Parolin refroidit les illusions, entre Rome et Pékin, la route est encore longue

Le premier ministre Xi Jinping a brillé par sa présence pour la toute première fois au Forum économique de Davos.

Le Cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’Etat du Vatican avait lui aussi fait le déplacement, tout comme le vice-directeur du « Wall Street Journal », Matt Muray, qui a saisi l’occasion d’interroger ce dernier sur les rapports entre le Saint-Siège et la Chine.

Voici la vidéo de trois minutes de l’interview.

> Le Vatican espère un réchauffement des relations avec la Chine

Il ressort des déclaration du Cardinal Parolin qu’une normalisation des rapports entre Rome et Pékin « n’est pas facile » et qu’il « faut beaucoup de patience et de persévérance ».

Mais au-delà d’une « normalisation » des rapports, selon le Cardinal – « l’objectif principal du Saint-Siège » c’est de « trouver un modus vivendi normal pour l’Eglise catholique ».

Ceci parce que – a-t-il expliqué – en Chine « il y a deux Eglises », l’Eglise « officielle » et ce que l’on appelle l’Eglise « souterraine ».  Alors que pour la première, « le problème c’est la communion avec le Saint-Siège, la communion avec le Pape », la seconde a surtout soif « d’être reconnue » afin de pouvoir « vivre au grand jour et professer librement la foi ».

Des objectifs qui nécessitent tous deux « un long chemin » a conclu Parolin « parce que nous traînons derrière nous une histoire très très très difficile ».

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POST SCRIPTUM – Dans une interview qu’il a accordée à « El País » le 200 janvier, le pape François a fait des déclarations qui ne coïncident qu’en partie avec celles du cardinal Parolin:

« Il y a une commission qui travaille actuellement avec la Chine et qui se réunit tous les trois mois, une fois ici et une autre à Pékin.  Il y a beaucoup de dialogue avec la Chine.  La Chine a toujours un aura de mystère qui est fascinant…  Aller en Chine?  Quand ils m’inviteront.  La balle est dans leur camp.  Quoi qu’il en soit, en Chine les églises sont pleines.  Il est tout à fait possible de pratiquer sa religion en Chine ».

Cependant, dire que la pratique de la religion en Chine se déroule aussi pacifiquement, c’est aller à l’encontre du jugement du cardinal Secrétaire d’Etat pour lequel « vivre ouvertement et professer ouvertement sa foi » n’est pas un acquit mais un objectif lointain et difficile

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.