Je ne suis pas Charlie

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CET ARTICLE NE CONTIENT PAS D’IMAGES EN GUISE DE PROTESTATION CONTRE CEUX QUI UTILISENT LES IMAGES POUR LE BLASPHÈME ET DÉCHAÎNENT DANS LEUR SILLAGE UNE SPIRALE INFERNALE DE MORT ET DE DESTRUCTION.

D’après vous, qui a‑t-on assas­si­né l’au​tre jour ?  Des cari­ca­tu­ri­stes, me direz-vous.  Des des­si­na­teurs dont la sati­re repo­sait prin­ci­pa­le­ment sur le sacri­lè­ge, l’in​sul​te et l’ob​scé​ni​té dont ils abu­sa­ient pour pro­fa­ner tou­tes les divi­ni­tés et le nom même de Dieu qu’ils n’hé​si​ta​ient pas à met­tre en scè­ne dans des scè­nes por­no­gra­phi­ques.  Non, déso­lé mais je ne suis pas d’ac​cord : cela n’a plus rien à voir avec le jour­na­li­sme ni la liber­té d’ex​pres​sion et enco­re moins avec la sati­re : l’au​tre jour ce sont des por­no­cra­tes, des sacri­lè­ges et des pro­fa­na­teurs qui ont été mis à mort.  Des ser­vi­teurs du démon.  Et ce n’e​st pas de leurs corps désor­mais ina­ni­més que nous devrions nous préoc­cu­per mais pour leurs âmes qui, en l’é​tat des cho­ses, leur vau­dront de trou­ver gran­des ouver­tes pour eux les por­tes de l’en​fer.  Le bla­sphè­me et le sacri­lè­ge sont autant de pac­tes que nous signons avec Satan.  Les pac­tes avec le démon sont tous incer­tains et insi­dieux, signés avec l’or et scel­lés par le sang.  Un jour, il faut payer… de son âme, et donc de sa vie.

Ce n’e​st pas prêt de s’ar​rê​ter à Paris et ça ne fini­ra plus jamais, ni à Paris ni nul­le part ail­leurs dans cet­te vieil­le Europe décré­pi­te.  Nous n’en som­mes qu’au tout début.  Un scé­na­rio de guer­re, d’é​tat de siè­ge en France : voi­là du pain bénit pour nos gou­ver­nan­ts qui pour­ront direc­te­ment suspen­dre tou­tes les garan­ties con­sti­tu­tion­nel­les, créer des boucs émis­sai­res, met­tre la main si qui leur plai­ra et enfin assou­vir leurs vieil­les ven­gean­ces poli­ti­ques en tou­te impu­ni­té sous le man­tra de l’é​tat d’ur​gen​ce natio­na­le.  Même les cada­vres poli­ti­ques res­su­sci­tent, com­me le Président Hollande qui par une salu­tai­re pro­me­na­de mati­na­le à pied, défiant le destin le tor­se bom­bé sous le regard des camé­ras, a pu remon­ter des tré­fonds des son­da­ges d’o​pi​nion où il végé­tait pour en se poser com­me sau­veur de la patrie.

Tout cela est l’œu​vre des caricaturistes

Permettez-moi d’in​si​ster : ce scé­na­rio n’a pas été écrit par les ter­ro­ri­stes mais bien par ceux ont des­si­né ces cari­ca­tu­res, ceux qui ont offert un pré­tex­te (à vrai dire il ne s’a​git pas tant d’un pré­tex­te que d’un motif san­glant) en se moquant com­me de l’an qua­ran­te des inno­cen­ts qu’ils aura­ient pu entraî­ner dans leur sil­la­ge.  Et tout ça pour quoi, fina­le­ment ?  Uniquement pour sati­sfai­re cet égo mala­de que l’on retrou­ve si sou­vent chez les jour­na­li­stes.

Même quand quel​qu’un com­me Riccardo Rodelli, un avo­cat impli­qué dans la lut­te con­tre la con­struc­tion d’u​ne uni­ver­si­té isla­mi­que à Lecce, dans cet­te cité por­tuai­re qui ne tar­de­ra pas long­temps à deve­nir la pla­que tour­nan­te du ter­ro­ri­sme en Italie, affir­mait à juste titre : « ce n’e​st pas la fau­te de ceux qui ont des­si­né ces cari­ca­tu­res mais d’u​ne Europe qui se réfu­gie dans la sati­re par­ce qu’el​le est inca­pa­ble de don­ner des répon­ses cul­tu­rel­les, éco­no­mi­ques et poli­ti­ques.  Du pain et des jeux.  On ne rou­le pas bête­ment Allah dans la fan­ge, on le démon­te avec rai­son et sages­se ».

Ou bien avec la poli­ti­que… Mais avec Bruxelles, com­me l’a​vait pré­vu Mitterrand, la poli­ti­que dispa­raî­tra et une nou­vel­le caste de comp­ta­bles pren­dra leur pla­ce.

Nous oublions que d’au​tres scé­na­rios sem­bla­bles se sont déjà pro­dui­ts à Londres et à Madrid, d’ail​leurs qui s’en rap­pel­le enco­re ?  Dans un mois, nous com­men­ce­rons nous aus­si à oublier et ce qui s’e​st pas­sé à Paris sera vite balayé.  Pas seu­le­ment par­ce que tout le mon­de s’en moque mais par­ce que l’i​slam a été choi­si par de puis­san­ts lob­bies euro­péens qui lui ont ouvert grand les por­tes en tant qu’al​liés et agen­ts d’u​ne sécu­la­ri­sa­tion for­cée dont la pre­miè­re éta­pe con­si­stait à rem­pla­cer et à anéan­tir tou­te poche de rési­stan­ce ou de rémi­ni­scen­ce chré­tien­ne sur le vieux con­ti­nent.  L’Islam fait par­tie du pro­jet de déchri­stia­ni­sa­tion.  Sous peu, les fra­nçais et les ter­ro­ri­stes, les musul­mans et les laï­ques se tien­dront par la main au nom de leur union sacrée et de leur hai­ne com­mu­ne con­tre la croix du Christ, seul libé­ra­teur, seu­le Victime qui s’e​st sacri­fiée pour tous.

Quand les éminences grises européennes décidèrent d’in​ver​ser le cours de la bataille de Lépante

Il y a pre­sque tren­te ans, lors de la chu­te du com­mu­ni­sme, une série de con­fé­ren­ces inter­nes orga­ni­sées dans les loges maçon­ni­ques euro­péen­nes avait déci­dé qu’il fal­lait détri­co­ter ces liens sociaux qui main­te­na­ient les nations euro­péen­nes en des enti­tés socia­les com­pac­tes, auto­no­mes et iden­ti­tai­res : la chré­tien­té et la famil­le.  Le divor­ce n’y avait con­tri­bué que de façon insuf­fi­san­te.  Il fal­lait à pré­sent tout détrui­re pour qu’u​ne nou­vel­le « uni­té » entiè­re­ment basée sur la bureau­cra­tie et l’ar​gent, sur un nou­veaux paga­ni­sme de mas­se géré par des éli­tes et des lob­bies d’i​ni​tiés sans histoi­re et sans âme puis­se renaî­tre des cen­dres du chri­stia­ni­sme.

L’Europe devait deve­nir le no man’s land de ce nou­vel ordre de sages et d’in​dif​fé​ren​ts sous la féru­le d’il​lu​mi​nés avant-gardistes por­tés par leurs pro­pres con­vic­tions au nom d’in​té​rê​ts éco­no­mi­ques et idéo­lo­gi­ques, sans tenir comp­te du vote des citoyens des dif­fé­ren­ts éta­ts, désor­mais rédui­ts à des coquil­les vides. Elle devait se met­tre en mar­che vers le dog­me de la pen­sée uni­que per­ma­nen­te, arti­fi­ciel­le­ment ali­men­tée par les médias et le despo­ti­sme de lois « ano­ny­mes », approu­vées on ne sait où par on ne sait qui mais desti­nées à s’im​po​ser socia­le­ment un peu par­tout et à occul­ter le reste.

La mon­na­ie uni­que était alors le pied-de-biche qui devait ser­vir à for­cer la por­tes de tou­tes les cen­tres de com­man­de­ment natio­naux.  Mais com­ment y arri­ver ?  Par où com­men­cer ?  Simple : sup­pri­mons les fron­tiè­res, lais­sons l’Europe se fai­re enva­hir par l’en​ne​mi histo­ri­que de la chré­tien­té : les musul­mans, les étran­gers de tout gen­re et offrons-leur des droi­ts même supé­rieurs à ceux des citoyens d’o​ri​gi​ne.  Amalgamons tou­tes les reli­gions et salis­sons cet­te atmo­sphè­re chré­tien­ne, contaminons-la, transformons-la en un labo­ra­toi­re mul­tie­th­ni­que et multi-religieux par excel­len­ce.  Justifions tout cela par la loi du « vivre ensem­ble ».

Passons ensui­te à la désa­cra­li­sa­tion et à l’an​ni​hi​la​tion de la famil­le, ren­dons tou­te for­me d’ex​tra​va​gan​ce équi­va­len­te à elle, dési­gnons par ce nom n’im​por​te quel­le for­me d’u​nion humai­ne.  Séparons les hom­mes des fem­mes et les paren­ts de leurs enfan­ts.  Il faut créer l’Europe des soli­tu­des pour que cha­cun se retrou­ve seul face au vide du néant, pri­vé de liens.  Ce n’e​st que devant une tel­le abstrac­tion colos­sa­le et tri­ste à en mou­rir qu’ils seront pri­vés de repè­res et n’au​ront d’au​tre choix que de con­fier leurs vies et leurs con­scien­ces à cet ano­ny­me gou­ver­ne­ment trans­na­tio­nal.  Dans les espri­ts des euro­péens s’ef​fon​dre​ra alors l’ul​ti​me bastion qui s’in​ter​po​sait enco­re entre nous et le gou­ver­ne­ment glo­bal de la pen­sée uni­que : nous agis­sons en cela de con­cert avec les Etats-Unis.  A Bruxelles mour­ra l’Europe de tou­jours et c’e​st à Bruxelles qu’el​le renaî­tra.  Une Europe plai­san­te : liber­ti­ne et tota­li­tai­re.

Pornocrates, sacrilèges, blasphémateurs

Excusez-moi, mais il faut que je par­le, je ne peux pas me rete­nir plus long­temps sans souf­frir de cram­pes inte­sti­na­les : les jour­na­li­stes doi­vent ces­ser d’u​ti​li​ser leurs dieux et ceux des autres pour fai­re de la « sati­re »… de la sati­re de quoi au juste ?  Il ne s’a​git que d’ou​tra​ges et de sacri­lè­ges qui ont pour but d’of​fen​ser les sen­ti­men­ts les plus pro­fonds de popu­la­tions entiè­res.  A for­ce d’of​fen​ser les per­son­nes au plus pro­fond d’el​les​-mêmes, elle en fait res­sor­tir le côté le plus obscur et pri­mi­tif : le meur­tre.  C’est pour cela que le sacri­lè­ge, com­me la pro­fa­na­tion et le bla­sphè­me, sont les armes prin­ci­pa­les de Satan qui est d’ail​leurs décrit dans le rituel du Grand Exorcisme com­me « le père et l’au​teur du sacri­lè­ge et de l’ob​scé​ni​té ».

D’après, qui a été assas­si­né l’au​tre jour ?  Des cari­ca­tu­ri­stes, me répondez-vous. Des cari­ca­tu­ri­stes, me direz-vous.  Des des­si­na­teurs dont la sati­re repo­sait prin­ci­pa­le­ment sur le sacri­lè­ge, l’in​sul​te et l’ob​scé​ni​té dont ils abu­sa­ient pour pro­fa­ner tou­tes les divi­ni­tés et le nom même de Dieu qu’ils n’hé​si​ta​ient pas à met­tre en scè­ne dans des scè­nes por­no­gra­phi­ques.  Non, déso­lé mais je ne suis pas d’ac​cord : cela n’a plus rien à voir avec le jour­na­li­sme ni la liber­té d’ex​pres​sion et enco­re moins avec la sati­re : ce jour-là, ce sont des por­no­cra­tes, des sacri­lè­ges et des pro­fa­na­teurs qui ont été mis à mort.  Des ser­vi­teurs du démon.

Et ce n’e​st pas de leurs corps désor­mais ina­ni­més dont nous devrions nous préoc­cu­per mais de leurs âmes qui, en l’é​tat des cho­ses, leur vau­dront de trou­ver gran­des ouver­tes pour eux les por­tes de l’en​fer.  Le bla­sphè­me et le sacri­lè­ge sont autant de pac­tes que nous signons avec Satan.  Les pac­tes avec le démon sont tous incer­tains et insi­dieux, signés avec  l’or et scel­lés par le sang.  Un jour, il faut payer.

Paris est une ville islamique où la charia est en vigueur

Paris a abju­ré, elle a tour­né le dos au chri­stia­ni­sme, cra­ché sur ses sanc­tuai­res.

Personne, au regard des lois occi­den­ta­les mais éga­le­ment, si vous me le per­met­tez, dans une per­spec­ti­ve chré­tien­ne, n’a​vait le droit de les tuer.  Mais pour l’Islam, oui.  Quand j’é​tais à Paris, je me suis pro­me­né dans les rues de la capi­ta­le et j’ai vu dans les restau­ran­ts des tablées entiè­res de métis pères de famil­le et, à côté, sépa­ré­ment, de mères de famil­le voi­lées de noir de la tête aux pieds.  A ce moment-là, je me suis ren­du comp­te que je ne me trou­vais plus dans une capi­ta­le catho­li­que, qu’el​le n’é​tait même pas ex-catholique ni laï­que mais que j’é​tais dans une vil­le isla­mi­que.

L’islam s’e​st rapi­de­ment empa­ré, avec la béné­dic­tion de l’Europe, des prin­ci­pa­les capi­ta­les euro­péen­nes : Paris, Londres et bien­tôt Berlin.  Non seu­le­ment l’Europe n’e​st plus chré­tien­ne, non seu­le­ment elle n’e​st plus anti­chré­tien­ne mais elle est désor­mais deve­nue pars infi­de­lium : ter­re isla­mi­que dans laquel­le, para­do­xa­le­ment, c’e​st nous les chré­tiens qui som­mes deve­nus les infi­dè­les aux yeux des musul­mans et des laï­ques mais malheu­reu­se­ment pour eux, même ces laï­ques ne savent pas qu’ils fini­ront man­gés à la même sau­ce.

Dernièrement, le gou­ver­ne­ment d’Andalousie a annon­cé vou­loir réqui­si­tion­ner la cathé­dra­le de Cordoue pour la céder aux musul­mans. Quelques jours plus tard, à quel­ques kilo­mè­tres de distan­ce, ils ont pu entre­voir com­ment tout cela risquait de se ter­mi­ner. Pour ces mêmes laï­ques. Grand bien leur fas­se.

Quand la capi­ta­le est tom­bée, c’e​st tout le pays qui est con­quis et on ne peut plus retour­ner en arriè­re.  C’est avec eux et plus avec les catho­li­ques que la pen­sée libéral-radicales domi­nan­te en Europe devra régler ses comp­tes, et ce n’e​st que le début.  Si donc les capi­ta­les euro­péen­nes sont isla­mi­ques, si par voie de con­sé­quen­ce il faut con­si­dé­rer com­me isla­mi­ques les pays dont les capi­ta­les sont à majo­ri­té musul­ma­ne, il est clair, natu­rel et vrai­sem­bla­ble que sur ces mêmes ter­ri­toi­res s’ap​pli​que​ra la loi isla­mi­que qui pré­vaut sur tout code pénal et tou­te con­sti­tu­tion qui ne se réfè­re­rait pas à Allah et ne se récla­me­rait pas de lui.  Autant que nous com­men­cions à nous y habi­tuer.

Ou alors, révoltons-nous, mais com­ment ?  Il est trop tard : des mil­lions et des mil­lions de musul­mans sont là et, au con­trai­re de nous, ils cro­ient enco­re en leur faux dieu : s’ils s’en alla­ient, nos capi­ta­les sera­ient vidées.  Seule – com­me autre­fois dans l’hi​stoi​re – Marie peut nous sau­ver de cet­te impas­se et non le sacri­lè­ge envers Mahomet, pré­lu­de au sacri­lè­ge envers Dieu.

Mais le vrai pro­blè­me est tout autre, com­me me le disait récem­ment mon ami Alessandro Grasso : « En fait, le pro­blè­me ce n’e​st pas tel­le­ment que ceux qui se cachent der­riè­re la « sati­re » aient dépas­sé les bor­nes mais que dans l’Islam, il n’y ait pas de seuil mini­mal, on peut tou­jours descen­dre plus bas et donc, il est impé­ra­tif de réa­gir main­te­nant pour ne pas que demain, tou­te pen­sée non isla­mi­que ne devien­ne bla­sphé­ma­toi­re et qu’on ne puis­se détrui­re la vie de n’im​por​te qui sur base d’ac​cu​sa​tions infon­dées.   Si nous ne défen­dons pas les vrais bla­sphé­ma­teurs aujour​d’​hui, demain nous risquons, com­me au Pakistan, d’as​si​ster à un car­na­ge à un maria­ge chré­tien par­ce qu’un musul­man, peut-être un voi­sin envieux, avait inven­té qu’il aurait vu quel​qu’un fai­re des con­fet­tis avec un Coran pour fêter les jeu­nes mariés. »

Le fait est qu’il ne s’a​git pas d’un sim­ple risque mais bien d’un symp­tô­me natu­rel de l’i​sla​mi​sme popu­lai­re.  Dès qu’ils seront en nom­bre suf­fi­sant, c’e​st com­me cela que cela ter­mi­ne­ra et la fête sera finie même pour les ban­di­ts bobo-radicaux qui ont favo­ri­sé par tou­tes leurs lois leur afflux mas­sif en Europe : les pre­miè­res têtes qui tom­be­ront, par­ce qu’el​les appa­raî­tront com­me plus « dis­so­lues » que les autres aux yeux des isla­mi­stes, ce seront les leurs.

Ils veulent attenter au sacré et non pas défendre la liberté d’ex​pres​sion

C’est un fait cer­tain, ces cari­ca­tu­ri­stes ont scien­ti­fi­que­ment et en tou­te con­scien­ce déci­dé de pro­fa­ner les noms et les ima­ges les plus sain­tes et respec­ta­bles de tou­tes les reli­gions, y com­pris la reli­gion isla­mi­que.  L’Islam a réa­gi sur base du Coran.  Et alors ?  Ils éta­ient au cou­rant et mal­gré cela, ils ont osé : de quoi nous plaignons-nous ?

Faut-il, com­me en Italie, lais­ser la chaî­ne de télé­vi­sion « La 7 » paro­dier Dieu en tra­ve­sti cha­que semai­ne pen­dant des mois et des mois sans que per­son­ne ne réa­gis­se ?

En tou­te hon­nê­te­té, je n’ar​ri​ve pas à con­si­dé­rer ces cari­ca­tu­ri­stes com­me des mar­tyrs mais plu­tôt com­me des gens qui l’ont un peu cher­ché.  Qui les a for­cé à se moquer de Mahomet et d’Allah ?  Ils aura­ient pu s’en pas­ser et ils sera­ient enco­re vivan­ts.  La réa­li­té c’e​st qu’ils sont les dignes repré­sen­tan­ts de l’al​ter​na​ti​ve au fana­ti­sme isla­mi­ste : le fana­ti­sme radi­cal laï­que.

L’autre jour, j’é​cou​tais la radio en voi­tu­re, RADIO24 me semble-t-il, ou quel­que cho­se du gen­re.  À l’an​ten​ne, il me sem­blait enten­dre hur­ler à mort une meu­te de loups enco­re plus viru­len­ts que des fana­ti­ques isla­mi­stes.  L’objet de ces hau­ts cris était le mas­sa­cre des « sati­ri­stes » pari­siens.  Je ne com­pre­nais pas où était la sati­re qu’ils vou­la­ient défen­dre : la sati­re est le masque peu­reux et socia­le­ment accep­ta­ble de la hai­ne.  De la hai­ne à sens uni­que.

Si aujour​d’​hui, il y a bien quel­que cho­se de tout à fait admis et même de poli­ti­que­ment cor­rect en Italie, avant même les jour­naux et la télé­vi­sion, c’e​st ce trou­peau d’a​ni​ma​teurs radio tou­jours prê­ts à embras­ser la pre­miè­re opi­nion à la mode : sans aucun esprit cri­ti­que, ils res­sas­sent tou­jours béa­te­ment les mêmes idées reçues et ne dif­fu­sent que les musi­ques du der­nier chan­teur à la mode… du moment.  Pas un qui ne fas­se excep­tion, pas un qui ne soit affli­gé de ce syn­dro­me de tolé­ran­ti­sme qui leur fait débi­ter quan­ti­té de mots bateaux et de lieux com­muns pour expri­mer ce « sen­ti­ment com­mun » nébu­leux qui se fait par­fois pas­ser pour la voix du « bien com­mun ».  Dans cet océan de com­mu­ni­sme libé­ral, ces tolé­ran­ti­stes de stu­dio, donc, après avoir énon­cé ce qui était tolé­ra­ble et ce qui était into­lé­ra­ble, cla­ment à pré­sent leur « rai­son­na­ble » mise à l’in​dex de « l’in​to​lé​ra​ble », autre­ment dit de tou­te opi­nion qui sor­ti­rait de leur ligne droi­te.  Voilà l’in​sou​te​na​ble pesan­teur de la pen­sée « légè­re ».

C’est donc à l’an​ten​ne cet­te radio-là, Radio24, qu’​hur​lait avec les loups l’au​tre jour cet abru­ti d’Oliviero Toscani en disant : « Je n’en ai rien à fou­tre de la foi, des musul­mans, on doit pou­voir rire de tout, je m’en bran­le de Mahomet, je n’y crois pas, pour moi Mahomet n’e​xi​ste pas, rien n’e​xi​ste. »

Il est inu­ti­le de rap­pe­ler à cet abru­ti que Mahomet n’e​st pas Allah, qu’il n’e​st pas Dieu mais son pro­phè­te et donc qu’en tant qu’​hom​me il est cer­tain qu’il ait véri­ta­ble­ment exi­sté.  Quel est le rap­port avec le fait d’y croi­re ou pas, sauf à vou­loir affi­cher une igno­ran­ce plus cras­se enco­re que cel­le des ter­ro­ri­stes ?  Ignorons l’in​si​gni​fiant Toscani ou plu­tôt, signalons-le à l’un ou l’au​tre imam pour qu’il l’en​doc​tri​ne.  La réac­tion de l’a​ni​ma​teur a été bien plus inté­res­san­te lor​squ’il s’e​st mis à hur­ler : « Qu’est​-ce que c’e​st que ces con­ne­ries ?  Il faut le crier haut et fort que ce sont des porcs de mer­de, d’im​mon​des assas­sins, que nous devons rire de tout, se fou­tre de Dieu, encu­ler Mahomet, Allah… que nous vou­lons pou­voir publier des cari­ca­tu­res sacri­lè­ges con­tre n’im​por​te quel­le con­ne­rie et qu’on en a rien à fou­tre si c’e​st sacré pour quel​qu’un.  Nous vou­lons pein­dre Mahomet avec le cul à l’air, Dieu qui four­re avec sa bite qui il veut, tous en train de s’en​cu​ler…  Nous vou­lons être liiiii­bres ! ».

Qui par­le ?  C’est ain­si que le démon s’ex​pri​me dans les exor­ci­smes.  Et de tou­te maniè­re, ami ani­ma­teur, dans cet­te tota­le per­te de con­trô­le, dans cet­te sodo­mie géné­ra­li­sée, ta liber­té de lais­ser, au figu­ré, qui tu veux « encu­ler » qui il veut s’ar​rê​te pré­ci­sé­ment là où com­men­ce la liber­té du ter­ro­ri­ste de « se fai­re » qui il veut, au sens pro­pre.  Tout cho­se en ce mon­de, cha­que liber­té et cha­que anar­chi­sme com­por­te un risque et donc un prix à payer.  Il faut payer, mon ami… Il faut payer pour tout.

Voilà, vous avez com­pris la chan­son ?  Vous com­men­cez à entre­voir le véri­ta­ble objec­tif ?  Rien à voir avec la liber­té d’ex​pres​sion.  Dans cet Occident où celle-ci se réduit cha­que jour com­me une peau de cha­grin, elle est vite cen­su­rée lor​squ’il s’a​git de caté­go­ries pro­té­gées et illi­mi­tée dans tous les autres cas.

Interdite quand il s’a​git des vaches sacrées du poli­ti­que­ment cor­rect, pos­si­ble et sou­hai­ta­ble quand il s’a​git des parias du royau­me que sont tous les autres : tan­tôt les catho­li­ques uni­que­ment, tan­tôt les musul­mans ou ceux qui de temps en temps se retrou­vent cata­lo­gués com­me « fasci­stes » ou « raci­stes ».

La plu­part du temps, il ne s’a​git que de per­son­nes qui ne font qu’ex​pri​mer libre­ment une opi­nion, par­fois logi­que, sou­vent même bana­le mais qui ne cor­re­spond pas à la pen­sée uni­que.  Parfois même une sim­ple priè­re : à Paris, on a arrê­té des gens en rue par­ce qu’ils réci­ta­ient un rosai­re.

Un ami m’é​cri​vait en vites­se ceci :
Donc, si j’ai bien com­pris :
1) Monter une crè­che à l’é​co​le con­sti­tue une « offen­se » envers les immi­grés musul­mans ;
2) Insulter Mahomet et le Coran avec des cari­ca­tu­res, relè­ve de la « liber­té d’ex​pres​sion ».
Ceux d’en face sont peut-être des fous san­gui­nai­res mais sommes-nous sûrs d’a​voir nous-mêmes les idées bien en pla­ce ?

La satire c’e​st le masque de la haine, de la tyrannie, du nihilisme

On nous dit que « la sati­re » serait la seu­le à avoir droit à l’a​nar​chie en ce mon­de, la seu­le à pou­voir tout dire en se moquant de tout.  Parce qu’on dit que la sati­re serait née libre et bâtar­de, sans Dieu ni maî­tre.  Et par-dessus tout, qu’el​le ser­vi­rait à « rire ».

J’ai un point de vue dif­fé­rent au regard de l’hi​stoi​re : outre le fait qu’il n’y ait pas tou­jours de quoi rire et qu’on ne puis­se pas rire de tout, la sati­re ne susci­te pas le rire, elle ne sert pas à fai­re rire mais à démo­lir, elle ne pro­vo­que que des ric­tus sar­do­ni­ques qui n’ont rien à voir avec l’i​ro​nie : elle vise à détrui­re les per­son­nes et tout ce qu’il y a de plus sacré à leurs yeux.  La sati­re a sévi dans les momen­ts les plus vio­len­ts de notre histoi­re.  Elle a tou­jours été au ser­vi­ce du pou­voir domi­nant, des modes : avons-nous oublié les cari­ca­tu­res fasci­stes et nazis sur les juifs ?  C’étaient des des­sins bien fai­ts, amu­san­ts mais qui sti­mu­la­ient les instinc­ts les plus nau­séa­bonds et bestiaux enfouis au plus pro­fon­dé­ment du bas-ventre des lec­teurs.  Déjà à l’é​po​que on pre­nait pour cible la foi et les cou­tu­mes d’un peu­ple, le peu­ple hébreux.  Savez-vous com­ment s’e​st ache­vée l’hi​stoi​re « sati­ri­que » du per­son­na­ge de cari­ca­tu­re « Assalone Mordivò » ?  Par la solu­tion fina­le !

La sati­re c’e​st l’a​vant​-gar​de des régi­mes, elle est pré­sa­ge de mort et de rui­ne et il fau­drait la détrui­re pour le bien de l’hu​ma​ni​té, pour la salu­bri­té publi­que. Parce que la sati­re, avant tout, n’e​st qu’u​ne agres­sion qui n’o​se pas dire son nom.

C’est une arme non-conventionnelle de hau­te pré­ci­sion : on la décrit com­me un instru­ment d’ex​pres​sion inof­fen­sif mais la sati­re n’as pas été créée pour cela : elle a tou­jours été un instru­ment au mains du pou­voir, jadis sub­ver­si­ve et aujour​d’​hui gron­de­ment sourd du con­for­mi­sme de mas­se. Regardez com­ment a fini notre Beppe Grillo, regar­dez son visa­ge défor­mé par une hai­ne déva­sta­tri­ce, sans sou­ri­re ni iro­nie mais assoif­fé de ven­gean­ce et de destruc­tion com­me s’il por­tait en lui tou­tes les envies et tous les com­ple­xes du mon­de. Voilà ce qui reste de la sati­re quand elle tom­be le masque : un gro­gne­ment bestial.

Quand la sati­re oublie l’in​tel​li​gen​ce et tom­be dans la vul­ga­ri­té, elle n’e​st plus qu’u​ne for­me de fana­ti­sme dis­si­mu­lé : elle n’a pas l’in​ten​tion de rire du mon­de en le repré­sen­tant sens dessus-dessous mais bien de le ren­ver­ser, avec une volon­té de puis­san­ce, pour le domi­ner en détrui­sant ses adver­sai­res par des allu­sions calom­nieu­ses.  La sati­re est un instru­ment émi­nem­ment poli­ti­que qui n’a​gres​se pas seu­le­ment les idées mais éga­le­ment celui qui les con­vo­ie, son inti­mi­té, ses pen­sées les plus pro­fon­des, ses con­vic­tions les plus déli­ca­tes, ses pas­sions les plus hau­tes.  Elle vise les ima­ges les plus sain­tes et les plus véné­ra­bles pour l’hom​me et, dans un élan ico­no­cla­ste, les pro­fa­ne, les éra­di­que et les extir­pe avant de les pié­ti­ner à pieds join­ts avec une joie sadi­que.

C’est le sacré qu’ils visent au nom du « rien n’e​st sacré », tout ce qui est sacré aux yeux des autres peut et doit être pro­fa­né.  Ils jouent avec les cor­des les plus pro­fon­des de l’hom​me.

Tout ce qui est divin peut être pro­fa­né par­ce que tout est rela­tif, pensent-ils, tout sauf les ido­les de la pen­sée uni­que occi­den­ta­le domi­nan­te avec ses caté­go­ries pro­té­gées à la mode : est-il pos­si­ble de cari­ca­tu­rer « libre­ment » les gays, les noirs ou les juifs ? S’agit​-il de la nou­vel­le très sain­te tri­ni­té, des trois Marie de cet­te pen­sée libéro-radicale qui est deve­nue la pen­sée uni­que de l’Occident ?

Non, c’e​st impos­si­ble.  Par con­tre, c’e​st tout à fait pos­si­ble quand il s’a​git de tout ce qui est sacré pour les catho­li­ques et les musul­mans.  On peut se moquer de n’im​por​te quel dieu pour autant qu’il soit chré­tien ou au maxi­mum musul­man.  C’est un défi direc­te­ment lan­cé à Dieu au nom de l’é​cho spec­tral du nihi­li­sme qui remon­te en réson­nant de leur vide inté­rieur.

L’Islam n’e​st pas une Eglise, c’e​st une religion. Une religion sans intériorité.

Personne n’a com­pris la psy­cho­lo­gie de l’Islam mais je con­nais la dyna­mi­que de l’Islam reli­gieux.  Il n’y a qu’au Vatican et au siè­ge du Parti Démocrate qu’on croit qu’il exi­ste un Islam paci­fi­que et un Islam ter­ro­ri­ste, l’un extré­mi­ste et l’au​tre modé­ré. Moi qui con­nais l’Islam reli­gieux, je peux affir­mer que cet­te schi­zo­ph­ré­nie n’e​xi​ste pas au sein du peu­ple musul­man, elle peut exi­ster dans les sphè­res poli­ti­ques mais pas à la base reli­gieu­se : je sais en quoi con­si­ste le Coran et, au con­trai­re des susmen­tion­nés igno­ran­ts ou hypo­cri­tes, je sais que le con­cept de « paci­fi­que » ne figu­re pas dans ce livre (livre qui, entre autres, con­tient de nom­breu­ses con­tra­dic­tions).  Ces valeurs n’e​xi​stent qu’a​vec la « sou­mis­sion » de l’in​fi​dè​le com­me préa­la­ble.  Il s’a​git d’u​ne que­stion de pou­voir et non de justi­ce.  Quiconque n’e​st pas musul­man est infi­dè­le : les paro­les creu­ses des bien-pensants com­me « dia­lo­gue », « droi­ts humains », « non-violence » n’ont pas d’é​qui​va​lent dans le lan­ga­ge cora­ni­que ou n’ont qu’u​ne seu­le décli­nai­son : la fai­bles­se.  Mais sur­tout, croi­re qu’il puis­se exi­ster un Islam du dia­lo­gue, c’e​st fai­re pre­u­ve d’u​ne mécom­pré­hen­sion de la natu­re même de cet­te reli­gion qui ne fait qu’un avec la poli­ti­que.  C’est ne pas com­pren­dre que l’Islam n’e​st pas une égli­se et qu’il n’e​st qu’u​ne reli­gion.

On ne peut par­ler d’é​gli​se qu’à par­tir du moment où il exi­ste une hié­rar­chie pyra­mi­da­le qui éta­blit ce qui est ortho­do­xe et ce qui est hété­ro­do­xe ; ce qui est vrai et ce qui est faux, ce que l’on peut fai­re et ce que l’on ne peut pas fai­re.  On ne peut par­ler d’Eglise que lor​squ’il y a un chef de l’Eglise avec lequel il est pos­si­ble d’ou​vrir un dia­lo­gue mais il n’y a rien de tel dans l’Islam : la respon­sa­bi­li­té de défen­dre et de ven­ger sa pro­pre reli­gion repo­se indi­vi­duel­le­ment sur les épau­les de cha­que musul­man.

L’Islam n’a pas de chef, ni de théo­lo­gie, ni d’é​co​le théo­lo­gi­que ou exé­gé­ti­que et ne pour­rait pas en avoir : c’e​st une reli­gion du livre et le Coran ori­gi­nal se trou­ve aujour​d’​hui dans les cieux, dans les mains de Dieu, immua­ble, inin­ter­pré­ta­ble, impé­né­tra­ble, éva­po­ré avec son Prophète. On ne peut donc l’in​ter​pré​ter que lit­té­ra­le­ment.

Sans la média­tion d’u​ne égli­se, d’u​ne hié­rar­chie, à défaut d’u​ne struc­tu­re pyra­mi­da­le, d’u​ne éco­le de théo­lo­gie ou d’e​xé​gè​se et uni­que­ment sur base de la lit­té­ra­li­té cora­ni­que, il est clair que per­son­ne ne puis­se fai­re auto­ri­té pour se pré­va­loir d’u​ne autre inter­pré­ta­tion.  Au con­trai­re, l’in​ter​pré​ta​tion du Coran est dif­fu­se et indi­vi­duel­le.  Tout un cha­cun, cha­que musul­man, peut l’in​ter​pré​ter de la seu­le façon lici­te : lit­té­ra­le­ment, pla­te­ment, cha­que imam ayant sa pro­pre ver­sion, cha­cun étant son pro­pre gui­de suprê­me face à la let­tre du Coran, cha­cun était auto­ri­sé à en tirer les con­sé­quen­ces qu’il veut.  En con­sé­quen­ce, l’ex​tré​mi​sme, le fana­ti­sme, le ter­ro­ri­sme isla­mi­ste con­sti­tuent des don­nées inhé­ren­tes, intrin­sè­ques et impos­si­bles à éli­mi­ner de l’Islam.

Aujourd’hui, nous avons le pape du bon rama­dan et même le pape du « dia­lo­gue » avec les ter­ro­ri­stes mais en cela et en bien d’au​tres cho­ses, Bergoglio est un uto­pi­ste.  On ne peut dia­lo­guer qu’à par­tir du moment où l’on a en soi un esprit mis­sion­nai­re mais l’Islam n’en a tout sim­ple­ment pas : ce n’e​st pas pré­vu, aucun musul­man ne vien­dra jamais frap­per à votre por­te pour vous par­ler de la véri­té du Prophète et vous con­vain­cre de les rejoin­dre.

Tout com­me elle ne recon­naît pas l’a​po​sta​sie ni le man­que de foi, le con­cept de « con­ver­sion » lui est éga­le­ment étran­ger : l’Islam ne fait pas appel aux cer­veaux ni aux con­scien­ces par­ce qu’il s’a​git d’u​ne reli­gion sans inté­rio­ri­té, sans théo­lo­gie, sans logos, sans spé­cu­la­tion, les sen­ti­men­ts n’y ont aucu­ne recon­nais­san­ce : Allah est là-haut dans le ciel, c’e​st « clair com­me le soleil », de quoi faudrait-il discu­ter ? Seul un fou pour­rait met­tre en dou­te le soleil que nous voyons tous, seul un autre fou pour­rait se met­tre à démon­trer l’e​xi​sten​ce du soleil, seu­le une ban­de de fous reste­ra­ient à les écou­ter.

L’Islam ne vise pas le cœur, il vise la tête, le cou : il vise de façon oppres­san­te à fai­re bais­ser les têtes en signe de sou­mis­sion ou à les tran­cher par l’é​pée pour les fai­re rou­ler en cas de refus de se sou­met­tre.  Il n’y a pas de voie moyen­ne.  Il n’y a rien à discu­ter sur Allah, rien qui puis­se con­vain­cre l’in​fi​dè​le, l’Islam ne fait pas de pro­sé­ly­ti­sme, il n’y accor­de aucu­ne impor­tan­ce par­ce que c’e​st le poli­ti­que qui dic­te la foi et vice-versa.

Comme l’Islam n’a pas de chef, cha­que musul­man por­te en lui la respon­sa­bi­li­té du man­dat d’Allah et ce man­dat pré­voit l’ho​mi​ci​de pour le sacri­lè­ge et le pro­fa­na­teur d’Allah et de son Prophète.  C’est com­me ça.  Le musul­man pos­sè­de ce man­dat divin qu’il a par­tout le devoir d’e​xé​cu​ter lui-même quel que soit le pays et le systè­me con­sti­tu­tion­nel ou judi­ciai­re : c’e​st un man­dat per­son­nel.  Mais en fin de comp­te, l’ho​mi​ci​de n’e​st pas le pire châ­ti­ment : la plu­part des systè­mes judi­ciai­res ne prévoient-ils pas la pei­ne capi­ta­le ?

L’Islam est sur­tout un ensem­ble de règles qu’il faut accep­ter et pra­ti­quer lit­té­ra­le­ment sans uti­li­ser sa con­scien­ce, il s’a​git donc d’un léga­li­sme : c’e​st pour cela qu’il est faci­le de mou­rir à cau­se de l’i​sla​mi​sme.  Tu as offen­sé Allah ?  Le Coran dit « à mort ! ».  Le musul­man qui a lu cela va, sans fai­re dans le détail ni peser le pour et le con­tre, cher­cher une arme et vien­dra vous cher­cher pour vous tuer.  En échan­ge, le para­dis lui sera garan­ti.  Stop.  Automatismes.

Laïques ou islamistes, pour moi ils se ressemblent. Ils ont un ennemi commun : la Croix

Les cari­ca­tu­ri­stes sava­ient.  Je devrais à pré­sent m’en attri­ster et dire que « Je suis Charlie ».  Pas que­stion !  Je suis moi-même, catho­li­que apo­sto­li­que romain.  Que cha­cun se lamen­te sur ses pro­pres pro­blè­mes.  J’irais même jusqu’à dire « bien fait pour eux » si je n’é​tais pas chré­tien.  Mais je choi­sis le silen­ce.  Ce silen­ce indif­fé­rent et tel­le­ment com­pli­ce que nous adop­tons aus­si face aux mas­sa­cres quo­ti­diens de chré­tiens en Afrique et en Orient per­pé­trés par des mains musul­ma­nes pen­dant je peux pre­sque sen­tir le reflux aci­de qui remon­te des tri­pes de tous ces euro­péens qui con­tem­plent pas­si­ve­ment de leurs fau­teuils le spec­ta­cle de ce géno­ci­de : « bien fait pour ces porcs de chré­tiens !».  En cela, je n’ar​ri​ve sin­cè­re­ment pas à voir la dif­fé­ren­ce d’at​ti​tu​de qui exi­ste­rait entre les ter­ro­ri­stes isla­mi­stes et les laï­ci­stes euro­péens : pour moi, ils se res­sem­blent.  Caricaturistes inclus.  Dans les deux cas, ils sont au ser­vi­ce du même Patron : celui qui a défié la croix.

Cela ne signi­fie nul­le­ment qu’ils « aura­ient méri­té » de mou­rir ni de cet­te façon ni d’au​cu​ne autre façon.  En tant que chré­tiens, nous espé­rons tou­jours et nous prions pour que même le plus féro­ce per­sé­cu­teur puis­se être tou­ché par la Grâce et se récon­ci­lier avec Dieu.

Les « réac­tions » média­ti­ques qui sui­vi­rent furent une véri­ta­ble foi­re du poli­ti­que­ment cor­rect.  Dans une semai­ne, ils auront tous oublié et tous se remet­tront à récla­mer « moins d’é​gli​ses et plus de mosquées », y com­pris les jour­na­li­stes sati­ri­ques.

Disons que dans cet­te tra­gé­die – pour para­ph­ra­ser un ami – je suis con­tent d’as​si​ster à la dérou­te des gau­chi­stes qui ne savent plus très bien s’il faut se mobi­li­ser du côté de la liber­té d’ex​pres​sion/laïcité ou de l’Islam.  Dans le dou­te, il est tout à fait pos­si­ble qu’ils s’en pren­nent aux catho­li­ques… et ils ont d’ail​leurs déjà com­men­cé.

« Mais sachez bien que le chœur des indi­gnés ne pro­te­ste pas par­ce que des per­son­nes ont été tuées mais par­ce que le pro­phè­te du dieu païen du moment, la « liber­té de la pres­se » a été mena­cé. »

Comme con­cluait sage­ment Don Andrea Manzone, un bra­ve jeu­ne prê­tre per­du dans les mon­ta­gnes des Abruzzes, récem­ment ordon­né par l’Archevêque Forte et que j’ai ren­con­tré avec plai­sir sous mon toit :

Ce dia­ble de Diable nous a joué l’un de ses vilains tours : il a encou­ra­gé un grou­pe de des­si­na­teurs à publier des cari­ca­tu­res obscè­nes et bla­sphé­ma­toi­res con­tre tout et tous, il a pous­sé un grou­pe d’a​gi​tés à les tuer, il a divi­sé un mon­de qui n’a plus les idées clai­res et qui ne trou­ve plus les mots justes pour se met­tre d’ac​cord sur ce qui se pas­se, il a mis tout le mon­de con­tre tout le mon­de. C’est tou­jours lui, le Séparateur, qui nous a enco­re une fois joué un tour. La batail­le est donc méta­phy­si­que. »

En ce qui me con­cer­ne, debout, silen­cieux et impas­si­ble, je con­tem­ple pre­sque avec indif­fé­ren­ce les cada­vres de ceux qui ont déchaî­né tout cela.  Aussi bien les cari­ca­tu­ri­stes bla­sphé­ma­teurs que les isla­mi­stes ter­ro­ri­stes.  Ils ont récol­té ce qu’ils ont semé, tous autant qu’ils sont .  La Mort.

Et mal­gré tout, une priè­re me vient aux lèvres : « Seigneur, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.  Ni ce qu’ils disent.  Ni ce qu’ils des­si­nent. »

Par Antonio Margheriti, d’a​près un arti­cle ori­gi­nal en ita­lien tra­duit et publié avec l'au​to​ri​sa​tion de l’au​teur.

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