Du gauchisme à la tradition : le retour à Rome d'un jeune juriste

Ancien mili­tant pro­gres­si­ste deve­nu juri­ste à Rome, essay­i­ste et poè­te, Luigi Trisolino, né le 11 octo­bre 1989, incar­ne un par­cours intel­lec­tuel hors nor­me. Alors que la Belgique et l'Europe du Nord tra­ver­sent une cri­se d'identité et de repè­res, ce con­ver­ti de 35 ans livre en exclu­si­vi­té pour Diakonos​.be un entre­tien sans fil­tre. Bioéthique, com­bat con­tre la sécu­la­ri­sa­tion, cri­ti­que du cen­tre mou et défen­se du droit natu­rel : un regard romain tran­chant, adres­sé direc­te­ment à une jeu­nes­se en quê­te d'enracinement et d'espérance.

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Maître Trisolino, vous navi­guez pro­fes­sion­nel­le­ment entre les arca­nes de la bureau­cra­tie romai­ne et la rigueur du droit public, tout en cul­ti­vant la sen­si­bi­li­té du poè­te et la radi­ca­li­té du con­ver­ti. Ne serait-ce pas la défi­ni­tion par­fai­te d'un équi­li­bri­ste… ou d'un incor­ri­gi­ble roman­ti­que qui cher­che enco­re des lois immua­bles dans un mon­de qui chan­ge d'avis tou­tes les cinq minu­tes ?

— « N’est ce pas avec la même ardeur labo­rieu­se que les four­mis trans­por­tent les grains de sable, dépla­cent des car­cas­ses d'insectes et creu­sent la ter­re ? Et les aigles ne dominent-ils pas les hau­teurs avec la même for­ce ailée, qu’ils con­strui­sent leurs nids au som­met des mon­ta­gnes ou qu'ils y rap­por­tent des pro­ies pour nour­rir leurs peti­ts ? Dès lors, quel­que soit le con­tex­te ou le maté­riau à con­ce­voir, façon­ner ou trans­por­ter — qu'il soit juri­di­que, jour­na­li­sti­que, poé­ti­que, poli­ti­que ou théo­lo­gi­que —, je demeu­re le même hom­me, mû et éclai­ré par la même con­ver­sion au Christ dans la tra­di­tion pétri­nien­ne.

Mon secret pour pré­ser­ver mon inté­gri­té, sans devoir fai­re le grand écart ni tom­ber dans le roman­ti­sme, c'est de rester hors de ma zone de con­fort. En pre­mier lieu inté­rieu­re­ment, par rap­port à moi-même, en veil­lant chré­tien­ne­ment tel un guet­teur pour me tenir prêt, au cas où je devrais affron­ter davan­ta­ge d’inconfort enco­re à l'extérieur, par exem­ple poli­ti­que­ment, au milieu des autres. Ma con­ver­sion a été un long che­min de croix. Mais en lut­tant, à mon échel­le, con­tre les idéo­lo­gies mon­dia­li­stes du gen­re et du woki­sme, je com­men­ce déjà à déran­ger ces pro­gres­si­stes dont mes con­vic­tions catho­li­ques m'ont défi­ni­ti­ve­ment éloi­gné.

Mais j'espère être une sour­ce con­struc­ti­ve d’inconfort, notam­ment par­mi ces con­ser­va­teurs fati­gués qui, dans leurs discours et leurs actions socio­cul­tu­rel­les, se con­fon­dent désor­mais pra­ti­que­ment avec les figu­res de cet­te anti­cham­bre du pro­gres­si­sme qu’est deve­nu le cen­tre mou. Même ma poé­sie déran­ge quand elle abor­de des thè­mes sociaux. C'est qu'elle tran­che avec ces poè­tes alié­nés qui alter­nent entre démis­sion poli­ti­que et postu­res civi­ques de faça­de, sou­mis au discours pro­gres­si­ste domi­nant, au maté­ria­li­sme et à un néo-pacifisme de cir­con­stan­ce.

Journalistes et juri­stes ne sont pas en reste dans ce pro­ces­sus d'auto-destruction intel­lec­tuel­le et de liqui­da­tion des con­scien­ces qui s’ensuit. Pour un con­ver­ti nour­ri de la tra­di­tion catho­li­que, riche de talen­ts qu'il se doit de fruc­ti­fier, l'engagement doit être total : une pré­sen­ce éner­gi­que, déployée par­tout où il est pos­si­ble de ren­dre témoi­gna­ge. Aujourd'hui, seuls les faux pro­phè­tes font con­sen­sus. Ce sont eux qu'il nous faut com­bat­tre, en affir­mant la néces­si­té vita­le, humai­ne et poli­ti­que d’enraciner nos iden­ti­tés, nos lois et nos trai­tés dans le droit natu­rel le plus accom­pli : celui issu de nos raci­nes chré­tien­nes.

Qu'est-ce qui, dans votre par­cours de juri­ste plon­gé au quo­ti­dien dans la ratio­na­li­té des insti­tu­tions publi­ques à Rome, a ouvert la brè­che vers la con­ver­sion au catho­li­ci­sme ? La foi a‑t-elle été pour vous une rup­tu­re ou l'aboutissement logi­que d'une quê­te de véri­té ?

— J’ai pris la réa­li­té à bras le corps pour la regar­der en face, dépouil­lé des fil­tres rela­ti­vi­stes de mon ancien milieu. Et la réa­li­té cet­te, dans ce qu’elle a de plus essen­tiel, a accueil­li celui qui ten­tait de la con­tour­ner. En dépas­sant le juri­di­sme qui étouf­fe si sou­vent l'État de droit, je me suis éga­le­ment affran­chi des fables sur l’être humain que le mar­xi­sme néo-trotskyste et le pro­gres­si­sme libé­ral m’avaient incul­qué. La sim­ple curio­si­té intel­lec­tuel­le du dilet­tan­te sur l’être humain ne me suf­fi­sait plus ; je me suis donc enga­gé dans une quê­te authen­ti­que de la véri­té.

De mon ado­le­scen­ce jusqu'à mes 34 – 35 ans, je n'ai ces­sé en effet d'explorer dif­fé­ren­tes cha­pel­les et systè­mes de pen­sée, tel un Ulysse avi­de de con­naî­tre le moin­dre des îlo­ts le sépa­rant d'Ithaque, sa véri­ta­ble patrie. Devant la réa­li­té des chan­ge­men­ts socié­taux, à l’époque du Christ com­me aujourd’hui, cer­tai­nes valeurs natu­rel­les restent non négo­cia­bles. Je l’ai tou­jours su mais je m’obstinais à vou­loir tout con­ci­lier, aveu­glé par des lec­tu­res dévoyées de la laï­ci­té, de la fra­ter­ni­té et de la diver­si­té cul­tu­rel­le.

Si la con­nais­san­ce reste fon­da­men­ta­le, cha­que hom­me par­vient un jour à ce car­re­four de son exi­sten­ce où s'impose la respon­sa­bi­li­té du ver­be évan­gé­li­que : que votre « oui » soit un « oui », que votre « non » soit un « non ». C'est le pas que j'ai fran­chi en enta­mant un par­cours pasto­ral en com­pa­gnie d'autres jeu­nes hom­mes et jeu­nes fem­mes, à rai­son d'un week-end par mois pen­dant plus de six mois, au cou­vent fran­ci­scain de Saint-Bonaventure au Palatin, un havre de paix niché au cœur de Rome, sim­ple et suspen­du au-dessus d'un jar­din somp­tueux qui domi­ne le Colisée. C’est là que la cer­ti­tu­de m'est appa­rue : la véri­té exi­ste, et tous les com­pro­mis idéo­lo­gi­ques sur la cité ne sont que des arran­ge­men­ts per­son­nels, sociaux ou éta­ti­ques. Aucun d'eux ne tou­che à la véri­té de l'être.

J'ai toi­sé la réa­li­té et j’ai cher­ché la véri­té de maniè­re enfin authen­ti­que. Je ne pou­vais plus assu­mer cet ultra-progressisme pro­vo­ca­teur pour lequel je mili­tais au lycée, quand, à dix-sept ans à pei­ne, avec quel­ques cama­ra­des mili­tan­ts, j'avais fait cir­cu­ler sous le man­teau un tract — allant jusqu’à l’afficher sur une por­te laté­ra­le de ma parois­se nata­le dans les Pouilles — pour fai­re scan­da­le en récla­mant la léga­li­sa­tion des maria­ges col­lec­tifs et des adop­tions par des famil­les poly­ga­mes, alors que ma pro­pre vie pri­vée avait tou­jours été mono­ga­me.

J’ai regar­dé la réa­li­té natu­rel­le en face, et j’ai éga­le­ment aban­don­né le pro­gres­si­sme libé­ral que j’affectionnais pour­tant vers mes 33 – 34 ans. Quand le Christ, depuis le taber­na­cle, a frap­pé à la por­te de ma con­scien­ce poli­ti­que­ment enga­gée pour l’ajuster à ce que mon cœur avait tou­jours nour­ri au plus inti­me, je n'ai pas vou­lu la lui ouvrir à moi­tié, je l’ai ouver­te en grand. Il aurait été hypo­cri­te de ma part d’ouvrir à moi­tié, et je déte­ste l’hypocrisie. Pour moi, dans la per­spec­ti­ve de la tra­di­tion catho­li­que, la foi a été un abou­tis­se­ment empi­ri­que, inti­me et par­ta­gé, fait de ren­con­tres, de visa­ges, de vie et de temps. Mais les réper­cus­sions que la foi catho­li­que a entraî­nées dans ma vie de mili­tant des droi­ts et des liber­tés ont con­som­mé une rup­tu­re poli­ti­que, sui­vie d’une décou­ver­te ration­nel­le, cohé­ren­te et con­sé­cu­ti­ve de la droi­te divi­ne, con­ser­va­tri­ce, fon­dée sur les droi­ts natu­rels, sur la chré­tien­té cul­tu­rel­le et le libre arbi­tre respec­tueux de la vie, de la con­cep­tion jusqu'à la mort natu­rel­le.

Le bon démo­cra­te libé­ral que j’étais — pro-vie dans la seu­le inti­mi­té de son âme — a cédé la pla­ce à un catho­li­que enga­gé. Un hom­me qui reven­di­que publi­que­ment, sans demi-mesure et par les moyens de la démo­cra­tie, le droit à la vie com­me la con­di­tion logi­que et empi­ri­que de la liber­té elle-même.

Le carac­tè­re sacré de la vie sup­plan­te l'autodétermination liber­ti­ne. Il s'agit pour moi d'un véri­ta­ble retour aux sour­ces : retrou­ver la foi intac­te de mon enfan­ce, nour­rie des sept dons du Saint-Esprit et fidè­le sans réser­ve au magi­stè­re de l'Église, notam­ment en matiè­re de bio­é­thi­que.

Tel a été le point de départ de mon Odyssée, ce Luigi Trisolino ado­le­scent qui pour se rebel­ler con­tre le car­can petit-bourgeois de sa pro­vin­ce des Pouilles des années 2004 – 2007 fon­dait des cer­cles de poé­sies et de poli­ti­que révo­lu­tion­nai­res, avant de s’en aller vivre à Rome fin 2008 et d’épouser, dans ce creu­set cosmo­po­li­te, le socia­li­sme huma­ni­ste puis le libé­ra­li­sme pro­gres­si­ste.

Cette recon­ver­sion a jail­li avec l'allégresse d'une sour­ce gon­flant en fleu­ve, don­nant son fruit de renais­san­ce en 2025. Ce fut mon retour à Ithaque, à ma patrie véri­ta­ble, le Christ, dans les pas de Pierre, le pêcheur d'hommes. Un retour au magi­stè­re catho­li­que plei­ne­ment assu­mé, plus luci­de et sur­tout plus mûr que la foi de mon enfan­ce. En phi­lo­so­phie, on pour­rait com­pa­rer la dia­lec­ti­que de ma foi — et des choix bio­é­thi­ques et poli­ti­ques qui en décou­lent — à la dia­lec­ti­que de la droi­te hégé­lien­ne où la thè­se serait mon âge d'or enfan­tin, l’antithèse serait incar­née par mon ado­le­scen­ce et mes années de jeu­nes­se, et dont la syn­thè­se serait ma vie pré­sen­te tran­sfi­gu­rée par la recon­ver­sion, accom­plis­sant de maniè­re plus abou­tie la raci­ne catho­li­que de ma thè­se ori­gi­nel­le.

Souvent, le che­mi­ne­ment intel­lec­tuel vers la foi a besoin d'une incar­na­tion. Quel a été le rôle pré­cis de la litur­gie et des sacre­men­ts dans votre pro­pre con­ver­sion ? Est-ce la beau­té, le silen­ce ou la sacra­li­té du rite qui a ache­vé de con­vain­cre votre rai­son de juri­ste et de bou­le­ver­ser votre cœur de poè­te ?

— Sur le Palatin, j'ai dépouil­lé mon intel­lect de sa cara­pa­ce idéo­lo­gi­que, j'ai con­fié ma vie à l'Esprit Saint dans le silen­ce des ado­ra­tions eucha­ri­sti­ques, et j'ai vu éclo­re des voca­tions à la vie reli­gieu­se fran­ci­scai­ne chez qua­tre jeu­nes hom­mes, dont l'un était mon aîné.

J'ai vu le Logos divin ter­ras­ser le ratio­na­li­sme d'un ami, pro­fes­seur de mathé­ma­ti­ques à La Sapienza, venu sui­vre mes pas à Saint-Bonaventure. Lorsqu'il s'est tour­né vers moi, l'Esprit Saint a scel­lé ce que je pres­sen­tais depuis tou­jours : ma voca­tion est laï­que, irré­duc­ti­ble aux sacri­sties et aux orne­men­ts sacrés. Il a pla­cé entre mes mains des armes mode­stes, mais redou­ta­bles : la poli­ti­que, le droit et, par-dessus tout, la poé­sie. Des armes que j'ai tou­tes offer­tes à Dieu.

C’est ain­si que j’ai sacri­fié sur l’autel de la vie une pos­si­ble car­riè­re d'activiste, pour con­ser­ver et ravi­ver la Bonne Nouvelle du Seigneur à tra­vers une rai­son humai­ne natu­rel­le capa­ble de ne pas se fer­mer her­mé­ti­que­ment par rap­port à la foi.

Sur le plan litur­gi­que, j’aime le silen­ce des célé­bra­tions face à la trans­sub­stan­tia­tion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ. C’est dans cet­te même dispo­si­tion que j'ai éprou­vé Dieu : à qua­tor­ze ans à tra­vers le soleil, lors d'un camp de l'Action catho­li­que en Calabre ; puis à dix-sept ans à tra­vers le vent, au bal­con de ma mai­son nata­le dans les Pouilles.

À pré­sent, je pour­rais en goû­ter la pré­sen­ce dans l’espace infi­ni qui s'ouvre en mon âme, dès que je lais­se mon­ter ce silen­ce habi­té — véri­ta­ble patrie retrou­vée au cœur du mon­de. Fin juil­let 2026 est paru « Carnànima – Madrepoesìa patria e pel­le­gri­na », mon recueil de cin­quan­te poè­mes chri­sti­ques, pèle­rins et patrio­ti­ques. Une œuvre façon­née en 2025 au fil de mes péré­gri­na­tions : de Tivoli à Rome, du désert du Fayoum au Caire, de la Galice à Milan, en pas­sant par la Sicile et les ter­res de mes Pouilles nata­les. Ces poè­mes se font l’écho de ma con­ver­sion. Ce recueil, que j'ai pré­sen­té le 12 et le 13 sep­tem­bre 2026 au Salon du Livre Spirituel de Menton orga­ni­sé au Musée Marabini-Martac, est la clé de voû­te de cet­te renais­san­ce. J'ose espé­rer que ces vers  poé­ti­ques por­te­ront du fruit, en inspi­rant et en tou­chant le cœur de quel­ques lec­teurs sur leur che­min de la foi.

Aujourd'hui, on obser­ve ce para­do­xe sai­sis­sant : de nom­breux jeu­nes, satu­rés d'écrans et de sub­jec­ti­vi­sme, se tour­nent vers la mes­se tra­di­tion­nel­le et les for­mes clas­si­ques de la foi. Vous qui avez épou­sé cet­te Tradition, qu’avez-vous à pro­po­ser à une géné­ra­tion en quê­te de repè­res soli­des ?

— Je n’ai que mon témoi­gna­ge à offrir. Je me livre chair-et-âme [car­nà­ni­ma] tout entier, sans fil­tre, dans les vers qui rela­tent ma con­ver­sion. n août 2025, il y a un an, je me trou­vais à Saint-Jacques-de-Compostelle, où j’avais atter­ri tran­quil­le­ment sans par­cou­rir le Camino. Et c’est fina­le­ment le che­min lui-même qui est venu à moi : entre les pla­ges océa­ni­ques et le maquis médi­ter­ra­néen à per­te de vue, car­net et sty­lo en main, j'ai cro­qué à bel­les den­ts dans cet­te pri­se de con­scien­ce. Nous ne som­mes que de sim­ples pas­sa­gers, ancrés en des poin­ts pré­cis de cet­te Terre pour un bref instant, mais cha­cun d'entre nous comp­te énor­mé­ment aux yeux éter­nel­le­ment amou­reux du Créateur.

Et j'ai à offrir un enga­ge­ment politico-culturel pour défen­dre nos valeurs fon­da­men­ta­les : le respect de la vie, le carac­tè­re sacré de la pro­prié­té pri­vée — fami­lia­le et entre­pre­neu­ria­le — ain­si que la sou­ve­rai­ne­té de nos ter­ri­toi­res face au mon­dia­li­sme finan­cier, maté­ria­li­ste et anti­chré­tien. Avec mon ami et col­la­bo­ra­teur Antonio Margheriti, j'ai récem­ment fon­dé l'association catho-patriote « i RadicaTi – dal dirit­to natu­ra­le alla leg­ge » [Les Enracinés – du droit natu­rel à la loi], ou plus sim­ple­ment « i RadicaTi », que je pré­si­de. Avec l'association, nous menons le com­bat dans dans les jour­naux, à la radio, sur les chaî­nes de web TV, dans des col­lo­ques et des con­fé­ren­ces au Sénat et à la Chambre des dépu­tés à Rome, et bien plus enco­re. Notre site inter­net offi­ciel est déjà dispo­ni­ble à l'adresse ira​di​ca​ti​.it, où les per­son­nes inté­res­sées peu­vent s'inscrire à l'association et appor­ter leur con­tri­bu­tion sous une for­me ou une autre.

« La Belgique a été pro­fon­dé­ment mar­quée par la cri­se des abus sexuels, qui a ébran­lé la con­fian­ce des fidè­les et discré­dité l'institution. En tant que juri­ste et catho­li­que atta­ché à l'exigence mora­le, com­ment analysez-vous cet­te épreu­ve ? L'Église peut-elle retrou­ver sa voix pro­phé­ti­que sans une trans­pa­ren­ce radi­ca­le et un retour intran­si­geant à la sain­te­té du sacer­do­ce ? »

— Ces phé­no­mè­nes bru­taux doi­vent être punis sévè­re­ment et il ne faut pas avoir peur de les dénon­cer, mais il con­vient aus­si de fai­re atten­tion à la véri­té des fai­ts, pour ne pas risquer de créer plus de mon­stres qu'il n’y en a réel­le­ment. Il faut évi­ter tou­te instru­men­ta­li­sa­tion et tout auto­ma­ti­sme inju­ste­ment puni­tif, et je le dis en tant que défen­seur du garan­ti­sme pour tous.

Ce n'est que le jour où l'Église catho­li­que bel­ge et met­tra un point d’honneur à dénon­cer les vrais abus sexuels et de les punir que nous pour­rons nous con­si­dé­rer vrai­ment sati­sfai­ts du tra­vail des sacri­sties et des bureau­cra­ties ecclé­sia­les. Éprouvée par les déri­ves de l'Église, notre foi doit se nour­rir de la seu­le véri­té, sans crain­te d'affronter le clé­ri­ca­li­sme et ses abus. L'Église doit exi­ger de ses mini­stres du cul­te une trans­pa­ren­ce dans leurs sty­les de vie, au risque de ne plus pou­voir être pro­phé­ti­que. Dans un mon­de d'opportunisme et d'apparences, seu­le une com­mu­nau­té exem­plai­re peut pré­ten­dre por­ter une paro­le pro­phé­ti­que.

Sur le plan éthi­que, la Belgique est l'un des pays les plus per­mis­sifs d'Europe, notam­ment en matiè­re d'avortement et d'euthanasie. Pour un jeu­ne catho­li­que, por­ter un témoi­gna­ge de respect de la vie res­sem­ble sou­vent à un com­bat d'arrière-garde, voi­re à un délit d'opinion. Comment un chré­tien doit-il se posi­tion­ner face à ce "con­sen­sus" éta­ti­que sans tom­ber dans le décou­ra­ge­ment ou le com­pro­mis ? »

— Je vais vous répon­dre en don­nant un exem­ple très pra­ti­que. Nous, les RadicaTi, étions pré­sen­ts dès la fon­da­tion de l'association en juin 2026, avec notre logo aux côtés des autres au pre­mier rang de la Marche pour la Vie à Rome, orga­ni­sée par Pro Vita & Famiglia. À cet­te occa­sion, j'ai éga­le­ment fait la con­nais­san­ce per­son­nel­le de Mgr Suetta, cet évê­que de Sanremo vive­ment cri­ti­qué par les pro­gres­si­stes pour avoir choi­si de fai­re son­ner les clo­ches con­tre l'avortement, et j'ai mar­ché à côté de lui. Tout cela est docu­men­té sur mes réseaux sociaux et sur le site inter­net des RadicaTi. Nous som­mes pour la défen­se cul­tu­rel­le et socia­le de la valeur de la vie et nous n'avons pas peur de le dire ouver­te­ment, y com­pris au sein de la droi­te et du cen­tre droit dont nous atten­dons davan­ta­ge de cou­ra­ge et d'affirmation iden­ti­tai­re sur ces suje­ts.

À  l'automne, le Parlement ita­lien sera très cer­tai­ne­ment con­fron­té une nou­vel­le fois au dilem­me de la léga­li­sa­tion du sui­ci­de médi­ca­le­ment assi­sté, qui est l’antichambre de l'euthanasie. Notre asso­cia­tion « i RadicaTi », fait enten­dre son oppo­si­tion abso­lue sur Radio Maria, dans les jour­naux, mais aus­si dans des réu­nions en pré­sen­ce de par­le­men­tai­res ita­liens. En Italie, la situa­tion est deve­nue dif­fi­ci­le sur ce front : après un arrêt de la Cour con­sti­tu­tion­nel­le qui a dépé­na­li­sé en 2019 un ensem­ble d'actes visant l’aide au sui­ci­de dans cer­tai­nes cir­con­stan­ces, pas moins de qua­tre régions ita­lien­nes ont récem­ment pro­mul­gué des lois régio­na­les sur le sui­ci­de médi­ca­le­ment assi­sté. Dans con­tex­te il y a, pour nous les RadicaTi, urgen­ce à fai­re pas­ser une loi natio­na­le pour remet­tre de l'ordre en pro­mul­guant l'interdiction expres­se, sur tout le ter­ri­toi­re de la République, tant du sui­ci­de assi­sté que de l’euthanasie acti­ve.

Nous mène­rons ce com­bat à l’automne. En tant que catho­li­ques et jusna­tu­ra­li­stes léga­li­ti­stes, nous devons fai­re enten­dre notre voix et notre témoi­gna­ge au moins là où il n’y pas enco­re de loi natio­na­le recon­nais­sant l'euthanasie. Celui qui ne lut­te pas ne témoi­gne pas, et celui qui ne témoi­gne pas — ou qui ne témoi­gne qu'à moi­tié par lâche­té — n'est pas fidè­le à la Parole de Dieu ou, s'il n'est pas croyant, n'est pas fidè­le à l'ordre natu­rel et à la rai­son humai­ne.

Pour en reve­nir à la que­stion de l'avortement, étant don­né que de très nom­breux pays ont déjà légi­fé­ré sur la que­stion et qu’une voie légi­sla­ti­ve abo­li­tion­ni­ste n'est pas con­crè­te­ment envi­sa­gea­ble, nous devons inve­stir le ter­rain de la vie intra-utérine en com­bat­tant tous les pro­je­ts qui ten­dent à faci­li­ter ou à aug­men­ter les avor­te­men­ts. Au sein de l'Union euro­péen­ne, par exem­ple, nous devons nous fai­re enten­dre pour que l'argent des citoyens des États mem­bres ne ser­ve pas à finan­cer les pro­je­ts d’avorteurs radi­caux, tels que celui de « My Voice, My Choice » sur le soi-disant « Erasmus de l'avortement », qui vise à faci­li­ter les avor­te­men­ts libres via des dépla­ce­men­ts de fem­mes vers des pays aux légi­sla­tions plus ouver­tes, et donc plus maté­ria­li­stes et déva­lo­ri­san­tes pour la vie elle-même.

J'ai dénon­cé l'absurdité d’un tel pro­jet dans l’un de mes arti­cles inti­tu­lé « Naturalité et loi. Légaliser les droi­ts natu­rels », publié dans le recueil « Miscellanea 2026 » de la Fondation Vexillum du car­di­nal Burke.  Il s’agit d'un ouvra­ge col­lec­tif dans lequel mon essai a l'honneur d’avoir été publié aux côtés d'articles des car­di­naux Burke, Comastri et Farina. Nous devons en effet fai­re pres­sion y com­pris dans le domai­ne lit­té­rai­re, pour ne pas lais­ser cet­te der­niè­re aux mains du mono­po­le laï­card de la bien-pensance. J'invite les jeu­nes catho­li­ques à décou­vrir la valeur du mili­tan­ti­sme et à s'y enga­ger acti­ve­ment en tant que catho­li­ques. Nous, les RadicaTi, nous vous atten­dons.

La Belgique, et par­ti­cu­liè­re­ment Bruxelles, est le car­re­four d'un mul­ti­cul­tu­ra­li­sme inten­se où le catho­li­ci­sme histo­ri­que fait face à une sécu­la­ri­sa­tion agres­si­ve d'un côté, et à une affir­ma­tion reli­gieu­se de l'autre. Quel regard un obser­va­teur romain porte-t-il sur cet­te per­te d'identité chré­tien­ne en Europe du Nord ? Le mul­ti­cul­tu­ra­li­sme sans repè­res spi­ri­tuels com­muns ne risque-t-il pas de mener à un vide civi­li­sa­tion­nel ?

— L’inoubliable Joseph Ratzinger — dont la pen­sée sur l’homme et la chré­tien­té inspi­re l’association "i RadicaTi" que je pré­si­de — déno­nçait en 2004 cet­te étran­ge hai­ne de soi de l’Occident, que l’on ne peut con­si­dé­rer que com­me rele­vant de la patho­lo­gie. Ce grand théo­lo­gien, qui allait peu après deve­nir sou­ve­rain pon­ti­fe, ajou­tait que l’Occident ten­te de s’ouvrir à des valeurs exté­rieu­res mais ne s’aime plus lui-même ; de son histoi­re, il ne voit désor­mais que ce qui est exé­cra­ble, tan­dis qu’il est deve­nu inca­pa­ble de per­ce­voir ce qui y est grand et pur.

Pour repren­dre Ratzinger, nous devons rap­pe­ler à Bruxelles, à la Belgique tou­te entiè­re et à l’ensemble de l’Union euro­péen­ne, ain­si qu'aux nations gou­ver­nées par des pro­gres­si­stes de faça­de, que si l’on igno­re qui l’on est, d’où l’on vient et où l’on sou­hai­te aller à l’échelle d’un con­ti­nent, on est voué à suc­com­ber ou à sur­vi­vre en vain­cus. Un acte poli­ti­que fort s'impose de la part de l’Europe et de l’ensemble des insti­tu­tions supra­na­tio­na­les euro­péen­nes : il faut inscri­re les raci­nes chré­tien­nes dans le Traité sur l’Union euro­péen­ne et dans le Traité sur le fonc­tion­ne­ment de l’Union euro­péen­ne. C'est à cet­te seu­le con­di­tion que nous évi­te­rons de nous livrer nous-mêmes en pâtu­re à la can­cel cul­tu­re, fil­le bar­ba­re du vide et du nihi­li­sme con­tem­po­rains.

Inscrire expli­ci­te­ment les raci­nes chré­tien­nes dans les Traités euro­péens impo­se un vrai cou­ra­ge cul­tu­rel. C'est le seul moyen de rom­pre avec cet­te espè­ce de bio­é­thi­que du nihi­li­sme qui mène l'Europe à sa pro­pre extinc­tion.

Soyons un peu imper­ti­nen­ts : le retour à la foi, le vôtre com­me celui de cer­tains jeu­nes, ne serait-il pas au fond qu'une ten­ta­ti­ve dése­spé­rée de « sau­ver les meu­bles », un réfle­xe iden­ti­tai­re et réac­tion­nai­re face au mul­ti­cul­tu­ra­li­sme et à la peur du grand vide civi­li­sa­tion­nel ? Bref, ne risque-t-on pas de tran­sfor­mer le Christ en sim­ple rem­part socio­lo­gi­que ?

— L’impertinence me plaît lorsqu’elle est fécon­de et por­teu­se d’idées : elle est le ger­me qui rap­pel­le la pei­ne du semis, dans l’attente d'une plus bel­le récol­te. Partons du prin­ci­pe qu’il fau­drait un cata­cly­sme pour me scan­da­li­ser — et enco­re, sans cer­ti­tu­de. Partons aus­si du fait que je n’ai pas peur de ce que j’ai été ni des pro­gres­si­stes j’ai sou­te­nus par le pas­sé, et dont je con­nais les pen­sées, les métho­des et sur­tout les limi­tes.

La foi bri­se la gla­ce de l'indifférence. Elle allie la rigueur de la métho­de à la fer­veur de l'action, por­tée par une exi­gen­ce d'espérance, de tra­vail et d'innovation fidè­le à notre huma­ni­té. La seu­le cho­se que la foi inter­di­se, c'est la capi­tu­la­tion face à la peur. Si notre enga­ge­ment naît d'une vra­ie con­ver­sion chré­tien­ne, remet­tons nos for­ces humai­nes, si limi­tées, entre les mains de l'inspiration divi­ne.

Malgré la peur qui nous tra­ver­se, aucu­ne crain­te ne sau­rait arrê­ter celui qui pui­se sa for­ce à la sour­ce même de la vie : le Christ. Il ne s'agit là ni d’un élan roman­ti­que d'un moment, ni d’un sim­ple pro­duit socio­lo­gi­que, c’est bien plus que cela.

Historiquement, la vie insti­tu­tion­nel­le bel­ge — façon­née par l'esprit de la Révolu­tion fra­nçai­se, l'humanisme sécu­lier et l'influence dura­ble des réseaux de la franc-maçonnerie — a sou­vent cher­ché à relé­guer la foi dans la sphè­re stric­te­ment pri­vée, actant en quel­que sor­te l'échec histo­ri­que du "chri­stia­ni­sme poli­ti­que" et des par­tis con­fes­sion­nels. Face à cela, quel­le doit être la postu­re des chré­tiens aujourd'hui : faut-il enco­re s'engager acti­ve­ment dans la mêlée poli­ti­que au risque de s'y dis­sou­dre, ou pri­vi­lé­gier la con­struc­tion d'îlots de rési­stan­ce cul­tu­rel­le et spi­ri­tuel­le ?

— Il serait vain de ten­ter de met­tre en pla­ce un contre-modèle à la Commune de Paris. Les encla­ves com­mu­nau­tai­res repliées sur elles-mêmes, le retour d'un par­ti chré­tien ou la nostal­gie d'institutions sou­mi­ses au pou­voir clé­ri­cal relè­vent de l'illusion. Ces appro­ches sont impra­ti­ca­bles et pro­fon­dé­ment mal­sai­nes.

En tant que catho­li­ques, nous devons fai­re notre exa­men de con­scien­ce en matiè­re de de cohé­ren­ce, y com­pris sur le plan poli­ti­que. C'est en effet sur ce ter­rain que l'on favo­ri­se la pro­prié­té pri­vée pour sou­te­nir la famil­le ; c'est sur ce ter­rain que l'on pro­tè­ge la vie en s'opposant à l'adoption par les cou­ples de même sexe, à l'euthanasie et au sui­ci­de assi­sté ; c'est aus­si sur ce ter­rain que nous pou­vons agir pour que l'avortement ne devien­ne jamais le sim­ple exu­toi­re liber­tin d'un same­di soir.

C’est au sein du camp con­ser­va­teur que notre enga­ge­ment poli­ti­que prend tout son sens. Rompons avec ce mythe absur­de d’un chri­stia­ni­sme com­mu­ni­ste et mon­dia­li­ste, étran­ger au catho­li­ci­sme. Il est temps d'inviter ces « chré­tiens de gau­che » à reve­nir à la mora­le et à la cha­ri­té, plu­tôt qu'au mora­li­sme et à la bien-pensance.

Le pas­sa­ge évan­gé­li­que « J'étais un étran­ger et vous m'avez accueil­li » ne doit pas être con­fon­due avec la justi­fi­ca­tion de l’ouverture géné­ra­li­sée des fron­tiè­res, au risque d’ébranler la sécu­ri­té et le modè­le social des pays euro­péens. Avec les RadicaTi, nous dia­lo­guons avec les con­ser­va­teurs pour fai­re enten­dre la voix des catho­li­ques — sans postu­re et sans com­pro­mis sur nos prin­ci­pes — au sein même de la majo­ri­té de Giorgia Meloni. Nous nous refu­sons pour autant à dia­bo­li­ser la nou­vel­le for­ma­tion née à la droi­te du gou­ver­ne­ment.

L'époque des par­tis qui affi­chent leur catho­li­ci­sme sur un logo est révo­lue. Elle n'est plus non plus aux modé­rés sans con­vic­tion, prê­ts à tou­tes les con­ces­sions dans un cen­tre mou. À l'ère du tout-numérique et de l'intelligence arti­fi­ciel­le, le flou idéo­lo­gi­que est une impas­se. En tant que RadicaTi, nous som­mes évi­dem­ment ouverts à accueil­lir les con­tri­bu­tions humai­nes et poli­ti­ques de qui­con­que cul­ti­ve avec sacra­li­té le logos, ou tout sim­ple­ment le bon sens.

Vous êtes à la fois juri­ste, essay­i­ste et poè­te. Comment ces trois dimen­sions coha­bitent-elles dans votre vie de chré­tien ? Le droit fixe les limi­tes de la cité ter­re­stre, la poé­sie tou­che à l'ineffable, et la foi don­ne le sens ulti­me : com­ment évitez-vous la schi­zo­ph­ré­nie dans un mon­de pro­fes­sion­nel sou­vent décon­nec­té du trans­cen­dant ?

— Le droit, la poli­ti­que et la poé­sie tis­sent ma pro­pre iden­ti­té et s'incarnent dans cha­cun de mes actes. La poé­sie, en par­ti­cu­lier, est à la fois la sub­stan­ce et la for­me de ma con­ver­sion : elle est le pont entre le ciel et la ter­re, le dedans et le dehors, entre Dieu et moi, entre les autres et moi, entre ce que je suis et mes raci­nes pre­miè­res.

Ce qui main­tient cet équi­li­bre, c'est l'esprit de mis­sion. Dans le domai­ne du droit, il devient esprit de ser­vi­ce ; en poli­ti­que, n'occupant aucun man­dat au sein d'un par­ti, il prend la for­me de la soli­da­ri­té et du com­bat. La poé­sie, quant à elle, ras­sem­ble tout cela et va bien au-delà : elle est ce qui me per­met de dépas­ser ma pro­pre fini­tu­de, un espa­ce de dia­lo­gue con­stant entre l'écoute du divin et l'écoute de l'humain. C'est com­me cela que je la vis.

Quant à la schi­zo­ph­ré­nie, elle s'évite aisé­ment : il suf­fit de ne pas s'improviser poè­te, juri­ste ou mili­tant du jour au len­de­main. Le droit est un art que je cul­ti­ve depuis des années au fil de mes tra­vaux, de mes livres et de nom­breu­ses nui­ts blan­ches. Mon enga­ge­ment poli­ti­que est né à trei­ze ans, dans le feu de mon pre­mier com­bat. La poé­sie, elle, m'habite depuis l'enfance : dès mes dou­ze ans, j'ai su que je sui­vrais cet­te flam­me et cet­te lumiè­re tou­te ma vie.

Pour sup­por­ter plu­sieurs bran­ches sans se tarir, un arbre doit plon­ger ses raci­nes au plus pro­fond.

Pour con­clu­re, alors que l'Europe sem­ble par­fois chan­ter les der­niers actes d'une civi­li­sa­tion cré­pu­scu­lai­re, de nom­breux jeu­nes frap­pent de nouveau aux por­tes de la Tradition et redé­cou­vrent la beau­té de la priè­re. Quelle étin­cel­le d'espérance chré­tien­ne aimeriez-vous dépo­ser dans le cœur d'un jeu­ne Belge d'aujourd'hui pour lui rap­pe­ler que l'avenir appar­tient à ceux qui cro­ient au Ressuscité ?

« Tout l’univers s’évapore / Et s’ouvre, libre dans ma stro­phe / Pélerine. Du moi vers Dieu. » C’est un extrait de mon poè­me « Vapeur tac­ti­le », paru dans le recueil Carnànima.

C’est exac­te­ment ce que je sou­hai­te à ce jeu­ne Belge : che­mi­ner du moi vers Dieu, bri­ser le car­can juri­di­que de l'égo et rejoin­dre la liber­té trans­cen­dan­te.

O.C.

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