L’eurodictature du gender : Le Cardinal Müller et les « Enracinés » se mobilisent à Rome contre l’idéologie européenne

Le 17 juin der­nier, la sal­le de con­fé­ren­ce de la Chambre des dépu­tés à Rome a accueil­li un col­lo­que orga­ni­sé par la tou­te nou­vel­le asso­cia­tion catho­li­que ita­lien­ne « I RadicaTi dal dirit­to natu­ra­le alla leg­ge » sur le thè­me « Diktateurogender : raci­nes chré­tien­nes, liber­té reli­gieu­se & édu­ca­ti­ve en péril dans l’UE », mar­qué par l'intervention du car­di­nal Gerhard Müller, qui n’a pas caché son oppo­si­tion à l'idéologie du gen­re.

À l’initiative de son pré­si­dent, l'avocat Luigi Trisolino, et avec le sou­tien du dépu­té Massimo Milani (Fratelli d'Italia), l'association « I RadicaTi » tire la son­net­te d’alarme sur les der­niè­re évo­lu­tions légi­sla­ti­ves au sein de l’Union euro­péen­ne, qu’ils con­si­dè­rent com­me une mena­ce direc­te pour les raci­nes chré­tien­nes et les liber­tés fon­da­men­ta­les.

Le cheval de Troie de l’« eurogender »

Au cœur des déba­ts : la récen­te modi­fi­ca­tion par le Parlement euro­péen de la Directive de 2012 sur la pro­tec­tion des vic­ti­mes de cri­mes. Pour Luigi Trisolino, cet­te réfor­me est un « dik­tat euro­gen­der » impo­sé par une « dic­ta­tu­re qui déri­ve du poli­ti­que­ment cor­rect vers l’eurojuridiquement cor­rect ».

Le pré­si­dent des RadicaTi dénon­ce une manœu­vre visant à intro­dui­re, via une régle­men­ta­tion euro­péen­ne, des con­cep­ts tels que « l’identité de gen­re », mais aus­si l’accès à l’« avor­te­ment sûr » pour les vic­ti­mes de vio­len­ces sexuel­les. Selon lui, il s'agit « de la même idéo­lo­gie du gen­der qui neu­tra­li­se, rela­ti­vi­se et vise à fai­re dispa­raî­tre les iden­ti­tés cul­tu­rel­les, les raci­nes et les rôles des sexes bio­lo­gi­ques natu­rels mascu­lin et fémi­nin ».

Trisolino voit dans ce tex­te une ten­ta­ti­ve détour­née de fai­re pas­ser en droit euro­péen ce que le pro­jet de loi « Zan » n’avait pu obte­nir en Italie en 2021. Le pro­jet de loi Zan était une pro­po­si­tion légi­sla­ti­ve ita­lien­ne con­tro­ver­sée visant à sanc­tion­ner les cri­mes de hai­ne basés sur l’orientation sexuel­le et l’identité de gen­re, mais vive­ment cri­ti­quée par les con­ser­va­teurs pour ses risques de cen­su­re de la liber­té d’expression et d'introduction de l'idéologie du gen­re dans les pro­gram­mes édu­ca­tifs desti­nés aux enfan­ts. « Les répon­ses péna­les doi­vent cer­tes être dis­sua­si­ves con­tre tou­te for­me d’haine, mais nous ne pou­vons pas fai­re entrer par la fenê­tre euro­péen­ne ce que les radi­caux de gau­che n’ont pas réus­si à fai­re entrer par la por­te en Italie ».

La mise en garde du Cardinal Müller

Invité d’honneur, le car­di­nal Gerhard Müller a pré­sen­té son ana­ly­se de la déri­ve idéo­lo­gi­que de l'UE. Pour le haut pré­lat, l’Europe actuel­le sem­ble délais­ser les enjeux géo­po­li­ti­ques pour se con­sa­crer à l’exportation de théo­ries radi­ca­les de gau­che.

« La ban­die­ra arco­ba­le­no est deve­nue un fetic­cio dinan­zi al qua­le tut­ti i cit­ta­di­ni dell’UE devo­no ingi­noc­chiar­si » (Le dra­peau arc-en-ciel est deve­nu un féti­che devant lequel tous les citoyens de l'UE doi­vent s’agenouiller), a décla­ré le car­di­nal, déno­nçant un « rela­ti­vi­sme moral » et un « tota­li­ta­ri­sme de gen­re » aux accen­ts néo­mar­xi­stes.

Interrogé sur le rôle de la scien­ce, sou­vent instru­men­ta­li­sée pour justi­fier ces chan­ge­men­ts socié­taux, le car­di­nal a rap­pe­lé une distinc­tion néces­sai­re : « La scien­ce qui ampli­fie la con­scien­ce de notre natu­re et de l'histoire […] est plei­ne­ment recon­nue et pro­mue par les chré­tiens. Nous reje­tons en revan­che le scien­ti­sme, en tant qu’instance idéologico-politique par­ce qu’il réduit l’homme à une sim­ple fonc­tion et détruit sa digni­té de per­son­ne capa­ble de pen­ser de maniè­re auto­no­me et de déci­der libre­ment ».

« Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen »

L’intervention a cul­mi­né avec une cri­ti­que fron­ta­le de la pré­si­den­te de la Commission euro­péen­ne, Ursula von der Leyen, déclen­chant les applau­dis­se­men­ts de la sal­le : « Non ho biso­gno del­la signo­ra von der Leyen per sape­re ciò che io devo pen­sa­re » (Je n'ai pas besoin de Mme von der Leyen pour savoir ce que je dois pen­ser).

De son côté, le dépu­té Massimo Milani a rap­pe­lé la dimen­sion socia­le et com­mu­nau­tai­re du catho­li­ci­sme face à l'individualisme radi­cal de la pen­sée domi­nan­te qui imprè­gne, selon lui, ces nou­veaux tex­tes légi­sla­tifs.

Pour les RadicaTi, le com­bat ne fait que com­men­cer. Luigi Trisolino a con­clu la con­fé­ren­ce en réaf­fir­mant leur volon­té de défen­dre les « valeurs non négo­cia­bles », tout en for­mu­lant l'espoir de voir les raci­nes chré­tien­nes de l'Europe un jour expli­ci­te­ment recon­nues dans les trai­tés de l'Union.

Un posi­tion­ne­ment assu­mé, mal­gré la con­scien­ce que « la pen­sée uni­que pro­gres­si­ste et mon­dia­li­ste » vou­drait nous fai­re asseoir du côté de ceux qui ont tort. Nous en serons hono­rés », a‑t-il con­clu.

 

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