élément mais il y en a un autre : celui de l’Eglise Irlandaise qui, consciente de ce qu’Introvigne explique ci-dessus, a déposé les armes.  Et cela aurait pu être compréhensible s’ils n’avaient en réalité combattu pour le camp adverse : seuls trois évêques tentèrent de livrer bataille dans ce pays malade moralement depuis longtemps mais ils furent immédiatement réduits au silence par la conférence épiscopale.

Et comme si cela ne suffisait pas, des pontes de l’évêché, à commencer par l’Archevêque de Dublin, le Primat d’Irlande, déclarèrent – attention les oreilles – qu’il fallait « dialoguer avec les jeuuuunes ».  Autrement dit, comme ils l’ont ensuite expliqué, qu’il faut « prendre acte » de la réalité, une autre façon de dire en substance « s’adapter à l’esprit du temps » (mais en ce qui concerne cette pensée « originale », ils avaient été précédés par ce décérébré de cardinal de Vienne qui l’avait déjà dit dans la cathédrale de Milan, comme l’a relevé le site PapalePapale il y a quelques mois).   L’esprit du temps, disent-ils, le célèbre Zeitgeist hégélien avec une touche de cette illusion marxiste qu’est le déterminisme historique qui se représente le passé comme un règne obscur perpétuant une erreur dont l’homme a cherché de s’affranchir et en même temps comme une source irrésistible de progrès qui se nourrit du dépassement permanent des leçons du passé et de leur archivage comme étant périmées.  Une marche vers les splendides destins et les progrès (vous avez déjà entendu cela quelque part, non ?) pour arriver finalement on ne sait où : la dernière fois, ce fut Hitler à l’Ouest et Staline à l’Est.  L’esprit du temps c’est l’esprit du monde mais « l’esprit du monde », comme le disait il me semble Gomez Davila, « n’est autre que Lucifer ».

John Waters, écrivain et chroniqueur irlandais

John Waters, écrivain et chroniqueur irlandais

John Water, un autre écrivain et journaliste irlandais, agnostique lui, a été banni de tous les journaux comme « anti-démocrate » (rendez-vous bien compte de combien la logique compte peu aujourd’hui) et a été même renié par sa femme qui l’a décrit comme un « dépressif qui s’ignore », donc comme un fou, uniquement par ce qu’il avait osé être anticonformiste en refusant de s’incliner en silence devant le Zeitgest, acceptant par-là de payer de sa personne son droit à la liberté d’expression et d’être marqué du sceau de l’infamie.  Voici ce que le quotidien politique italien Il Foglio dit de lui:

«  Pendant la campagne, il a dénoncé de façon plutôt explicite la timidité de l’Eglise catholique mais, au lendemain de la victoire du « oui », il n’a ne cherche pas de circonstances atténuantes et prétend que l’Eglise est “fucking useless”, foutrement inutile, “et n’hésitez pas à me citer”.  “Les évêques sont des lâches, ils n’ont pratiquement rien fait pour enrayer cette barbarie et les deux ou trois qui ont fait quelque chose ont été poignardés dans le dos par leurs supérieurs.  Il y a plusieurs semaines, j’avais supplié le Nonce apostolique en Irlande de demander au Saint-Siège de prendre position et rien ne s’est passé.”  Bien sûr, admet Walters, l’Eglise irlandaise a payé très cher le drame des abus du clergé autour desquels on a monté une campagne de dénigrement médiatique qui dépasse largement ce chapitre obscur, “mais ça ne doit pas être une raison pour se taire”.  “Les médias irlandais, conclut Walters, sont violemment hostiles à l’Eglise, ils veulent détruire tout ce en quoi elle croit mais les prêtres et évêques eux-mêmes cherchent à flatter et à plaire et ils ont peur de dire la vérité”. »

Souvenons-nous, on a dû me le raconter parce que je n’étais pas encore né, que dans les années 1960, on se moquait gentiment et parfois brutalement des militants catholiques parce qu’ils refusaient, tout au moins avant 1968, de se plier au Zeitgeist de cette époque marquée par le sceau de l’optimisme aveugle envers l’inexorabilité du « progrès technologique » qui allait résoudre tous les besoins et tous les conflits (après avoir, naturellement, fait évaporer Dieu) et dont le précurseur était, sans rire, l’Union Soviétique.  Le Zeitgeist, c’était était déjà à cette époque le marxisme soviétique dont on célébrait alors la « victoire » définitive sur l’histoire, peu avant que les intellectuels à la page et donc conformistes comme toujours ne s’amourachent de Cuba, puis de celle de la Chine jusqu’à ce que le Mur de Berlin ne s’effondre sous leur nez et ne mette un terme à leur idylle.  C’est ainsi qu’ils passèrent de l’idéologie rouge à l’idéologie verte avant de finir aujourd’hui avec l’idéologie arc-en-ciel tout comme, pendant la guerre, ils se laissèrent prendre par les fièvres « brunes » et « noires » : des conformistes comme ceux que l’on peut voir dans le film de Totò « Siamo uomini o caporali ? ».

Un entretien avec Vittorio Messori

Vittorio Messori, l'un des écrivains italiens les plus connus et les plus traduits au monde.  Auteur du célèbre "Discours sur la foi".

Vittorio Messori, l’un des écrivains italiens les plus connus et les plus traduits au monde. Il est notamment l’auteur du célèbre « Discours sur la foi ».

Mais par pitié, je ne souhaite pas me priver de précieuses heures consacrées au sommeil, à mes longues promenades péripatétiques dans Rome, à mes études solitaires qui se transformeront un jour en essais, aux bêtises sur Facebook, à la poésie que je cherche dans chaque chose pour raconter mes histoires ; je ne pas perdre davantage temps en m’appesantissant sur la situation de ce rognon extrait du corps obèse et flasque de l’Angleterre puritaine et corrompue – comme pour tout pays protestant qui se respecte – qu’est Irlande.  Il serait plus exact de parle du foie cirrhotique de l’Angleterre, si elle en avait encore un, même conservé dans de l’alcool.  Mais il fallait bien en dire quelque chose.

Une fois informé du résultat du référendum irlandais, j’ai envoyé un mail à Vittorio Messori et je lui ai écrit ceci, en lui envoyant le lien vers l’article sur John Waters :

« Il y a tout dans cet article, même quelque chose de l’idée que vous aviez abondamment répétée et qui a été largement sous-estimée que ces catholicismes impériaux et patriotiques se sont maintenu vaille que vaille en s’accrochant à l’idée de nationalité et à une certaine idée de la nation dans laquelle le nationalisme se confondait avec la foi.

En outre, ajoutais-je, le catholicisme irlandais n’est rien d’autre qu’un inlassable effort d’opposition à la domination politique anglaise et donc anglicane et à l’anglicanisme, non pas parce qu’il n’est pas romain mais parce qu’il est anglais, ils n’était donc qu’une résistance au barbare étranger, à l’envahisseur qui avait fini par ressembler au Mal absolu.  Ce conflit ayant nettement diminué en intensité, le catholicisme irlandais a lui aussi diminué en intensité.  Et puis surtout, les irlandais, qui sont des ivrognes et des obsédés sexuels impénitents (il suffit de penser à Kennedy) n’ont jamais vraiment été catholiques, ils sont toujours restés calvinistes et c’est cela qui a eu des conséquences dans ses instituts religieux et scolaires.  Ils sont restés des puritains de la pire espèce : hypocrites, bigots et obstinés, obsédés par l’idée même de leur vices endémiques,  l’alcool et le sexe en tête de la liste.

Pour le reste, le silence assourdissant de l’Eglise irlandaise pendant le référendum en dit long sur ces campagnes médiatiques sur les prêtres « pédophiles » qui n’ont en réalité pour objectif que de les condamner à une mort sociale, de détruire leurs défenses immunitaires et leur capacité de réaction, de les intimider par le complexe de la honte qui, par ailleurs, dans le cas irlandais, est parfaitement justifiée. »

Voici la réponse de Vittorio Messori :

« J’avais déjà, in tempore non suspecto, écrit qu’il fallait considérer avec méfiance ces « Pays très catholiques » que sont l’Espagne, la Pologne, l’Irlande et le Québec.  On pourrait également ajouter le Luxembourg à la liste puisqu’il est le premier pays au monde dont le premier ministre ait épousé un autre homme.  Il est un fait que je connais bien l’histoire et que je sais comment nous en sommes arrivés là.

En ce qui concerne l’Irlande, lorsque les premiers missionnaires (des bénédictins envoyés par Rome par Grégoire) arrivèrent, il n’y eut pas besoin de prêcher et encore moins de convaincre le peuple.  Le système socio-politique était basé sur une mosaïque immuable de clans dans lesquels le Chef était tout puissant.  Il a alors suffit de convaincre ceux qui étaient au sommet de la pyramide de se faire baptiser pour que tous les autres suivent comme un seul homme.  Les gens n’ont jamais été interpellés et presque pas catéchisés depuis tous ces siècles : baptême pour tous…

Prenons à présent les polonais, par exemple : très catholiques, vraiment ?  Bien entendu parce qu’il étaient coincés entre la Presse luthérienne et la Russie orthodoxe.  La religion avait tellement peu de choses à voir dans tout cela que ceux qui ont toujours été les plus fidèles à Napoléon furent précisément les volontaires de la légion polonaise, toujours prêts à saccager les églises et à chasser les religieux à travers toute l’Europe.  Tout cela au nom de la promesse que Napoléon leur avait faite d’octroyer un jour l’indépendance à la Pologne.

Sans parler de l’Espagne où on ne parle surtout pas de patrie mais d’Eglise car on pourrait en dire long, à commencer par l’histoire de cette Reconquista qui n’est rien d’autre qu’une légende à l’instar de notre Résistance italienne. »

Moi :

« J’écris rapidement un article pour mon site (il m’est désormais pénible d’interrompre mon travail sur mes essais pour traiter le quotidien plutôt que l’histoire…  d’autant plus que la victoire catholique ne se voit qu’au cœur de l’histoire, le présent étant une défaite permanente), j’écris, comme je le disais, un article sur l’Irlande, avez-vous d’autres choses à ajouter ? »

Messori :

« A bien y réfléchir, tu pourrais ajouter ceci, puisque tu cites le puritanisme et les obsessions sexuelles des irlandais et des calvinistes en général.  Les teutons à la Kasper et à la Luther n’ont pas compris que la formule qui a permis la durée et la grandeur de l’Eglise – et qui lui a permis de devenir véritablement catholique – se résume ainsi : ferme, voire intransigeante sur les principes mais tolérante et compréhensive pour l’homme concret.  Proclamer toujours et partout l’idéal sans jamais oublier les blessures qui nous rendent infirmes et souvent incapables de suivre la Vertu.  Seule la contradiction est humaine, la cohérence est toujours fondamentalement inhumaine et utopique. »

Moi :

« Il me semble que c’est ce que pense le Pape. »

Messori :

« En réalité, je ne sais pas si c’est ce qu’il pense, peut-être que non.  Et il est étonnant qu’un italo-sud-américain, jésuite de surcroît, c’est-à-dire formé au compromis, aux magouilles et aux petits arrangements ne l’ait pas compris.  Mais il est aussi possible qu’il l’ait en fait compris…  dans certains discours tout au moins , il préfère se rallier à cette vague déferlante de moralisme que la Pensée Unique s’est pourtant déjà appropriée avec toutes les hypocrisies que l’on sait. »

Moi :

« Le pape irait donc à la cueillette aux champignons dans un bois qui aurait déjà été ratissé par tous les bigots de la Pensée Unique Dominante.  Il ne chevauche pas la vague, il s’y assimile. »

Messori :

« Nous sommes tout de même dans une situation paradoxale.  Sur le site du journal La Repubblica, à côté de ceux qui se réjouissent des résultats du référendum irlandais se trouve l’homélie dominicale de Scalfari (le fondateur – socialiste –  du quotidien La Repubblica)  qui s’efforce de démontrer qu’il n’y aurait aujourd’hui aucun homme qui soit autant digne de confiance et qui ne constitue un meilleur modèle pour chacun que le pape.  Un panégyrique embarrassant.   Est-ce parce que le pape Bergoglio semble lui donner raison en lui disant « bon appétit » et « bonjour » ?  Pas du tout, le problème est plus complexe, comme dirait un vieux soixante-huitard. »

Moi :

« Mais nous vivons actuellement une révolution et le premier ennemi de la révolution, c’est l’Eglise : on peut soit l’attaquer soit l’amadouer. »

Messori :

« Sur ce point il faudrait en fait des livres entier.  Et j’en ai déjà écrit quelques-uns…  Tu dois garder à l’esprit que, dans l’histoire, il n’y a qu’une révolution qui ait connu un succès durable et croissant : la révolution sexuelle.  C’est un fait.  En clair, alors que toutes les autres révolutions ont fait appel à la vertu, la révolution sexuelle, elle, fait appel aux désirs qui ne tardent pas à se transformer en vice.  C’est pour cela qu’elle ne pouvait que gagner et qu’elle ira de triomphe en triomphe. »

Cet échange de vues avec Messori se conclut par une anecdote concernant la croix celtique des irlandais qui finalement, après tant d’hypothèses aussi mystiques les unes que les autres, ne semble en réalité ne symboliser rien d’autre que les instruments de navigation que ce peuple de pêcheurs utilisait pour s’aventurer en mer.  Beaucoup de bruit pour rien…

Raser le Bastion

manifJe sais pertinemment bien comment cela se terminera : je le sais mais je préfère ne pas y penser.  Pourtant je ne connais que trop bien l’histoire et ses constantes pour ne pas déjà l’imaginer.  Mais je sais surtout qui est le véritable ennemi de tous, celui dont on n’ose pas encore dévoiler le nom.  Je le sais.  Je connais le nom du Bastion en ruines contre lequel tous les canons seront finalement tous pointés pour le raser une fois pour toutes même si tous le décrivent comme socialement insignifiant – et lorsqu’on voit les catholiques et leur hiérarchie, c’est ainsi qu’il apparaît : insignifiant.  Et pourtant, c’est curieusement  bien contre cela qu’ils déchaînent leurs canonnades.  La question n’est plus « si » mais « quand ».  Quand donnera-t-on l’ordre final : « feu !».  Comment ça sera ?  En attendant, nous savons ce que c’est : un défi lancé à Dieu pour l’annihiler, une guerre totale contre son incarnation, le Christ et le christianisme, pour le disloquer et contre son épouse mystique, l’Eglise, pour la détruire.  Oui, c’est elle ce Bastion.  Voilà le dernier ennemi dont on n’ose pas encore dévoiler le nom.  C’est elle l’ennemi public numéro 1 de l’Occident.

Il suffit de jeter un œil sur n’importe quelle manifestation pour les « nouveaux droits », autrement dit sur le programme de l’agenda libéral radical, ou de regarder n’importe quelle gay pride où s’ébattent toute cette volaille de batterie livrée aux expérimentations idéologiques des seigneurs de ce monde : même lorsqu’elles se déroulent dans des pays protestants, les invectives des manifestants et les pancartes s’adressent toutes avec rancœur contre l’Eglise catholique et contre les papes parce qu’ils n’ont aucun pouvoir sur leurs vies et leurs consciences.  Prêtez-y un jour attention : tous les gourous de ces foules, mêmes lorsqu’il s’agit de célébrités du spectacle, ne font rien d’autre qu’exhiber les images les plus saintes et les plus vénérables pour les catholiques afin de les profaner et les submerger de sacrilèges, souvent de fluides corporels.  Pour contrarier qui ?

La pierre angulaire se fait pierre d’achoppement

Cependant, quelque chose fait encore obstacle à la marche triomphale de la Pensée Unique Dominante qui ne tolère aucune contradiction et cet obstacle est inacceptable pour l’establishment radical qui veut régner sans partage sur le monde en éliminant un à un chaque intermédiaire qui le sépare de nos vies et de nos consciences: ils veulent, dans l’ombre, contrôler notre corps, notre pensée, notre sexe, notre cerveau, notre cœur, notre ventre : directement !  Il s’agit par définition, selon les manuels de sciences politiques, d’un totalitarisme naissant, non pas d’un despotisme mais bien d’un totalitarisme.  Il s’agit bien d’annuler l’homme tel qu’il est pour créer un homme nouveau, un homme idéologique et fonctionnel aux yeux de la caste et du lobby de la pensée dominante, du Grand Despote Sans Visage ni Nom qui étend son ombre grise sur l’Occident tel un Moloch moderne.  Mais il y a un petit inconvénient qui lui fait perdre du temps…  une contrariété sur le long chemin de l’humanisme.

Cette pierre angulaire du Bastion, c’est sa doctrine qui n’a jamais été officiellement démentie.  Voilà la pierre d’achoppement des seigneurs de ce monde qui savent que tant qu’elle n’aura pas été déterrée, elle continuera à empêcher leur victoire définitive et qu’elle les fera trébucher parce qu’un pouvoir qui se veut universel et qui veut régner sans partage sur le monde se doit de rallier à sa cause toutes les opinions et tous les consensus sans aucune dissension.

Les dernières digues de l’Occident ont cédé les unes après les autres, à commencer par les différents mouvements protestants qui ont fini par se dissoudre dans l’acide de la religion civile et ont été réduits à une clique au service de la sécularisation, quand elle n’est pas à son avant-garde.  Le chemin triomphal qui conduit la Pensée Unique vers l’Olympe et le retour aux antiques dieux païens est malgré tout encore barré par celle unique pierre qu’ils ne peuvent pas tolérer, ce qui explique leur hargne qui écume et qui crache son venin : la doctrine catholique.  Car c’est bien cela que dénonce leur horrible contradiction, cette doctrine enracinée dans le sol qui leur rappelle en permanence combien leur révolte contre Dieu est vaine et vouée au désastre : c’est l’histoire elle-même qui le dit.  La vérité dérange, on veut l’enlever du chemin comme une pierre d’achoppement.

Le Grand Singe éternel

scimmiaCa ne les dérange pas tellement qu’il y ait une Eglise et un pape tant qu’ils restent où ils sont, ils ne s’en offusquent pas outre mesure pour autant qu’ils soient vidés de leur substance vitale comme ces oiseaus exotiques éviscérés et empaillés dans nos musées de sciences naturelles.  Ce qui les dérange, c’est le fait scandaleux que ces papes, cette Eglise et Rome préservent la pureté du Verbe à travers l’héritage de la foi : la doctrine et le magistère.  C’est le fait qu’ils ne faiblissent pas et n’acceptent pas de jeter tout cela à l’égout : tant qu’il y aura quelqu’un qui refusera de reconnaitre comme erronée ou à tout le moins comme dépassée une Vérité qui se veut absolue et éternelle, la vérité relative qu’ils veulent établir à sa place ne pourra jamais triompher complètement.

Rome résiste comme un bastion en ruine, elle résiste mystérieusement depuis des siècles avec les enfants les plus pauvres de l’Eglise et les catholiques de la dernière heure, les convertis : les catholiques africains, quelques asiatiques et les orientaux qui résistent à l’Islam au prix de leur vie.  Voilà le noyau dur qui renvoie la Pensée Unique à l’enfer.  Il résiste.  Il ne s’agit là que de quelques derniers irréductibles et non pas de l’Eglise, car « l’Eglise » a déjà été uniformisée en grande partie, mais d’une petite fraction, d’un noyau dur qui se dresse entre eux et leur intronisation à la place de Dieu détrôné.

« Dieu détrôné » : bip-bip-bip, alarme, alarme !  Il n’y a pas de fumée sans feu, voyez-vous.  Vous comprenez à présent que derrière tout cela c’est Lui, encore et toujours Lui qui se cache : l’Adversaire Antique qui veut devenir Dieu et qui, ne pouvant conquérir les cieux, veut que la terre l’adore au mépris du Dieu véritable ?  C’est le Grand Singe de Dieu et tout ce qu’il fait est révolte, simiesque précisément, contre ce qui a été créé par Dieu : qu’est-ce d’ailleurs que le « mariage gay » sinon l’imitation du simiesque et sacrilège du mariage sacramentel entre un homme et une femme ?

Les paroles du plus grand texte écrit par une femme dans toute l’histoire de l’Eglise semblent aujourd’hui emblématiques, pour ne pas dire prophétiques. Ces paroles, c’est Hildegarde de Bingen, mystique, voyante, prophétesse, théologienne, « alchimiste », herboriste, médecin… tout en somme, qui les a prononcées: « Et on en viendra un jour à interdire le mariage chrétien ».  Elle le disait il y a plus d’un millénaire en regardant, à l’horizon, les siècles à venir.  Nous ne tarderons pas à y arriver très vite en Europe puis dans le reste du monde.

L’ennemi du peuple : l’Eglise

La Remise des clés à Saint Pierre par Le Pérugin

La Remise des clés à Saint Pierre par Le Pérugin

Toute révolution doit détrôner et décapiter quelqu’un, un bouc émissaire, pour atteindre ensuite l’ennemi véritable de la révolution et du peuple lorsque l’on se sentira suffisamment fort, l’ennemi de toujours : le Dieu de Jésus Christ dans son incarnation terrestre, l’Eglise de Rome.  Pierre.

Avez-vous remarqué que les révolutions commencent toujours en « parlant d’autre chose » avant d’arriver invariablement à ce qui était leur secret bien gardé : éradiquer le catholicisme ?

La première révolution fut la révolution luthérienne.  Quelle était son but ?

La seconde révolution fut la révolution française et où en arriva-t-elle sinon à Napoléon qui finit même par enlever deux papes ?

La troisième révolution fut la révolution communiste.  Et contre qui s’éleva-t-elle dès le début en désignant la religion comme « l’opium du peuple » ?

La quatrième révolution enfin, la révolution sexuelle, la dernière, qui commença en 1968 et dont nous vivons actuellement le paroxysme jusqu’à l’extrême : au départ de la démolition de la figure chrétienne de la femme en exaltant le modèle opposé jusqu’au geste symbolique de la coupure symbolique du cordon ombilical avec l’avortement qui nie à la racine la nature même de la femme en dressant la mère contre le fils après avoir, avec le divorce, dressé l’homme contre la femme pour se conclure avec ce règlement de compte final qu’ils avaient en travers de la gorge depuis le début : ce qu’il reste de l’Eglise catholique contre laquelle tous doivent se dresser, l’Eglise contre le « peuple », le catholicisme contre « le droit ».  Quelques heures avant d’apparaitre au balcon, le cardinal Ratzinger l’avait analysé avec une précision chirurgicale et lui avait donné un nom « la Dictature du Relativisme ».  Il en ressentit d’ailleurs la violence et la puissance jusque dans sa chair à travers le martyre et les outrage quotidiens dont il fut victime.

Maintenant qu’approche la bataille décisive et finale de cette quadruple révolution qui vise à la déchristianisation totale qui en 2017 aura duré plus de 500 ans, ils n’ont aucune intention de perdre et n’hésiteront pas à employer toutes les armes à leur disposition : le Sud se remplit de musulmans au nom de cet « l’accueil » auquel l’Eglise en débandade collabore activement et sans discernement tandis que tombe au Nord le couperet d’un légalisme construit à leur image et à leur ressemblance.  Prise entre deux feux, Rome sera broyée à brève échéance et devra capituler.

Si, au Sud, s’abat la faux de Mahomet, au Nord, c’est le cliquetis des menottes que l’on entend.  Sous peu, l’unique crime international sera l’adhésion publique au catholicisme et cela convient parfaitement à la Pensée Unique Dominante et à son homme de main : l’Islam.  L’Occident ne sous-estime en rien sa capacité de dissoudre les jeunes musulmans dans la sécularisation : l’occidental sait très bien que l’islamisme n’est rien d’autre qu’un légalisme et non une foi et que les occidentaux sont les champions du légalisme agnostique.  Ils savent quelles ficelles il faudra tirer pour les neutraliser au besoin.  Il suffit pour commencer de les corrompre par ses vices et nul n’est plus réceptif aux vices occidentaux qu’un musulman.

Fiat !

papa-fiatTant que l’Eglise de Rome ne reniera pas ses principes moraux – ses dogmes comme dirait Clinton – de façon officielle et au plus haut niveau, ils ne pourront gravir ce dernier échelon qui les sépare du plus grand pouvoir absolu qui dépasse désormais les anciens clivages politiques puisque tous y adhèrent, à gauche comme à droite : il ne manque que le noyau dur de l’Eglise catholique.  Voilà pourquoi ils flattent autant le pape François : ils espèrent qu’il finira par lâcher ce « petit mot » assassin qu’ils attendent.  Et si cela ne dépendait que de Bergoglio, peut-être même qu’il le prononcerait – il est d’ailleurs déjà prononcée par tous ses grands électeurs – mais, malheureusement pour eux, derrière Bergoglio se trouvent Jésus et Marie.

Il n’attendent qu’un seul petit mot de Rome : « Fiat ! », comme pour dire « vous avez raison : c’est nous qui nous trompions ! ».  Ils rallient à leur cause les évêques et les cardinaux du monde entier les uns après les autres mais les évêques ne sont que des colonels à la périphérie de l’ex-empire catholique : ils veulent les généraux, ceux qui ont entre les mains cet héritage explosif et qui peuvent tout faire sauter dans les airs en tapant le mot de passe, en prononçant ce tout petit mot.  C’est une guerre d’usure pour atteindre le centre de la bataille : Rome.  Insignifiant, disent-ils.  C’est vrai.  Insignifiant pour l’opinion publique certes, pour les puissances sans doute !  Mais en son cœur elle conserve une force mystérieuse, une parole-clé capable d’ouvrir en grand la Porte des Lions derrière laquelle se trouve une autre clé, celle du Royaume.

Lucifer, puisque c’est de lui que nous parlons, offre dans le désert la gloire du monde à l’Eglise comme il l’avait jadis offerte à Jésus en échant d’un acte d’adoration, d’un « fiat ! ».  Mais Jésus a choisi la croix.  C’est le seul chemin pour l’Eglise.

Le grand Secret

Je souhaite révéler à l’Eglise un petit secret dans lequel je mets toute ma désillusion, mon cynisme et le réalisme politique que j’ai appris à l’école radicale durant mon long passé de militant de gauche et je vous le révèle en espérant que quelqu’un en fasse un trésor.

Eglise, sais-tu pourquoi ils te haïssent tant ?  Parce qu’ils savent que dans ton cœur, tu gardes les clés du royaume.

Eglise, sais-tu pourquoi ils veulent à tout prix te corrompre ou t’abattre ?  Parce qu’ils savent que sans ta permission ils ne pourront jamais s’emparer de ce trésor, de ces deux clés du royaume, l’une pour fermer le paradis et l’autre pour ouvrir les portes des enfer pour que les démons règnent sur le monde et soient adorés « comme des dieux ».

Eglise, sais-tu pourquoi les paroles que tu répètes et tes silences assourdissants les rendent de plus en plus nerveux ?  Parce qu’ils savent inconsciemment que le temps presse, que les gens risquent de se lasser et que toi seule peut prononcer ce fameux petit mot magique parce qu’en définitive, c’est à Pierre qu’a été donné le pouvoir de lier et de délier mais également parce, que grâce à la résistance d’une toute petite partie de ton corps saint, tu es le témoignage vivant des mots terribles qui font trembler les démons , « non prevalebunt » et que, si Pierre ne se résigne pas à faire ce geste d’adoration que le Christ lui-même refusa, tout sera bientôt perdu pour eux.  Certes, il y aura un chemin de croix et une crucifixion mais il ne s’agira que de rage et de vengeance désespérée devant l’annonce de la résurrection inscrite dans chaque goutte de sang versé par les chrétiens et non pas du sadisme des vainqueurs.

Et enfin, Eglise, sais-tu quel est le plus grand de tous les secrets qui les fait trembler à la seule idée que tu puisses t’en rendre compte ?  C’est résister, résister, et résister encore, envers et contre tout.  Parce que, paradoxalement et mystérieusement, c’est justement lorsque tu sembleras effleurer le fond du précipice creusé par tes ennemis de la Pensée Unique Dominante que tu ne seras qu’à un pas de la victoire.  Tout ce qu’ils espèrent, c’est un « fiat » de ta part, un seul acte d’adoration, un seul tout petit mot avant qu’il ne soit trop tard pour eux.  Une reconnaissance, voilà ce qu’ils veulent.  Sans ta reconnaissance, ils ne se calmeront pas, parce que qu’au fond de leur conscience est gravée la notion de « bien » qui se manifeste, corrompue et déformée, sous forme de haine anticatholique et de persécutions parce qu’il n’y a que comme cela qu’ils peuvent encore se convaincre que c’est toi qui te trompes, que ce qu’ils ont en tête n’est pas mal mais « bien ».  Il s’agit d’un mécanisme obsessionnel agressif de destruction : même eux, qui ont cédé à Satan, le seigneur de ce monde, ne sont pas irrémédiablement perdus.  Satan est en train de jouer le tout pour le tout et pour cela, il est même prêt à risquer ses fidèles ouvriers et ses bourreaux.

Eglise, voici ce grand secret, sache-le : Rome doit rester ferme dans son « Niet » à tout prix pour quelque temps encore.  Ensuite, elle aura gagné parce que les portes de l’enfer  n’auront point prévalu.  Toi, Rome, tu as déjà gagné mais tu ne le sais pas…

Cependant, elle aura été arrachée à grand prix, cette victoire, Seigneur, toi qui déplaces sans cesse les obstacles et qui fais de nous des nomades et des persécutés, des traitres et des martyrs, des apostats et des témoins de ta Vérité, des Pierre, des Judas et des Jean !

Mon cœur me susurre 2017, année centenaire de Fatima, 500è anniversaire de cette révolution ininterrompue contre Dieu et contre l’Eglise qui s’est propagée depuis Luther jusqu’à Obama en passant par Robespierre, Napoléon, Marx et Hitler.

Par Antonio Margheriti, d’après un article original en italien traduit et publié avec l’autorisation de l’auteur.

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