Le nouveau président de la CEI va arriver. Les évêques votent, le pape choisit

A partir d’aujourd’hui lundi 22 mai, la conférence épiscopale italienne est réunie en assemblée générale pour élire une terna de candidats à la présidence afin de remplacer le cardinal Angelo Bagnasco arrivé en fin de mandat.  Mais quoi qu’il en soit, c’est le pape qui prendra la décision finale.

C’est-ce que stipule l’article 26 de ses statuts mis à jour en 2014:

« Etant donné les liens particuliers entre l’Episcopat d’Italie et le Pape, évêque de Rome, la nomination du Président de la Conférence est réservé au Saint-Père sur proposition de l’Assemblée Générale qui élit, à la majorité absolue, une terna d’évêques diocésains ».

Depuis toujours, les présidents de la CEI ont été nommé par le pape.  Il en va de même pour le secrétaire général.

En 1984, les évêques avaient voté à une large majorité pour abandonner cette tradition et pour pouvoir élire eux-mêmes le président et le secrétaire mais Jean-Paul II avait refusé une telle innovation.

A peine élu pape, François avait à nouveau demandé aux évêques italien d’examiner cette question.  Mais cette fois, il émirent un avis contraire à la première fois.  Ils confièrent la nomination au pape en ne se réservant que le droit d’établir une liste de trois candidats à la présidence, restant entendu que le pape pourrait faire son choix même en-dehors de cette terna.

Parmi les noms des candidats potentiels qui ont circulé les mois derniers, on retrouve ceux de Franco Giulio Brambilla, l’évêque de Novara, du cardinal Gualtiero Bassetti, l’archevêque de Pérouse et de Vincenzo Bertolone, l’archevêque de Catanzaro.

Depuis peu, une candidature est venue s’y ajouter et  elle aurait, aux dires de certains, les faveurs du pape François: celle de Filippo Santoro, l’archevêque de Tarente.

Jorge Mario Bergoglio le connaît de près depuis longtemps.  Avant d’être appelé en Italie en 2011, Santoro a vécu 27 ans au Brésil, d’abord comme missionnaire « fidei donum » puis comme évêque auxiliaire de Rio de Janeiro et enfin comme évêque de Petrópolis.  Et en 2007 à Aparecida, il a travaillé avec Jorge Bergoglio à l’élaboration du document que le pape actuel considère comme un programme valide non seulement pour l’Eglise latino-américaine mais pour l’Eglise universelle.

Santoro fait en outre partie du mouvement Communion et Libération et plus précisément de la franche du mouvement qui est la plus proche de Jorge Bergoglio déjà bien avant qu’il soit élu pape, celle qui est particulièrement active dans « Vatican Insider », leur principal instrument médiatique, et qui compte parmi ses membres les plus actifs Andrea Tornielli, Lucio Brunelli, Stefania Falasca, Gianni Valente, Massimo Borghesi et Alver Metalli.

Il est donc possible que, tenant compte de cette préférence de François, les évêques de la CEI – dont un tiers ont été nommés par lui – fassent figurer Santoro dans la terna des candidats à proposer au pape pour la nomination du nouveau président.

On verra au cours des prochains jours qui seront les favoris, au cours de trois tours de scrutins.  En règle générale, la CEI ne publie pas les résultats détaillés des votes même si ces informations seraient utiles pour mieux comprendre la façon dont les élections se déroulent dans un organisme « sui generis ».

Voici, par exemple, comment se sont déroulées les scrutins de ces dernières années pour la nomination des vice-présidents et des délégués au synode.

Ces données sont publiées pour la première fois, par ordre chronologique à partir des plus récentes.

*

Mai 2015, Assemblée générale de la CEI
Election du vice-président pour l’Italie du Nord

Premier tour (électeurs 221, votes valides 214, bulletins nuls 4, blancs 3):

Brambilla 43
Lambiasi 29
Moraglia 24
Monari 21
Ambrosio 15
Radaelli 15
Mazzocato 12

Second tour (électeurs 221, votes valides 219, bulletins nuls 2):

Brambilla 98
Lambiasi 53
Moraglia 22
Monari 20

Ballottage (électeurs 201, votes valides 199, bulletins blancs 2):

Brambilla 115
Lambiasi 84

Elu: Franco Giulio Brambilla, évêque de Novara.

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Mai 2015, Assemblée générale de la CEI
Election de 4 membres et de 2 suppléants pour le Synode sur la famille
(N.B. Les trois candidats à la présidence de la CEI seront choisis de la même façon dans les prochains jours).

Election du premier membre

Premier tour (électeurs 186, votes valides 179, bulletins blancs 2, nuls 5):

Bagnasco 33
Scola 21
Pascarella 13
Solmi 12
Fragnelli 11
Brambilla 9
Galantino 7
Menichelli 7
Negri 7
Caffarra 6

Second tour (électeurs 202, votes valides 200, bulletins blancs 1, nuls 1):

Bagnasco 92
Scola 26
Pascarella 13
Galantino 9
Solmi 9
Brambilla 7
Monari 7

Ballottage (électeurs 202, votes valides 195, bulletins blancs 7):

Bagnasco 145
Scola 50

Elu: cardinale Angelo Bagnasco, archevêque de Gênes et président de la CEI.

Election du second membre

Premier tour (électeurs 199, votes valides 192, bulletins blancs 5, nuls 2):

Scola 87
Pascarella 14
Brambilla 12
Menichelli 11
Galantino 9
Solmi 9
Monari 7
Bassetti 6
Fragnelli 6

Second tour (électeurs 190, votes valides 188, bulletins blancs 1, nuls 1):

Scola 117
Brambilla 16
Pascarella 11
Galantino 8
Menichelli 8
Solmi 6

Elu: cardinale Angelo Scola, archevêque de Milan.

Election du troisième membre

Premier tour (électeurs 162, votes valides 155, bulletins blancs 5, nuls 2):

Brambilla 34
Solmi 20
Pascarella 17
Menichelli 16
Caffarra 11
Fragnelli 10,
Bassetti 8
Galantino 8
Negri 7

Second tour (électeurs 165, votes valides 161, bulletins blancs 2, nuls 2):

Brambilla 59,
Solmi 31
Pascarella 15
Menichelli 11
Caffarra 10
Fragnelli 6
Negri 6
Galantino 5

Ballottage (électeurs 160, votes valides 159, bulletins blancs 1):

Brambilla 97
Solmi 62

Elu: Franco Giulio Brambilla, évêque de Novara e vice-président de la CEI per l’Italie du Nord.

Election du quatrième membre

Premier tour (électeurs 165, votes valides 160, bulletins blancs 5):

Solmi 47
Pascarella 20
Monari 11
Menichelli 10
Caffarra 9
Negri 8
Galantino 6
Fragnelli 5

Second tour (électeurs 164, bulletins valide 160, bulletins blancs 3, nuls 1):

Solmi 85
Pascarella 24
Monari 10
Caffarra 7
Menichelli 6
Negri 5

Elu: Enrico Solmi, évêque de Parma.

Election du premier membre suppléant

Premier tour (électeurs 165. votes valides 152, bulletins blancs 8, nuls 5):

Pascarella 41
Monari 34
Fragnelli 14
Menichelli 13
Caffarra 9
Negri 7
Redaelli 7

Second tour (électeurs 162, votes valides 158, bulletins blancs 4):

Pascarella 71
Monari 58
Fragnelli 8
Caffarra 6
Menichelli 5

Ballottage (électeurs 153, votes valides 150, bulletins blancs 3):

Pascarella 77
Monari 73

Elu: Gennaro Pascarella, évêque de Pozzuoli.

Election du second membre suppléant

Premier tour (électeurs 124, votes valides 122, bulletins blancs 2):

Monari 107
Cutitta 3
Fragnelli 3
Negri 3

Elu: Luciano Monari, évêque de Brescia.

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Novembre 2014, Assemblée générale de la CEI
Election du vice-président pour l’Italie Centrale

Premier tour (électeurs 210, votes valides 207, bulletins blancs 3):

Meini 30
Crociata 23
Forte 22
Semeraro 19
Sorrentino 19
Miglio 15
Spreafico 14
Bregantini 11
Sanna 10

Second tour (électeurs 213, votes valides 209, bulletins blancs 4):

Meini 67
Forte 31
Sorrentino 25
Spreafico 17
Semeraro 16
Miglio 11
Bregantini 10
Crociata 6
[N.B. les votes récoltés par l’évêque Latina Mariano Crociata, surtout au premier tour mais également au second, malgré qu’il ait déclaré qu’il ne voulait pas être élu, furent interprétés comme un signe de solidarité envers lui après son limogeage brutal de son poste de secrétaire général de la CEI par le pape François qui l’avait remplacé par Nunzio Galantino].

Ballottage (électeurs 215, votes valides 206, bulletins nuls 2, bulletins blancs 7):

Meini 140
Forte 66

Elu: Mario Meini, évêque de Fiesole.

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Mai 2012, Assemblée générale de la CEI
Election du vice-président pour l’Italie du Sud

Premier tour (électeurs 191, votes valides 191):

Spinillo 58
Cacucci 33
Castoro 18

Second tour (électeurs 192, votes valides 192):

Spinillo 78
Cacucci 65
Castoro 12

Ballottage (électeurs 191, votes valides 191):

Spinillo 100
Cacucci 91

Elu: Angelo Spinillo, évêque d’Aversa.
[N.B. Cinq ans après son élection, Spinillo est aujourd’hui en décadence et dans les prochains jours, la CEI élira le nouveau vice-président pour l’Italie du Sud].

Un article de Sandro Magister, vaticaniste à L’Espresso.